Type de contenu: Actualité
Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
Ce plan inclut aussi les besoins des personnes qui utilisent des appareils d’aide à la mobilité pour se déplacer dans la municipalité.
L’on souhaite bonifier le réseau pour les 10 à 15 prochaines années, ce qui permettra de créer plus de connectivité entre des villages, dans les parties de la municipalité où les déplacements sans voiture sont plus communs.
Un sondage a circulé au mois d’octobre pour connaitre les habitudes et les priorités des citoyens de Clare.
Selon la Municipalité de Clare, le transport actif, c’est «tout mode de déplacement utilisant la force humaine. Cela inclut la marche et le déplacement sur roulettes (y compris l’utilisation d’un fauteuil roulant, d’un marcheur ou d’une autre aide à la mobilité), le vélo, le patin à roues et le skateboard. Il englobe tous les déplacements actifs, que ce soit pour se rendre au travail, à l’école, faire ses courses ou pour profiter du plein air en famille ou entre amis.»
Elle ajoute que les vélos et trottinettes électriques peuvent aussi cocher la case de transport actif.
Aller vers l’autre
Pour réaliser le Plan de transport actif (PTA) de Clare, la Municipalité de Clare a dû, dans un premier temps, cibler les programmes prioritaires, les projets et les politiques qui pourront rendre le trajet des piétons et cyclistes «plus sécuritaires, faciles et pratiques pour les résidents et les visiteurs de tous âges et de toutes capacités».
Ensuite, elle s’est adressée aux parties prenantes, comme Inclusion Clare et les établissements de soins de longue durée — dont les résidents sortent régulièrement pour faire une marche ou se déplacer en fauteuil roulant —, et aux membres de la communauté, notamment les élèves de la classe de civisme de l’École secondaire de Clare.
Nombre des jeunes consultés font régulièrement du transport actif en bicycle pour se rendre à l’école, donc la Municipalité était curieuse d’avoir leur avis en ce qui concerne la sécurité routière.
Un élément qui est ressorti des discussions avec les élèves, aux dires d’Anique Dugas, agente des communications de la Municipalité de Clare, ce sont les défis pour partager la route avec les motoristes, notamment dans les sections sans trottoir ou passage piéton.
Si on veut mettre l’accent sur le transport actif pis des différentes méthodes de transport, il faudra faire sûr qu’on est en train d’avoir la sécurité de tout le monde en tête.
«Comprendre les défis»
La Municipalité vient de construire un nouveau trottoir à Meteghan. Depuis, des gens ont approché la Municipalité avec des demandes pour ajouter des trottoirs à, par exemple, l’Anse-des-Belliveau et Saulnierville.
De là est venue l’idée de mettre le PTA de Clare à jour. Upland Studio, un cabinet d’urbanisme et d’architecture paysagère qui a travaillé sur de multiples plans de transport actif dans la province, est à l’œuvre pour concevoir celui de la Baie.
Le studio a aussi travaillé sur le Plan directeur des espaces publics touristiques de la Baie Sainte-Marie, et la Municipalité de Clare souhaite en profiter pour, éventuellement, améliorer la connectivité de certains sites touristiques et récréatifs, comme la marche entre la plage Mavilette et le parc municipal de Cap Sainte-Marie, pour promouvoir le tourisme et le transport actif, simultanément.
La spécialiste en communication et en engagement de Upland Studio, Devon Jennings-Lander, explique que l’objectif des consultations récentes était de savoir quelles infrastructures ou installations supplémentaires doivent être mises en place.
«Nous souhaitons comprendre les défis auxquels les gens sont actuellement confrontés, ce qui les empêche de marcher et de faire davantage de vélo», explique la spécialiste, mais également ce qu’ils apprécient dans le transport actif à Clare.
Pour réaliser un PTA, typiquement, les consultants demandent, entre autres, s’il faut plus de pistes cyclables ou de sentiers multiusages.
De plus, ils veulent savoir quelles sont les zones les plus achalandées, où les gens voyagent, quels défis ils rencontrent lorsqu’ils empruntent les routes, quelles mesures incitatives sont idéales pour augmenter le transport actif et comment améliorer leur sentiment de sécurité lors de leurs déplacements.
Adapté à la région
Dans un contexte rural, un urbaniste doit composer avec des ressources limitées et, souvent, couvrir une plus grande superficie possédant une population moins dense.
Il doit créer un plan qui correspond à la réalité locale. «Il s’agit donc d’essayer de déterminer où se trouvent les connexions clés pour les personnes qui bénéficieront à la plus grande partie de la communauté, tout en comprenant que celles-ci sont assez dispersées», précise Devon Jennings-Lander.
Un autre défi est de trouver les routes sur lesquelles l’on peut faire des travaux facilement. Plus de la moitié des routes de la Nouvelle-Écosse en 2018 étaient provinciales, d’après un article du ministère des Finances et du Conseil du Trésor.
Ce qui n’est pas le cas en dehors des provinces maritimes. À l’échelle nationale, 4,7 % de toutes les autoroutes et routes appartenaient à la province.
Dans le cas de Clare, il serait trop difficile de créer un seul réseau d’un bout à l’autre de la municipalité, pour des raisons financières, mais aussi logistiques, puisqu’il faut travailler avec le ministère des Travaux publics, le gestionnaire de bon nombre de routes sur le territoire.
L’on se concentrera alors sur les liaisons les plus importantes et les régions où des infrastructures sont déjà en place.
«On a plusieurs trottoirs dans Clare, d’un bout de Clare à l’autre, mais ils sont point connectés ensemble, précise Réanne Flynn, agente de développement communautaire à la Municipalité de Clare. Ça fait qu’il y a plusieurs endroits qui pourraient avoir une petite section de trottoir pour lier deux différentes sections de trottoir ensemble.»
«Et de là, au fur et à mesure des années, on aurait plus de connectivité dans la municipalité.»
Clare étant une région rurale, avec une population petite et dispersée, elle n’est pas en mesure d’offrir une myriade de services de transport en commun, faute de demande, «mais il y a encore un besoin pour ceux qui n’ont pas de voitures», fait remarquer Anique Dugas, comme les nouveaux arrivants et les étudiants.
Santé et bienêtre
Un PTA vise également à promouvoir les bienfaits du transport actif sur la santé et l’économie. «Il ne s’agit pas seulement de créer des itinéraires, précise Devon Jennings-Lander. Il y a aussi les changements de comportement que nous voulons encourager.»
Comme la promotion de l’achat local. «Si vous disposez d’un bon réseau, et que les personnes qui visitent votre communauté peuvent facilement se déplacer à pied ou à vélo, elles seront plus enclines à visiter vos magasins locaux et à dépenser leur argent ailleurs dans la communauté, alors qu’elles auraient autrement simplement traversé la ville en voiture», soutient Jennings-Lander.
Et de dépenser leur argent ailleurs, comme dans les municipalités avoisinantes de Digby ou Yarmouth, moins régulièrement.
«Si tu peux te déplacer par un moyen de transport actif, tu vas par défaut soutenir l’économie locale, renchérit Anique Dugas. Tu vas [par exemple] te déplacer à la pharmacie qui est près de chez vous, pis tu vas aller dépenser ton argent là. Ça soutient les entreprises locales.»
La Municipalité de Clare souligne cinq avantages du transport actif:
- offrir des bienfaits pour la santé physique et le bienêtre mental des citoyens;
- renforcer le sentiment de communauté en encourageant l’interaction sociale;
- mener à une amélioration de la sécurité à travers une adaptation des infrastructures qui réduit le risque de blessures sur la route, pour tous ces usagers;
- soutenir les objectifs en matière de durabilité et de réduction des émissions de gaz à effet de serre;
- et contribuer à l’épanouissement du tourisme et de l’économie locale en stimulant les vas-et-vient dans les communautés et, de fil en aiguille, dans les commerces locaux.
La prochaine phase du PTA est de rédiger un rapport résumant les informations collectées auprès des membres de la communauté.
Il permettra d’appuyer la réalisation de l’ébauche du plan et d’une première carte du réseau de transport actif, qui fera l’objet de discussions, de rétroactions et de consultations publiques, pour s’assurer d’être sur la bonne voie et de faire des ajustements avant le rapport final.
