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La vie est remplie de surprises et de magie. Il adore parler en français et l’occasion d’échanger avec les gens de sa communauté dans une deuxième langue était plutôt mince. Voilà que mon arrivée ici comme nouvelle citoyenne a changé la situation.
QUESTION-RÉPONSE
FT: Pourrais-tu te présenter en quelques mots?
MT: Sportif. J’adore la nature. J’ai une passion pour l’histoire et la langue française.
FT: Quelle langue était parlée chez toi lorsque tu étais enfant?
MT: L’anglais était la langue parlée chez moi.
FT: Quels sentiments, quelles émotions ressens-tu lorsque tu t’exprimes en français?
MT: Je suis fier de pouvoir communiquer en français avec mes frères et mes sœurs francophones.
FT: Y avait-il, dans ton entourage, une personne qui partageait ta passion de la culture française?
MT: Au Lieu historique national de Grand-Pré, Monsieur Gordon Leblanc était surintendant. Lorsque j’étais enfant, je passais du temps là-bas. Il nous parlait des Acadiens ainsi que de la Déportation de 1755. J’étais inspiré par cet homme et ce qu’il me disait…
Je ne connaissais aucune autre personne autour de moi qui parlait français à Grand-Pré. Cet homme chaleureux et accueillant m’a laissé une grande impression.
FT: Pourquoi cet intérêt pour la langue et la culture française?
MT: Comme j’adore l’histoire, je voulais mieux comprendre la culture française que j’admirais. En 7e année, j’ai commencé à apprendre le français. À l’université, j’ai poursuivi mon apprentissage. Par la suite, je suis allé vivre à Québec pendant neuf mois. J’étais un étudiant à l’Université Laval dans un programme pour les non-francophones.
FT: Parle-moi de ton intérêt pour la culture acadienne?
MT: J’ai toujours eu un intérêt pour cette culture. Je voyage régulièrement à Clare, dans la Baie Sainte-Marie. J’ai grandi à Grand-Pré, un endroit important pour les Acadiens. Je lis des livres d’histoire, je regarde des documentaires à propos de la vie des Acadiens d’autrefois et d’aujourd’hui.
FT: Comment utilises-tu la langue française dans ta vie de tous les jours?
MT: Pour moi, c’est important. Surtout parce que je partage cette langue avec ma conjointe, qui est francophone. J’écoute aussi de la musique en français, des chansons du Québec et d’ailleurs.
FT: Comment décrirais-tu ta relation avec la langue et la culture françaises?
MT: Je crois que je comprends assez bien le défi des francophones à propos de garder leur langue et leur culture, car ils sont en minorité au Canada. Nous, les anglophones, parfois, avons oublié que nous sommes en majorité; notre culture et notre langue ne seront jamais menacées.
FT: Quelle est ton expression française préférée?
MT: Je m’en fous.
FT: As-tu une chanson francophone que tu voudrais partager avec nous?
MT: J’en ai beaucoup, mais ma chanson préférée est Les blues du businessman de Claude Dubois.
FT: Si tu pouvais inviter trois figures francophones à souper (vivantes ou décédées), qui choisirais-tu et pourquoi?
MT: Je voudrais inviter Robert Charlebois parce qu’il est un bon compositeur et chanteur québécois. Il est aussi très drôle. Le deuxième: René Lévesque parce qu’il a joué un rôle historique important dans la vie des Québécois après la Révolution tranquille. Le troisième serait Phil Comeau. J’adore ses documentaires et j’ai beaucoup appris de lui. J’ai découvert les défis, les luttes et la résilience auxquels les Acadiens ont fait face auparavant et encore aujourd’hui.
FT: Que t’apporte le fait d’être francophone? Et le fait d’être bilingue, qu’est-ce que cela représente pour toi? Comment navigues-tu entre les deux langues?
MT: Je ne suis pas francophone!! Je suis un anglophone qui parle français. J’admire la culture francophone ici en Amérique du Nord. J’aime le Québec, une province que j’adore visiter. Cela me donne beaucoup de fierté et de joie de parler en français.
Je suis content d’être bilingue. Je suis capable de pouvoir communiquer en français tant à l’écrit qu’à l’oral. Je peux aussi passer d’une langue à l’autre avec aisance, même si je suis un anglophone. Je n’ai pas peur de poser des questions, même si j’ai un accent anglais. Non, je n’ai pas peur de faire des erreurs lorsque je parle en français.
Nous avons poursuivi notre conversation bien au-delà de notre interview, car j’ai toujours de nombreuses questions en tête. L’éducation scolaire en langue française ici en Nouvelle-Écosse, l’identité culturelle de même de ce que nous pouvons faire pour faire rayonner la langue française dans la Vallée sont des sujets qui me passionnent.
J’adore échanger avec Michael, car, tout comme moi, il peut regarder le monde avec deux perspectives. Certains diront qu’il s’agit plutôt des deux solitudes, mais, pour moi qui ai vécu au Québec, en Ontario et ici, je peux vous assurer que plusieurs traits nous unissent.
