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Dans ce contexte, Isabelle Girard, directrice des communications pour le Québec et le Canada francophone à la Société canadienne du cancer (SCC), le principal organisme philanthropique dédié au cancer au Canada, partage au Courrier les avancées de ces dernières années.
La SCC estime qu’une femme sur huit va être touchée par un cancer du sein au cours de sa vie. Si les hommes peuvent être impactés, c’est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué et la deuxième cause de décès par cancer chez les femmes au Canada.
Toutefois, comme le souligne Mme Girard, des progrès significatifs ont été réalisés au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, 90 % des femmes survivent à un cancer du sein cinq ans après le diagnostic.
Des femmes habillées en rose pour Octobre rose, mois de sensibilisation au cancer du sein.
«C’est grâce à la recherche qui a permis d’améliorer les traitements et aussi de détecter le cancer du sein à un stade plus précoce, quand la maladie est plus facile à traiter», assure-t-elle.
En effet, plus le cancer est dépisté tôt, meilleures sont les chances de traitement et de survie.
«C’est pour ça qu’on en profite à la Société canadienne du cancer, pendant le mois de sensibilisation au cancer du sein, d’inviter les femmes à participer au programme organisé qui existe dans les provinces de dépistage du cancer du sein. Ça veut dire que toutes les femmes qui sont admissibles au programme peuvent passer une mammographie.»
Si l’organisme recommande un dépistage tous les deux ans à partir de 40 ans, Mme Girard regrette cependant que l’accès au programme ne soit pas uniforme à tout le Canada, certaines provinces n’ayant pas encore abaissé l’âge minimal de dépistage.
Sur ces enjeux, elle considère que la Nouvelle-Écosse se montre exemplaire, car les femmes peuvent passer une mammographie dès 40 ans et jusqu’à 74 ans.
Néanmoins, des progrès restent à faire au sein du territoire.
Mme Girard partage qu’en 2023, seulement 42,5 % des femmes néoécossaises qui étaient admissibles ont été dépistées par le programme provincial, ce qui signifie que plus de la moitié de ces dernières ont décidé de ne pas se faire examiner.
«Parfois, les gens vont pas y participer par accès limité ou ne sont pas au courant de l’importance de participer. Il peut y avoir aussi de la confusion sur la fréquence du dépistage.»
Elle révèle également qu’en 2024, 800 femmes en Nouvelle-Écosse ont reçu un diagnostic de cancer du sein et 180 en sont décédées.
Isabelle Girard, directrice des communications pour le Québec et le Canada francophone à la Société canadienne du cancer.
L’organisme redouble donc d’efforts, notamment au cours d’Octobre rose, pour sensibiliser la population aux enjeux du dépistage et de se rallier ensemble contre cette maladie.
«Il existe des ressources, il existe des programmes. Participez, allez passer votre mammographie de dépistage, encourage Mme Girard, parce que ça peut véritablement vous sauver la vie.»
Effectivement, d’après les statistiques de la SCC, aujourd’hui, le taux de survie au cancer du sein chez les femmes après cinq ans est de 89 %, comparativement à 82 % au début des années 1990.
«Il faut continuer à avancer, maintient Mme Girard, d’où l’importance de financer la recherche.»
Elle met l’accent sur les innovations prometteuses en cours de développement, qui visent à transformer le cancer du sein d’une maladie mortelle en une réalité avec laquelle on peut vivre, une fois derrière soi.
Elle partage notamment les avancées de certains chercheurs qui se sont consacrés à l’amélioration de l’immunothérapie, à la recherche d’un vaccin, ou encore d’une alternative au dépistage pour remplacer la mammographie.
La SCC finance, par exemple, l’équipe dirigée par le chercheur Elijah Van Houten, qui est en train de mettre au point un soutien-gorge intelligent pour rendre le dépistage du cancer du sein plus accessible et confortable.
L’organisme soutient également celle de la chercheuse Lee-Hwa Tai, Ph. D., qui conçoit un vaccin d’immunothérapie contre l’un des cancers du sein les plus difficiles à traiter.
Ces avancées semblent d’autant plus importantes que le cancer du sein touche aujourd’hui de plus en plus de jeunes femmes.
En effet, si dans la majorité des cas la maladie est déclarée après 50 ans, selon les dernières statistiques du SCC, 13 % des cancers du sein surviennent chez les femmes âgées entre 40 et 49 ans.
Toutefois, Mme Girard reste optimiste, car elle observe une meilleure conscientisation du public au cancer en général et au cancer du sein en particulier. Le sujet lui semble moins tabou que ce qu’il ne l’était auparavant.
D’après elle, cette évolution s’explique surtout par le fait que, détecté et soigné rapidement, un cancer du sein peut aujourd’hui se guérir avec succès.
«La réalité va varier vraiment d’une personne à l’autre, puis ça peut très bien se passer un parcours de soins, si on est très bien traité. Puis, au Canada, on a quand même un bon système de santé. Souvent l’enjeu, c’est l’accès, mais une fois qu’on est dans le système puis qu’on est traité, la qualité des soins est là, puis les pronostics peuvent être excellents.»
C’est pourquoi la SCC milite également pour améliorer l’accès des soins de santé et du dépistage pour les populations qui sont mal desservies, comme les communautés rurales ou en difficulté linguistique.
Pour contrer ces inégalités, l’organisme offre de l’information publique en plus de 150 langues, avec un service d’interprète, et encourage l’investissement dans la formation et dans le développement du personnel en oncologie.
Mme Girard en est convaincue: «C’est par l’action collective concertée de la recherche du personnel soignant, des patients, des gens eux-mêmes qu’on va arriver à vaincre le cancer», affirme-t-elle, optimiste et confiante.
