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le Jeudi 27 août 2026 11:00 Actualités nationales

«Sans une telle initiative, le corridor 401 continuera à être une route silencieuse de la traite humaine»

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Medleen Menelas, gestionnaire de projet au sein de Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario.  — PHOTO: LinkedIn - Medleen Menelas
Medleen Menelas, gestionnaire de projet au sein de Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario.
PHOTO: LinkedIn - Medleen Menelas

Le 30 juillet dernier, Sean Fraser, ministre de la Justice, a annoncé un versement de plus de 3,35 millions de dollars à neuf organisations non gouvernementales qui luttent contre la traite d’êtres humains partout au Canada. Un investissement important pour soutenir et protéger les victimes et les personnes survivantes.

«Sans une telle initiative, le corridor 401 continuera à être une route silencieuse de la traite humaine»
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Type de contenu: Actualités

Parmi les organismes financés, on retrouve notamment deux organisations francophones, La Sortie, basée à Montréal, et Réseau-Femmes du Sud-Ouest de l’Ontario (RFSOO). 

Cette dernière, qui soutient depuis plus de 30 ans les femmes francophones victimes ou à risque de violence, est en effet le seul organisme francophone qui propose de la prévention contre la traite de personnes dans la région du Sud-Ouest de l’Ontario, majoritairement anglophone.

Pour Medleen Menelas, gestionnaire de projet au sein de RFSOO, cette reconnaissance financière confirme donc l’importance cruciale de leur mission.

grâce à cette subvention, ça va vraiment nous permettre de lancer un programme de sensibilisation, surtout plus précisément à Windsor.

— Medleen Menelas

«C’est un sujet qui nous tenait vraiment à cœur, mais on n’a jamais pu le concrétiser, a-t-elle exprimé. Mais grâce à cette subvention, ça va vraiment nous permettre de lancer un programme de sensibilisation, surtout plus précisément à Windsor.»

Si ce n’est pas la première fois que le réseau collabore avec le ministère de la Justice, il s’agit

d’une première dans le cas d’un projet concernant le trafic d’êtres humains. Un mandat inédit qui leur offrira la possibilité de répondre à différents besoins.

«Premièrement, c’est sensibiliser la population de Windsor sur la traite de personnes», explique Medleen Menelas, mettant en avant l’importance de la prévention, d’autant plus sur un territoire hautement exposé.

Pour ce faire, l’organisme prévoit de mener des ateliers jeunesse sur des sujets précis, comme le consentement, le mode de recrutement ou encore la sécurité en ligne, moyen privilégié pour le recrutement des victimes.

«On va avoir des campagnes de sensibilisation dans les écoles, dans les lieux publics et en ligne parce qu’au niveau réseau, on a vraiment une grande visibilité sur nos plateformes qui va nous aider. On a aussi des matériels que nous allons produire, comme des brochures, et également un guide de ressources. Et on va également faire des formations pour les professionnels du droit.»

Après cette première phase, leur objectif est de proposer un accompagnement sécuritaire direct aux personnes survivantes, qui se fera à travers des cliniques juridiques mobiles, gratuites et confidentielles.

«Dans ce cadre, on va travailler avec des avocats qui vont venir accompagner les femmes.»

Pour Medleen Menelas, ce projet répond donc à un besoin urgent et vital confirmé par des données factuelles marquantes:

«On a réalisé que parmi les cas de traite de personnes signalées, l’Ontario représente 67 %», affirme-t-elle, soulignant qu’il s’agit là d’une zone très sensible, puisque Windsor se trouve dans le corridor 401, qui lie l’Ontario avec les États-Unis, et qui compte trois postes de passage rapprochés. 

«Chaque jour, il y a plus de 40 000 usagers qui transitent dans les frontières», relève-t-elle. Une situation qu’elle estime particulièrement propice à la traite.

«Et souvent, ce n’est pas dans la région qu’on va faire l’exploitation, c’est ailleurs. Et quand il y a des postes frontaliers, c’est plus facile de transiter vers les États. C’est plus facile si ça permet la circulation des victimes.»

En tant que membre d’un organisme qui travaille avec des femmes, Medleen Menelas tient également à faire remarquer que la majorité des victimes de traite sont des femmes, et que, parmi ces dernières, ce sont celles issues des minorités, comme les femmes autochtones, racisées, francophones qui sont les plus exposées.

C’est pour cela aussi que c’était important d’avoir ce projet pour une organisation qui est francophone en milieu minoritaire, parce qu’il y a aussi la barrière de la langue.

— Medleen Menelas

Elle rappelle par ailleurs que les ressources actuelles aidant dans ce cas dans le Sud-Ouest sont majoritairement anglophones. 

D’où la nécessité de démocratiser l’accès à l’information et de vulgariser la traite des personnes pour la communauté francophone. «L’objectif, c’est vraiment d’outiller la population, que la population sache.»

D’autant plus que ce sujet résonne, selon elle, particulièrement avec l’actualité:

«Ces derniers jours, on voit qu’il y a beaucoup de traite de personnes dans les nouvelles, même à Windsor, je pense qu’on a des nouvelles à chaque fois qu’on essaie de démanteler. On a arrêté des personnes qui étaient en train d’abuser des mineurs, qui faisaient de la traite à des mineurs de 16 ans, etc.»

À ses yeux, il y a donc tout intérêt à ce que le ministère de la Justice se saisisse du problème et leur offre cette opportunité d’agir.

«Nous, on connaît notre communauté, on connaît qu’est-ce qui va marcher», affirme-t-elle. 

En effet, d’après Medleen Menelas, cette proximité leur permet d’avoir plus de répercussions en sensibilisant sans blesser, ni brusquer.

En outre, elle estime essentiel de faire en sorte que l’impact demeure même après le financement.

«Selon nous, sans une telle initiative, le corridor 401 continuera à être une route silencieuse de la traite humaine, donc, le projet vise à faire du corridor 401 un espace de vigilance, de protection et de justice au service des femmes les plus vulnérables.»

Type: Actualités

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