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Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
Depuis deux ans, l’organisme offre deux journées de conférences, d’ateliers et de spectacle, l’une pour les 7e et 8e années et l’autre pour les jeunes de la 9e à la 12e.
L’intégration des 7e et 8e était une décision du bureau national, il y a deux ans, qui a constaté un décrochage du système d’immersion chez les jeunes avant l’entrée au secondaire. Il s’agit alors d’une initiative pour encourager les élèves à rester en immersion.
Le français pour l’avenir voulait aussi que les ateliers de cette année soient interactifs pour engager davantage les participants, précise Samuel Landry, agent de projet pour les forums de la région atlantique.
Le but des ateliers, c’est de démontrer aux jeunes que, peu importe ce qu’ils aiment faire, ils peuvent le faire en français.
«Le but des ateliers, c’est de démontrer aux jeunes que, peu importe ce qu’ils aiment faire, ils peuvent le faire en français. Donc, on voulait pas que ce soit comme dans une salle de classe, que ce soit une présentation de format magistral, dit-il. On voulait vraiment que ce soit interactif.»
Les élèves de la 9e à la 12e année dans l’auditorium avant les ateliers du forum, le 14 novembre dernier. La journée s’est terminée avec une performance de l’artiste néoécossais Driizo.
Occasions de parler
L’une des participantes de la 10e année, Jenney, est en immersion française à Halifax West High. Elle aime le fait que ses classes soient dans les deux langues, lui permettant d’apprendre le français avec des pauses entre ses cours enseignés en français.
Ayant l’anglais comme langue dominante, elle avoue qu’il peut être épuisant de se rappeler des mots en français durant ses cours, donc un mélange de l’anglais et du français à l’école sert d’équilibre dans son quotidien.
Elle pense qu’il est important d’apprendre le français pour pouvoir converser avec les francophones, lors de ses voyages en dehors de la province. «Ici, au Canada, il y a beaucoup de places qui parlent le français. Je suis allé au Québec plusieurs fois, et au Nouveau-Brunswick.»
Dans le cas de Jenney, «le français, c’est juste à l’école». Elle reconnait qu’il y a des possibilités en Nouvelle-Écosse pour le parler, mais elle préfère utiliser l’anglais en dehors du cadre scolaire, trouvant son usage plus facile.
Or, elle est d’avis qu’il est quand même important de pratiquer le français.
Le français et l’anglais ne sont pas les seules langues dans sa vie. Jenney, qui parle mandarin à la maison avec son frère cadet et sa famille, s’intéresse à l’idée d’apprendre d’autres langues.
Poursuivre des études en français est une possibilité pour l’élève, pour «garder la langue fraiche» et pour pouvoir l’utiliser lorsque nécessaire.
L’humoriste Hughie Batherson était le conférencier du forum local à Halifax.
Une source d’inspiration
Un autre objectif du forum était de faire découvrir les opportunités tant professionnelles que personnelles qu’offre le bilinguisme. Par exemple, l’Université Sainte-Anne et l’Université de Moncton avaient des kiosques à l’évènement pour discuter avec les jeunes des possibilités d’éducation en français après le secondaire.
Un travail en amont a été effectué par le comité organisateur local, composé notamment de membres d’organismes communautaires et d’experts en langue moderne, en collaboration avec le Centre régional d’éducation d’Halifax.
Des membres du comité offrent leur soutien aux organisateurs, le jour du forum, en tant que bénévoles, et donnent leurs suggestions et idées, avant et après les forums.
Près de 20 écoles avec un programme d’immersion française ont été ciblées, conviant autour de 500 élèves francophones et francophiles de la région.
L’humoriste Hughie Batherson était le conférencier du forum de cette année. Étant anglophone et francophile, Batherson a partagé son parcours avec les participants en espérant les inspirer, avec humour et bienveillance, à continuer leur apprentissage du français.
«Comme il l’explique dans sa présentation, il était une personne unilingue anglophone qui s’est retrouvée dans une situation où il devait apprendre à parler en français, raconte Samuel Landry. Pis, dans son parcours, il y a eu toutes sortes de situations où-ce qu’il avait mélangé les mots, il avait fait des erreurs, des choses comme ça.»
«Donc, c’était pour démontrer aux jeunes que même s’ils se trompent, même s’ils ne parlent pas parfaitement, c’est très bien d’apprendre la langue, et c’est très utile aussi, ajoute-t-il. Ça lui a ouvert des portes dans sa vie, à lui aussi.»
