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La pêche au homard n’a pas toujours été considérée comme une industrie de grande prospérité

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Usine coopérative de Grand-Étang, 1940. Jeunes filles. De gauche à droite: Virginia Aucoin, Sophie Ann Aucoin, Zabme Doucet, Marguerite Doucet, Sophie Chiasson, Cécile Anne Doucet, Marie-Hélène Doucet, Alma LeBlanc, Anita Aucoin, Félix Poirier (contremaitre), Marie-Thérèse Cormier. Marie-Janette Doucet, Marie-Anne Aucoin, Dyney Doucet, Dyney LeLievre. Coroline Shomp. Nancy Aucoin, Juliette Poirier. Cécile Cormier. Hommes: Philip Deleney, Luc Camus, Gérard Cormier, Alex LeBlanc. Luc Aucoin, Arsène Chiasson, Joseph J. Chiasson, Arthur LeBlanc et Élie Joseph Doucet. — PHOTO: Archives
Usine coopérative de Grand-Étang, 1940. Jeunes filles. De gauche à droite: Virginia Aucoin, Sophie Ann Aucoin, Zabme Doucet, Marguerite Doucet, Sophie Chiasson, Cécile Anne Doucet, Marie-Hélène Doucet, Alma LeBlanc, Anita Aucoin, Félix Poirier (contremaitre), Marie-Thérèse Cormier. Marie-Janette Doucet, Marie-Anne Aucoin, Dyney Doucet, Dyney LeLievre. Coroline Shomp. Nancy Aucoin, Juliette Poirier. Cécile Cormier. Hommes: Philip Deleney, Luc Camus, Gérard Cormier, Alex LeBlanc. Luc Aucoin, Arsène Chiasson, Joseph J. Chiasson, Arthur LeBlanc et Élie Joseph Doucet.
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Les usines de homard dans le comté d’Inverness, répandues de la fin du 19e siècle au milieu du 20e siècle, étaient des moteurs économiques essentiels qui ont transformé une créature marine autrefois rejetée en une marchandise en conserve de valeur.

La pêche au homard n’a pas toujours été considérée comme une industrie de grande prospérité
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Type de contenu: Récit

Ces usines à petite échelle, souvent détenues localement et coopératives, étaient cruciales pour la transformation, fournissaient un travail essentiel aux habitants et créaient une concurrence régionale pour les ressources en homard.

Si nous regardons les villages de Cap LeMoine, Saint-Joseph-du-Moine, Grand-Étang et les environs, cela fait partie du tissu de la communauté et a certainement évolué au fil du temps. Oui, depuis la fondation de ces charmants hameaux acadiens, les gens ont fortement dépendu de l’industrie de la pêche. Au tout début, les pêcheurs construisaient leurs propres bateaux. Ces bateaux naviguaient avec l’aide de voiles ou de rames, jusqu’à l’arrivée du moteur en 1905.

Les femmes jouaient un grand rôle en aidant les pêcheurs dans la préparation de leurs expéditions de pêche. Elles cousaient les voiles, mais, bien que les magasins vendaient de la corde et de la ficelle pour faire les filets, c’étaient encore les femmes qui fabriquaient ces filets.

Dans les années 1930, le bruit des moteurs des bateaux était un son familier dans le port. Ces bateaux ont bientôt adopté le surnom de «pic-à-pac», car le son du moteur pouvait être entendu sur une assez grande distance, surtout par une journée claire.

Vue d’anciens bateaux de pêche autrefois construits et utilisés par nos ancêtres, situés au port de Grand-Étang.

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Au fil des années, les pêcheurs ont pu se permettre des bateaux plus grands. Les plus petits bateaux pêchaient plus près du rivage tandis que les plus grands navires allaient plus loin en mer. 

La saison du homard commençait le 1er avril. Les homards étaient vendus à la compagnie Robin’s, Tom LeBrun, Matthews & Scott et plus tard à diverses usines, telles que l’usine Roode, l’usine Foran à Grand-Étang et l’usine des Delaney à Cap LeMoine.

Après la saison de pêche au homard terminée, il était temps de pêcher la morue, le saumon ou le maquereau. À une époque, les pêcheurs étaient payés 50 cents pour 100 livres de homard, 75 cents pour 100 livres de morue. Plusieurs gardaient la morue pour leurs propres familles, car ils recevaient si peu pour leurs prises. Nos ancêtres n’étaient pas payés en argent; à la place, ils échangeaient le poisson contre des fournitures, de la nourriture ou toute autre marchandise dont ils avaient besoin.

Au mois de mars ou d’avril, chaque pêcheur recevait une prime gouvernementale – un chèque de prime de pêche. Cet argent provenait des intérêts accumulés des fonds qui étaient versés des États-Unis au Canada, ce qui permettait aux navires américains de pêcher dans les eaux canadiennes. Ces intérêts étaient répartis également parmi les pêcheurs qui avaient pêché pendant une période de trois mois ou avaient attrapé au moins 3 000 livres de poisson. 

En plus de cette prime, le propriétaire du bateau recevait de l’argent basé sur le poids du bateau, ce qui équivalait à 1 $ par tonne. Bien que le chèque de prime de pêche dépassait rarement 5 à 6 $, avec l’argent si rare au début du printemps, cela était très apprécié et bien accueilli par les pêcheurs. Ce système a duré jusqu’en 1970.

En 1977, les pêcheurs recevaient de 1 à 1,15 $ par livre de homard et 0,17 $ par livre pour la morue. Actuellement, les pêcheurs ont modernisé leur équipement de pêche et sont considérés comme chanceux, car ils peuvent bien gagner leur vie. Les prix en 2025 étaient 8,00 $ la livre pour le homard et 7,25 $ la livre pour le crabe.

L’ancienne usine de homard de Cap LeMoine était autrefois en pleine effervescence pendant les mois de pêche.

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Aujourd’hui, les pêcheurs qui veulent acheter de l’équipement de pêche, y compris des permis de homard et de crabe, peuvent payer 1,4 million de dollars ou plus pour établir cette entreprise. Les navires modernes sont assez énormes, entièrement équipés pour que l’équipage puisse vivre à bord, certains comme une maison miniature sur l’océan.

Dans le golfe du Saint-Laurent, au milieu des années 1800, de petites conserveries de homard apparaissaient tout le long de la côte. Selon nos ancêtres, la première usine de homard dans la paroisse de Saint-Joseph a été construite par John MacLean et était située dans la région du Ruisseau-du-Lac.

Plus tard, les usines de Roode, Foran et celle de Tom (à Steven) Delaney étaient les sites les plus occupés. L’usine Roode était située du côté sud-ouest du port de Grand-Étang et employait environ 30 femmes de Saint-Joseph-du-Moine, tandis que l’usine Foran, qui se trouvait dans la section nord du port, employait des femmes de la région de Grand-Étang. En juillet 1924, l’usine Roode a été détruite par le feu.

En 1926, ces ouvrières d’usine de homard (principalement des femmes) devaient travailler au moins huit heures par jour ou jusqu’à ce que le poisson soit préparé et emballé. Cela pouvait parfois signifier du petit matin jusque tard dans la nuit, pour 10 cents de l’heure. Imaginez!

Plus tard, Vincent (à Élie) Doucet était le gérant de cette usine de homard, puis ce fut Arsène (à Jean) Chiasson. On dit qu’Arsène était un patron très strict. Quand il était présent, tout le monde était sur ses gardes. 

Joséphine Fiset travaillait à cette usine, au poste de peseuse, pesant les homards qui arrivaient des bateaux. Elle travaillait huit à dix heures par jour et était payée 20 cents de l’heure. Elle et ses collègues devaient souvent faire des heures supplémentaires.

Lorsque les homards étaient apportés, ils étaient pesés puis cuits. Les pattes étaient cassées et le grattier râpait et enlevait toute la chair des homards. Le processus suivant consistait à mettre la chair de homard en conserve et à préparer cette commande pour l’expédition. Les carapaces étaient utilisées dans les fermes comme engrais.

L’usine Delaney était située à Cap LeMoine, à un endroit connu sous le nom de L’Anse des Cormier ou L’Anse des Cadet. Le gérant de cette usine était Simon-Pierre Doucet. Les ouvrières de l’usine de homard étaient des femmes de la région de Cap LeMoine. Elles étaient également payées au faible prix de 10 cents de l’heure. 

Neuf propriétaires qui étaient des pêcheurs locaux possédaient cette entreprise. Parmi eux se trouvaient Joseph Cormier, Alexandre Cormier, Siméon Delaney, John Aucoin, Pépin Aucoin, John LeBlanc et Amédée Aucoin. L’usine Delaney achetait le homard des pêcheurs de L’Anse des Cadet et de L’Anse des Philibert.

De nombreuses années plus tard, les pêcheurs se dirigeaient tous vers une zone plus centrale, pour pêcher à partir du port de Grand-Étang. Les coopératives de pêcheurs de Chéticamp et de Grand-Étang achetaient et transformaient leur poisson. 

Au début des années 1990, la morue était encore transformée à l’usine de poisson de Grand-Étang. Aujourd’hui, cette usine n’existe plus et seuls les quais sont utilisés par les pêcheurs pour décharger et amarrer leurs bateaux. Il y a tant d’histoire attachée à ce qui était autrefois un port de pêche important et très actif.

Type: Récit

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