le Mardi 15 septembre 2026
le Mardi 15 septembre 2026 11:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Harlan Johnson: «L’Acadie, c’est comme ma deuxième famille»

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Le groupe Grouyan Gombo. — PHOTO: Tanis Saucier
Le groupe Grouyan Gombo.
PHOTO: Tanis Saucier

Presque 10 ans après son dernier passage en Acadie, le groupe Grouyan Gombo est revenu en début de mois présenter son nouvel album, Beaubassin, au public des Maritimes. Une tournée dont le chanteur et accordéoniste Harlan Johnson se réjouissait beaucoup, comme il l’a confié au Courrier, quelques jours avant sa lancée.

Harlan Johnson: «L’Acadie, c’est comme ma deuxième famille»
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Type de contenu: Actualités

«L’Acadie, c’est comme ma deuxième famille. Moi, je suis anglophone des Maritimes, mais j’ai toujours eu, je ne sais pas exactement pourquoi, une grande affinité pour les Acadiens.»

Le musicien québécois n’était en effet pas en reste pour faire l’éloge des Acadie et son peuple «doublement chaleureux».

De ses visites passées en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, il se souvenait avec joie des party de cuisine auxquelles il avait participé et d’autres rassemblements conviviaux alliant musique, «bonnes bouffes» et «rire qui vient facilement». 

En Acadie, c’est pas trop compliqué de se sentir chez soi, puis s’asseoir, puis tirer une chaise, puis se joindre au party, puis parler au monde, puis ça se passe bien.

— Harlan Johnson

Cet «Acadie Tour» lui donnait donc l’occasion, en plus de partager sa musique, de retrouver cette ambiance particulière qu’il affectionne sincèrement, manifestant aussi l’envie de découvrir de nouveaux endroits et d’y faire l’expérience locale.

Durant ses confidences au Courrier, il a notamment exprimé une certaine curiosité pour le territoire de Pubnico, où il ne s’était encore jamais arrêté.

«Pubnico, c’est le premier village en Nouvelle-Écosse où les Acadiens sont revenus se réinstaller après la Déportation. Donc, je crois que [les habitants de la région] ont une très longue histoire d’amour avec leur coin de pays, et puis ils sont pas partis très longtemps pendant le [Grand] Dérangement, la Déportation. J’ai hâte de connaître ça.»

Qu’il s’agisse d’Histoire avec un grand H ou d’anecdotes plus insolites, Harlan Johnson a témoigné à plusieurs reprises d’un véritable goût pour les récits, de la même façon que lui-même aime «raconter des histoires» en chanson.

Ainsi, dans les textes de Grouyan Gombo, on retrouve aussi bien des thématiques universelles, comme la vie, la mort, l’amour, que d’autres sujets plus personnels, évoquant des lieux ou des expériences vécues.

Le groupe Grouyan Gombo.

PHOTO: Tanis Saucier

D’ailleurs, dans leur nouvel album, le groupe a consacré cinq titres à l’Acadie, inspirés justement de leur dernier passage dans les Maritimes.

Parmi eux, «Hortonville», qui parle de la Déportation, lui est venu après une rencontre avec des étudiants de l’Université Memorial de Terre-Neuve. Ces derniers, qui menaient des fouilles archéologiques dans la région, ont partagé avec lui leurs découvertes: en creusant dans les profondeurs, il y avait des couches de terre noire, qui n’étaient autres que les traces physiques des biens acadiens brûlés par les soldats britanniques.

«C’est les cendres de la destruction. Ça m’a tellement touché que j’ai mis tout ça dans une chanson.»

En évoquant l’écriture de ses morceaux, le musicien a également exprimé une sincère volonté de transmettre et de toujours veiller à ce que le public en saisisse les paroles. C’est pourquoi, s’il chante en français, durant les concerts, Harlan Johnson s’engage à parler aux spectateurs dans les deux langues, le français et l’anglais.

«Ça peut aider à comprendre un peu le sens derrière la musique. C’est sûr que la musique est entraînante et joyeuse ou langoureuse, mais aussi s’il y a des petites histoires.»

Mais, si le récit reste essentiel dans son processus de création, il a souligné que ce sont pourtant les mélodies qui lui viennent bien souvent en premier. Les textes s’y imbriquant parallèlement ensuite, telles les couleurs d’un tableau ajoutées par le peintre après y avoir déposé les premiers traits.

«Tu rassembles une structure qui, des fois, ça fonctionne ou ça ne fonctionne pas, a-t-il expliqué. Tu fais des changements et, tranquillement, ça prend forme. Des fois, ça prend forme rapidement, des fois, ça prend beaucoup de temps à prendre forme, à avoir une structure qui a du sens.»

Puis, vient le moment de regroupement avec les musiciens qui enrichissent davantage encore le morceau en y apportant nuances et consistances.

«Ils remplissent la mélodie avec les accords, avec un arrangement, la structure, [la question du] qui joue quand? À quel niveau? Est-ce qu’on reste dans une même tonalité? poursuit le chanteur. On change, on module, on va aller plus haut, dans une autre gamme de musique.»

Jusqu’à l’enregistrement en studio, ainsi, les chansons se déplacent et se transforment, les instruments se rejoignent et s’allient, trouvent leur harmonie. Harmonie créative également, de par l’esprit d’équipe qui anime profondément tous les membres du groupe.

Et même une fois sur scène, la musique continue d’évoluer, a insisté Harlan Johnson, voire monte en qualité, encouragée par l’accueil enthousiaste du public et son énergie communicative, qui éveille bien souvent chez l’artiste de nouvelles chansons.

Comme ce fut peut-être le cas après que nous l’avons laissé pour partir sur les routes de l’Acadie Tour. Vraisemblablement heureux et impatient, alors que l’aventure n’avait pas encore commencé, il nous confiait déjà: «On va revenir!»

Grouyan Gombo était en spectacle au centre Oakdene de Bear River, au Club Richelieu de Clare, présenté par Les Productions Le Moulin, ainsi qu’à la distillerie Boatskeg de Pubnico et à la salle de Parrsboro. 

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