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Ce prix inédit concerne les ouvrages destinés aux moins de trois ans. Il valorisera les livres encourageant l’interaction entre le bébé et son entourage.
Pour marquer ce lancement, le ministère de la Culture français accueillera en novembre la toute première cérémonie annuelle consacrée à la littérature pour bébé, récompensant la créativité des auteurs et des éditeurs de cette catégorie.
«Il n’est jamais trop tôt pour découvrir les livres et je suis fière de créer ce prix qui associe sans hésitation les bébés et les livres! a déclaré Rachida Dati. Ils sont un formidable vecteur de lien, d’émotion, d’éveil et de transmission.»
Un avis soutenu par Nancy MacNairn, autrice installée en Nouvelle-Écosse qui a récemment publié LES HAUTS et LES BAS.
«La littérature pour enfants est incroyablement importante pour nourrir la pensée, l’âme et le cœur de nos petits», affirme-t-elle.
Au Canada, il n’y a pas encore de prix national officiel exclusivement dédié aux livres pour bébés comparable à cette initiative française.
Cela ne veut pas dire qu’il n’existe aucune reconnaissance pour des ouvrages pour bébés, cependant il n’y a pas de prix national ou régional officiel qui leur est uniquement consacré.
Les prix jeunesse, comme le Prix TD de littérature canadienne pour l’enfance et la jeunesse ou les Prix littéraires du Gouverneur général, et plus spécifiquement en Atlantique le Ann Connor Brimer Award ou le Hackmatack Children’s Choice Book Award, couvrent la jeunesse au sens large, mais n’ont pas de catégorie dédiée aux bébés.
«Pourquoi ne pourrait-on pas avoir des prix similaires?», s’interroge Nancy MacNairn, qui aimerait voir ce type de distinction exister à la fois à l’échelle nationale et régionale.
«Les auteurs et les illustrateurs de livres tout carton souvent ne sont pas reconnus à leur juste valeur», déplore quant à elle Mireille Messier, autrice jeunesse.
D’après cette dernière, il n’est pourtant jamais trop tôt pour commencer à lire.
«Donc, avoir un prix littéraire, reconnaitre cette valeur-là à ces livres-là, ça serait, selon moi, très important, affirme-t-elle. Je pense que ça serait bien qu’on suive cette nouvelle mode.»
Un avis soutenu par Mila Maxwell, qui vient de publier son premier roman.
«Ça donne de l’attention à la raison qu’on écrit des livres, exprime-t-elle. C’est pour amener du monde ensemble, c’est pour amener des histoires ensemble, puis des différents sujets qu’on peut apporter, avoir l’attention avec. Donc, je pense que c’est une très bonne idée. C’est une très bonne chose qui se passe pour des auteurs, puis du monde qui lit des livres en même temps.»
«Même, à l’échelle mondiale, qu’il y ait plus de prix pour les livres pour bébés, ça serait très intéressant», approuve Mireille Messier, qui a été récemment honorée par le Prix Trillium du livre jeunesse pour son album Le Bonnet magique. «Les prix littéraires ont cet avantage de faire découvrir les auteurs, les illustrateurs, les artistes.»
«L’attention pour un livre ou la littérature, c’est tout le temps une bonne idée, renchérit Mila Maxwell. Puis, je pense que ça donne de la crédibilité à un livre et à des auteurs.»
D’après cette dernière, il est d’ailleurs de plus en plus difficile pour un auteur ou une autrice de se démarquer sur un marché littéraire saturé, surtout si le livre a été autoédité.
«S’il y avait un prix littéraire, peut-être que ça pourrait créer un intérêt de la part des éditeurs, suggère Mireille Messier, parce qu’ils auraient plus de chances de mettre ces livres-là en vitrine.»
L’autrice explique que la production de livres cartonnés est, en effet, moins fréquente au Canada français en raison de leurs couts de production plus élevés.
Pour autant, elle maintient que le travail des auteurs de ces ouvrages devrait être davantage reconnu.
Nancy MacNairn partage cet avis et espère que la portée de cet enrichissement culturel pour les tout-petits sera bientôt pleinement appréciée.
«Je ne peux pas imaginer ce qui serait plus important que de nourrir les enfants, surtout à travers la littérature.»
