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Trois Certificats Alphonse-Deveau émis lors du lancement du 50e anniversaire de la SHABSM

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La coupe du ruban lançant les activités du 50e anniversaire de la Société historique avec les directeurs, de gauche à droite : Francine Comeau, Jocelyne Comeau, Murielle Comeau Péloquin, Jean LeBlanc, Alvina LeBlanc, Stanley Boudreau, Glenda Doucet-Boudreau (qui était secrétaire fondatrice qui a coupé le ruban), Suzanne Deveau et la présidente Elaine Thimot. — PHOTO: Richard Landry
La coupe du ruban lançant les activités du 50e anniversaire de la Société historique avec les directeurs, de gauche à droite : Francine Comeau, Jocelyne Comeau, Murielle Comeau Péloquin, Jean LeBlanc, Alvina LeBlanc, Stanley Boudreau, Glenda Doucet-Boudreau (qui était secrétaire fondatrice qui a coupé le ruban), Suzanne Deveau et la présidente Elaine Thimot.
PHOTO: Richard Landry

POINTE-de-l’ÉGLISE - La Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie (SHABSM) a lancé les fêtes de son 50e anniversaire, le 9 janvier dernier. Trois Certificats Alphonse-Deveau ont été émis à des groupes méritants.

Trois Certificats Alphonse-Deveau émis lors du lancement du 50e anniversaire de la SHABSM
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Type de contenu: Actualité

Le Certificat Alphonse-Deveau a été présenté au Centre acadien de l’Université Sainte-Anne et accepté par le recteur Kenneth Deveau.

PHOTO: Richard Landry

Murielle Comeau Péloquin était hôtesse pour l’occasion à la bibliothèque Louis-R.-Comeau de l’Université Sainte-Anne. La présidente de la SHABSM,  Elaine Thimot, a d’abord expliqué la création et l’historique de la Société en 1976 avec J. Alphonse Deveau, alors directeur du Centre acadien de l’Université. 

Les trois groupes récipiendaires du Certificat Alphonse-Deveau ont été ainsi reconnus pour leur grande collaboration avec la Société historique, même dès les débuts. Le premier Certificat offert par la Société historique avait été émis à Calixte Thibodeau pour son père feu Félix Thibodeau au début des années 2000. 

Le premier Certificat de la soirée a été émis à l’Université Sainte-Anne et son Centre acadien et accepté par le recteur Kenneth Deveau; le deuxième Certificat a été émis au Comité du musée La Vieille Maison et accepté par Daniel Robichaud; et le troisième à l’équipe de la Chapelle de la Pointe-à-Major et accepté par Alvina LeBlanc.

Le Certificat Alphonse-Deveau a été présenté au Comité de la Vieille Maison et accepté par Daniel Robichaud, accompagné de Harold Robicheau et de Clint Bruce, membres du Comité.

PHOTO: Richard Landry

Histoire de la SHABSM

L’histoire de la SHABSM remonte à 1955. «Le grand-grand-grand-père d’Adolphe Robicheau était Frédéric Robicheau de Meteghan, a noté Elaine Thimot. Adolphe avait émigré à Boston, mais revenait à Meteghan chaque été.» 

«À l’occasion du bicentenaire de l’expulsion des Acadiens, en 1955, il a décidé de reconstruire la maison de son aïeul. Il a acheté la maison d’Édouard Thériault de Comeauville et l’a déplacé vers Meteghan sur le terrain de ses ancêtres. Il s’y est installé pendant plusieurs étés. Il a eu l’idée d’en faire un musée. »

Vers 1970, Adolphe a exprimé son intention de léguer sa maison, maintenant le musée, à une société historique, qui n’existait pas en Clare. «Le 8 janvier 1976, Alphonse Deveau et Albert Melanson ont convoqué une rencontre à l’Université. Vingt-cinq personnes se sont montrées intéressées à préserver l’histoire et le patrimoine de la région et à fonder une société historique en Clare», selon Elaine. 

«Alphonse Deveau était directeur du Centre acadien depuis 1973. Il a présidé cette rencontre. Glenda Doucet a servi de secrétaire. On a préparé la première constitution.» C’était le début du partenariat entre la SHABSM et le Centre acadien de l’Université Sainte-Anne.

Le Certificat Alphonse-Deveau a été présenté à l’équipe de la Chapelle à la Pointe-à-Major et accepté par Alvina LeBlanc, accompagné de Doris Thériault et de Paul Gaudet (qui a offert le terrain à la Société historique).

PHOTO: Richard Landry

La présidente a noté aussi que vers 1979, Paul Gaudet a offert le terrain du premier cimetière acadien et de la Petite chapelle à la Pointe-à-Major. Le 15 juillet 1979, lors du Festival acadien de Clare, on a célébré la première messe à la Petite Chapelle avec environ 2000 personnes, estime-t-elle. La Société historique a maintenu ce site depuis.

«Au fil des années, la Société historique a réussi nombreux projets et activités, a-t-elle poursuivi. Le premier bulletin a été publié en 1977, suivi de causeries, de conférences, de récits de voyage, de cours de généalogie. Des lancements de deux livres et des visionnements de films et de diapositives ont eu lieu. On collabore avec le Musée des Pubnico et avons visité d’autres musées.»

«En 2017, on a pris part au projet des Community Albums avec le Conseil des archives de la province. Des plaques commémoratives ont été installées, une au site acadien de Masstown et une autre à l’église Sainte-Anne de Bear River. Les projets ont aussi inclus un monument à Jérôme qui a été installé au cimetière de Meteghan et un autre en mémoire du Père Sigogne à l’Université Sainte-Anne, d’autres affiches à des sites pour expliquer leur signification à l’Acadie et le maintien de la Croix de Grosses-Coques. Il y a aussi eu le projet important de Migration des femmes acadiennes de Clare vers la Nouvelle-Angleterre, qui a duré de 2023 à 2025. »

La foule d’environ 80 personnes a écouté la présentation de la professeure Stéphanie St-Pierre.

PHOTO: Richard Landry

Thème des activités du 50e

Jocelyne Comeau a ensuite présenté le thème, «Reconnaitre les premières familles qui sont venues s’installer ici et devenues les familles fondatrices de la Township of Clare dès 1768». Ce sont les familles qui seront honorées au cours des activités du 50e anniversaire de la SHABSM pendant toute l’année.

«La plupart des Acadiennes et des Acadiens qui sont venus ici avaient échappé aux Déportations. Ils s’étaient sauvés, cachés, fuis dans les forêts, à pieds, en bateau ou hébergés parmi les Mi’kmaq, a expliqué Jocelyne. Ils étaient devenus des militants, les guerriers, les héros. Ils faisaient partie de la résistance, ceux et celles qui se sont battus contre les Britanniques et qui ont réussi à évader la capture.»

Elle a abordé l’histoire du Grand Dérangement. «La majorité est venue ici après avoir vécu des années difficiles dans la région de Beaubassin, selon elle. Ils ont connu tous les camps de réfugiés à Cocagne, Miramichi et Restigouche, au Nouveau-Brunswick. Ils cherchaient des amis et membres de leurs familles séparés et éparpillés un peu partout. Quelques chanceux ont retrouvé des proches dans les camps de réfugiés ou sur la route. Ils ont connu souffrances, maladies, famine et épreuves jusqu’en 1761, quand les Britanniques ont tout conquis à la Bataille de Restigouche, la dernière bataille de la conquête de la Nouvelle-France.» 

Jocelyne a noté qu’ils étaient épuisés et fatigués d’avoir à vivre dans ces conditions. Plusieurs se sont livrés aux Britanniques, qui les ont transportés vers la Nouvelle-Écosse pour les faire prisonniers détenus à l’ile Georges (Halifax) et à Fort Edward (à Windsor). Ils étaient libres de se trouver du travail et d’être payés.

«C’est en 1768 qu’ils ont trouvé le courage et l’audace d’écrire une lettre à Michael Franklyn, nouveau gouverneur de la Nouvelle-Écosse. Une trentaine d’hommes, retenus au Fort Edward, ont décidé de formuler une demande au nouveau gouverneur.»

Les registres de l’église Saint-Jean-Baptiste de Port-Royal étaient en exposition lors de la réception au Centre acadien.

PHOTO: Richard Landry

Dans cette lettre, ils ont demandé quatre choses: un prêtre francophone, des terres, des provisions pour un an et un arpenteur. «Et, juste comme ça, Franklyn leur a accordé ce qu’ils demandaient. Dans un  document signé le 1er juillet 1768, Franklyn a déclaré que des terres sur les côtes de la Baie Sainte-Marie leur seront réservées», a expliqué Jocelyne Comeau.

Donc, le tout a commencé avec l’arrivée de la première famille courageuse en 1768, celle de Joseph Dugas et de Marie Robicheau, dans le nouveau Township of Clare qui a commencé à grandir. Plusieurs autres familles ont suivi et ont demandé des octrois de terres.

«Durant le cours de l’année anniversaire, nous allons offrir des activités et des conférences avec des descendants de ces courageuses familles. Surveillez pour les annonces», a-t-elle conclu.

Les sociétés historiques francophones

Stéphanie St-Pierre, professeure d’histoire à l’Université Sainte-Anne, a présenté un aperçu des sociétés historiques françaises au Canada. «C’est un rôle particulier pour les communautés en situation minoritaire, selon elle. Les sociétés historiques francophones sont différentes de celles des communautés anglophones. Ici, il y a le lien plus étroit avec les collèges classiques, comme l’Université Sainte-Anne.»

D’après elle, la première société historique francophone au Canada date de 1804, soit la Société littéraire du Québec. 

Elle est passée par d’autres sociétés historiques francophones au Canada. «La tâche est de recueillir les informations qui tombent dans les craques. C’est le pont entre l’écrit et la population. »

Elle a noté la différence entre la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie et celles des autres régions. Il y a le lien avec le centre d’archives (Centre acadien), La Vieille Maison, la Pointe-à-Major et les autres sites historiques de la région.

J. Alphonse Deveau

La soirée a poursuivi avec une présentation de J. Alphonse Deveau par Suzanne Deveau, originaire de la Rivière-aux-Saumons, d’où venait Alphonse. Il est né en 1917. Il a obtenu un baccalauréat ès Arts de l’Université Sainte-Anne, une maitrise en Sciences sociales de l’Université Laval au Québec, un baccalauréat en Éducation de l’Université Dalhousie et un diplôme d’Études en civilisation française à l’Université de Paris.

Il a été enseignant et directeur des écoles secondaires de Clare et de Sainte-Anne-du-Ruisseau et directeur du Centre acadien dès 1973, ayant reçu un Doctorat honorifique de l’Université Sainte-Anne en 1981. 

Il a été reçu membre de l’Ordre du Canada en 1995. Il a publié plus de 20 livres sur l’histoire acadienne. 

Il est décédé à l’âge de 86 ans le 8 juillet 2004, le jour de la Commémoration du Grand-Dérangement.

«Alphonse Deveau a contribué à faire connaitre la remarquable contribution du peuple acadien au patrimoine de notre pays. Il s’est dévoué à la documentation et à la préservation de cette période historique. Ses recherches, ses œuvres littéraires et ses talents ont été sollicités par plusieurs sociétés historiques de la Nouvelle-Écosse. Même dans les jours avant sa mort, il continuait avec sa passion pour les recherches sur la généalogie acadienne», estime Suzanne Deveau.

Colton LeBlanc, ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie, a adressé la parole.

PHOTO: Richard Landry

Mots des dignitaires

Quelques invités au lancement ont eu l’occasion de féliciter la Société historique. Colton LeBlanc, ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie, a présenté les vœux du premier ministre, Tim Houston. 

«Aujourd’hui, nous célébrons la culture dynamique et ineffaçable de la communauté acadienne de la Baie Sainte-Marie, a noté Colton LeBlanc. Depuis la création de la Société historique en 1976, plusieurs bénévoles ont accompli un travail formidable pour l’histoire, la généalogie et la culture acadiennes de la région en effectuant des recherches, en créant des liens et en se consacrant à la préservation et à la promotion de cette grande richesse.»à

Le ministre a félicité la Société historique, qui a aidé des familles à se retrouver, percé des mystères qui duraient des siècles et renforcé l’importance de la langue française. «Cette histoire débordante de récits, de défis et de réussites témoigne d’un profond engagement envers le patrimoine et fait la fierté des gens partout en Acadie et au Canada», selon lui. 

Il a noté plusieurs accomplissements de son gouvernement envers le peuple acadien. «Depuis plus de quatre siècles, le peuple acadien a fait de la Nouvelle-Écosse son chez-soi, contribuant chaleureusement à la richesse culturelle. Il faut de la passion, du dévouement et de la persévérance pour que cette histoire demeure bien vivante, alors je tiens à remercier tous ceux et celles qui ont participé à cette cause pendant les cinq dernières décennies. Cet anniversaire est une période importante qui a permis d’honorer l’héritage laissé par nos ancêtres», a-t-il conclu.

Ryan Robichaud, député de Clare, a félicité la Société historique.

PHOTO: Richard Landry

Pour sa part, Ryan Robicheau, député de Clare, a noté qu’il est beau de voir les gens qui font la promotion de la langue et de la culture acadiennes. Il se dit fier des accomplissements de la SHABSM depuis 50 ans. «J’ai hâte d’approfondir mes connaissances sur ma famille et celles de Clare lors des prochaines conférences.»

Denise Comeau Desautels, présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), a aussi félicité la Société historique au nom de la FANE. Elle s’est dite très passionnée par l’histoire acadienne, ayant elle-même publié deux livres sur son village de Bangor. «J’ai hâte de participer aux activités qui s’en viennent.»

Yvon LeBlanc, préfet de la Municipalité de Clare, était présent pour féliciter la Société historique au nom de la Municipalité. «Aujourd’hui, nous célébrons cinquante années d’engagement, de passion et de dévouement envers notre patrimoine acadien. Depuis longtemps, vous avez protégé notre histoire et notre culture acadiennes. Votre travail permet à notre communauté de garder vivant son héritage, et pour ça, on vous remercie sincèrement. Merci pour tout le temps, l’énergie et le dévouement que vous mettez à faire vivre notre histoire.»

Le tout a été conclu par une réception offerte gracieusement par la SHABSM au Centre acadien à l’étage inférieur. 

Deux registres de l’église Saint-Jean-Baptiste de Port-Royal datant de 1702 à 1728 et de 1727 à 1755 étaient exposés au public pour la deuxième fois depuis 2024 lors du Congrès mondial acadien. Le directeur du Centre, Matthias Duc, était sur place pour répondre aux questions.

Le député Ryan Robichaud, la présidente Elaine Thimot, la secrétaire fondatrice Glenda Doucet-Boudreau et le ministre Colton LeBlanc étaient ravis du lancement du 50e anniversaire.

PHOTO: Richard Landry

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