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Engagée depuis longtemps sur le sujet, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) se positionne et répond.
«L’implication dans le secteur culturel et artistique de la francophonie canadienne, c’est un peu le fil d’Ariane de ma vie professionnelle», exprime Nancy Juneau.
Aujourd’hui présidente de la FCCF, elle avait déjà été directrice générale de 1998 à 2005, à une époque où l’enjeu principal était l’exemption culturelle, c’est-à-dire la protection des biens et des produits culturels des règles d’échanges commerciaux.
En 2026, la situation a évolué et concerne désormais surtout les technologies numériques et l’utilisation de l’intelligence artificielle.
C’est dans ce contexte que la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a célébré son vingtième anniversaire l’an dernier.
Même si les œuvres sont dématérialisées, cet instrument-là demeure fondamental à la présence francophone sur le web, à la découvrabilité de nos contenus.»
«Même si les œuvres sont dématérialisées, cet instrument-là demeure fondamental à la présence francophone sur le web, à la découvrabilité de nos contenus, affirme Nancy Juneau. Donc, la FCCF reste active dans le dossier.»
Pour la FCCF, il s’agit notamment d’aider ses membres à apprivoiser et utiliser le numérique, de sorte qu’ils puissent davantage se consacrer au développement des arts et de la culture.
«Il y a des retombées très concrètes sur le terrain de cette stratégie-là, s’enthousiasme Nancy Juneau. On a formé déjà, dans les trois dernières années, plus de 100 organismes.»
Grâce à l’accélérateur TADA, la FCCF a aussi réalisé une trentaine de projets structurants entre les organisations culturelles et artistiques de la francophonie canadienne et ceux du Québec et créé des partenariats autour du numérique.
«Ça a vraiment un impact sur le terrain. On a contribué à l’entrainement d’un modèle d’intelligence artificielle éthique en langue française à partir de données représentatives de nos communautés, ce qui est vraiment la base pour la découvrabilité, puis la souveraineté numérique et la valorisation de nos identités.»
D’après la présidente de la FCCF, leurs recommandations sont aussi alignées avec IMPULSION 2030, la première stratégie numérique de la francophonie canadienne qui vise à soutenir et à stimuler le développement numérique du secteur artistique et culturel en francophonie canadienne et acadienne.
Ce positionnement fait suite aux évolutions du monde et des technologies, qui ont notamment eu lieu depuis la pandémie. Cette dernière a en effet montré le besoin urgent d’accompagner les organismes à l’usage du numérique, pour créer des contenus francophones, tout en améliorant leur visibilité.
«[On a beau] avoir des contenus en ligne, encore faut-il que ces contenus-là soient découvrables. Donc, si on ne fait pas ça, on va manquer le bateau. On sera obsolète. On va disparaitre. Donc, vraiment, c’est un enjeu durable de nos communautés.»
Sur la scène internationale, il s’agit par ailleurs de s’engager en faveur de la souveraineté culturelle qui, selon Nancy Juneau, ne peut aujourd’hui exister sans souveraineté numérique.
Or, si l’Organisation des Nations unies a récemment élaboré un pacte numérique avec 17 objectifs de développement durable internationaux, la FCCF regrette que les arts et la culture francophone ne fassent pas partie de ce pacte numérique ni des investissements financiers fédéraux en intelligence artificielle.
«C’est important que ces démarches-là, à l’international, se poursuivent, insiste Nancy Juneau, pour assurer que la culture ait sa place dans ces pactes-là.»
Pour la FCCF, cela implique notamment la mise en place de financements de base pluriannuels et cohérents venant soutenir la transition numérique et assurer la diversité linguistique de l’environnement numérique.
Particulièrement, l’organisme souhaite que les fonds actuellement accordés en intelligence artificielle ne se limitent pas au secteur privé.
«Il faut absolument que les arts et la culture francophones puissent avoir accès à ces financements-là, revendique Nancy Juneau, pour faire le travail qu’on a besoin de faire pour être présents sur le web, outiller nos membres, puis assurer que les algorithmes tiennent compte de nos contenus.»
Finalement, face au développement de la présence numérique et de l’intelligence artificielle, la FCCF se réfère à trois principes clés partagés dans le milieu culturel: l’obligation de consentement pour l’utilisation des contenus, la rémunération des créateurs et des artistes, et l’exigence de transparence quant à l’origine des contenus.
«Il faut soutenir», maintient Nancy Juneau, estimant essentiel d’apprendre aujourd’hui à faire bon usage de ce nouveau paradigme.
