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À cette occasion, l’heureuse élue est venue se confier sur ce qui représente pour elle un très grand évènement.
«On n’a jamais eu une drag queen de la Nouvelle-Écosse, donc je suis très fière d’être la première. Cela étant dit, il y a beaucoup de pression, de stress à cause de ça, parce que je veux être une bonne représentante de la province. Mais moi, je sais que la drag en Nouvelle-Écosse, on est vraiment talentueuses, puis j’ai hâte que le reste du Canada va voir ça.»
Pourtant, participer à l’émission ne figurait pas parmi les objectifs de Mya Foxx lorsqu’elle s’est lancée dans cet art.
«J’ai vraiment juste aimé ça, performer, de m’exprimer de façon très créative. Mais après cinq ans, c’est sûr que je voulais prendre la prochaine étape.»
Mya Foxx.
Avant d’en arriver là, elle raconte que c’est d’abord par la danse qu’elle a peu à peu été entrainée dans cet univers.
«J’ai rencontré quelques drag queens ici, à Halifax. Elles m’ont demandé d’être danseuse dans un de leurs numéros, puis j’ai créé une amitié avec elles. Elles étaient toujours en train de m’encourager à commencer à faire de la drag.»
À ses débuts, elle avoue pourtant ne pas avoir été convaincue que ce serait quelque chose qui lui plairait.
Cependant, l’arrivée du COVID, le confinement et le manque d’activités proposées l’ont finalement amenée à envisager les choses autrement.
«Il y avait un spectacle, puis elles m’ont invitée d’être une invitée spéciale. Elles m’ont dit: on va faire ton maquillage, on va te donner des costumes, on va t’aider avec une perruque, tout ça, puis il faut juste aller sur la scène, puis danser. J’ai dit, OK, ben je vais faire ça une fois.»
Et c’est alors qu’en se retrouvant sur les planches, ce qu’elle pensait être un évènement unique s’est finalement transformé en véritable passion.
«J’ai vraiment aimé ça. La réaction de la foule était incroyable. Cela m’a encouragée à continuer.»
Originaire du Cap-Breton, Mya Foxx confie aussi qu’avoir déménagé à Halifax a joué un rôle important dans son parcours. De son expérience, elle dit se sentir davantage en confiance dans cette grande ville pour s’exprimer artistiquement, car il lui semble y avoir plus d’ouverture à la diversité, notamment avec la communauté LGBTQ+.
«Lorsqu’on se retrouve dans les régions rurales, en Nouvelle-Écosse, parfois, c’est pas toujours le cas. Je ne veux pas généraliser trop, et c’est sûr, il y a des bonnes personnes dans ces régions-là, et il y a des personnes qui m’ont encouragée au Cap-Breton aussi. Mais parfois, oui, il y a juste des sentiments plus conservateurs.»
Toutefois, en participant à l’émission, elle désire montrer que, malgré ces difficultés, et peu importe d’où l’on vient, il est toujours possible d’avancer et de trouver son chemin.
«Je voulais être comme un genre de modèle que tu pourrais passer au travers de ça.»
En effet, si de son expérience passée on a pu longtemps lui dicter qui elle devait être ou ce qu’elle devait faire, petit à petit, elle a appris à se détacher du regard d’autrui pour se laisser vivre comme elle l’entend.
«Avoir du courage, être toi-même, puis t’exprimer comme tu veux, tu peux avoir du succès avec ça. Pour moi, lorsque j’ai commencé à vivre ma vie authentiquement, j’ai eu beaucoup plus de joie.»
Elle conçoit toutefois que ce n’est pas quelque chose qui se fait sans effort, particulièrement dans une société qui tend constamment à réprimer nos aspirations et désirs profonds.
«Ça a pris des années juste comme vraiment prendre du temps pour me connaitre plus, puis découvrir qu’est-ce qui me rend heureuse.»
Malgré tout, cela est devenu plus facile pour elle dès lors qu’elle a été entourée des bonnes personnes pour l’accompagner dans cette voie.
«Il faut vraiment juste prendre le temps de te connaitre. Je pense que c’est l’affaire la plus importante. Puis, aussi, comme de trouver une communauté qui va t’encourager à – quoi que ça soit – suivre tes rêves.»
Et peut-être même les réaliser, comme elle le fait aujourd’hui en participant à Canada’s Drag Race.
Très émue et honorée d’avoir été choisie, ainsi, elle tient d’autant plus à porter ce message et à le partager avec le public du petit écran, malgré les risques encourus.
«Je suis très fière d’être une représentante pour la communauté. Mais aussi, je sais qu’il y aura des personnes qui ne vont pas accepter ce que je dis sur la télévision, même si elles sont fans de Drag Race, ou même si elles sont pour la communauté LGBTQ+, ou contre la communauté LGBTQ+. Donc, c’est sûr que c’est un peu stressant.»
Alors que la date du premier épisode approche à grands pas, Mya Foxx invite finalement toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à la retrouver au Stardust Bar d’Halifax, où elle animera les soirées de visionnement en direct.
«Je mets mon focus sur ceux et celles qui m’aiment, qui m’encouragent. Ça sera l’affaire la plus importante pour moi.»
