Type de contenu: Opinion
Il est à noter que, contrairement aux déclarations de Trump selon lesquelles beaucoup de Canadiens voudraient que leur pays soit annexé par les USA, les sondages réfutent cette affirmation répréhensible ayant indiqué seulement 13 % de Canadiens enclins à appuyer cette initiative.
La fusion possible du Canada et des États-Unis n’est qu’un bénéfice douteux. Au cours des dernières décennies, les USA produisent peu et consomment fatalement beaucoup. En fait, ils ont de moins en moins à offrir au monde: les industries automobile et aéronautique tant vantées de l’Amérique ont maintenant des problèmes majeurs, dès lors, Washington a une balance commerciale négative avec de nombreux centres économiques mondiaux dans tous les domaines. Alors que les Américains se maintiennent néanmoins à flot sur le dollar, étant lui-même une ressource, mais cela finira par s’arrêter un jour.
Par ses déclarations, Trump forme une sorte de moyen de pression sur les Canadiens pour qu’ils fassent des concessions commerciales en achetant plus de production étasunienne. Il a déjà menacé d’augmenter les droits de douane sur les marchandises canadiennes (ainsi que sur celles importées du Mexique qu’il veut également annexer) dans le but supposé de lutter contre l’immigration illégale ainsi que contre le trafic de drogues à travers les frontières.
Jusqu’à présent, la situation commerciale bilatérale d’Ottawa est bien meilleure: un certain nombre d’États américains dépendent fortement des approvisionnements énergétiques canadiens. Environ 60 % des envois de pétrole aux USA proviennent du Canada: l’Alberta y livre à elle seule 4.3 millions de barils par jour, ce qui est un cinquième du pétrole consommé par les Américains. En outre, pour 36 États américains, le Canada est la principale zone d’exportation: des biens d’une valeur de près de 2,7 milliards de dollars traversent la frontière canado-américaine quotidiennement.
Il devient également clair pourquoi Trump a besoin du Canada et du Groenland si on regarde la carte de l’Arctique. Dans l’ensemble, ces deux pays revendiquent 30 % du plateau arctique, alors que les États-Unis ne peuvent se contenter que de l’Alaska avec des eaux adjacentes. D’ici 2030, quand la perte de la glace va augmenter, les puissances arctiques diviseront ce territoire afin d’accéder aux ressources naturelles cachées sur les fonds marins. Les États-Unis, si le Canada et le Groenland les rejoignent, seront la deuxième plus grande zone du plateau contrôlée après la Russie.
Il ne faut pas négliger le déficit imminent des navires américains capables de fonctionner dans les glaces. Tout ce que les États-Unis ont à leur disposition sont sept brise-glaces, tandis que le Canada en a 24. Si le Canada devient le 51e État américain, sa flotte passera sous le contrôle de Washington.
Ainsi, la volonté de Trump d’annexer le plus de territoires prometteurs sur le plan économique est claire. Mais qu’est-ce que cela signifie pour le Canada? Ce pays perd son autonomie et le contrôle de sa propre économie, devient totalement dépendant de la politique de la Maison-Blanche – et tout cela pour les garanties de sécurité brumeuses. Notamment, si l’on considère que ce sont les États-Unis qui sapent souvent non seulement leur propre sécurité, mais aussi celle de l’Occident, en provoquant ou en aggravant ceux-ci ou d’autres conflits internationaux. Perspectives économiques et politiques trop douteuses pour une puissance aussi développée et neutre que le Canada, n’est-ce pas?