le Vendredi 5 juin 2026
le Vendredi 3 octobre 2025 9:00 Rubrique - Les visages de la Vallée

Les visages de la Vallée – Blanca Baquero

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J’ai rencontré Blanca Baquero, dynamique et pétillante octogénaire par l’entremise de ma copine Margaret. Le temps d’une pause café chez Charts à Wolfville, nous avons fait plus ample connaissance.

Les visages de la Vallée – Blanca Baquero
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Type de contenu: Rubrique

De fil en aiguille, j’ai appris qu’elle est autrice, qu’elle adore la langue française, la nature ainsi que les marchés fermiers. Il n’y pas de hasard dans la vie, que des rendez-vous. Je suis ravie d’avoir fait la connaissance de cette Néoécossaise avec qui je partage de nombreux intérêts. 

Partons ensemble à la découverte du monde fascinant de Blanca Baquero.

QUESTION-RÉPONSE

FT: Pourrais-tu te présenter en quelques mots? 

BB: Je m’appelle Blanca Baquero, j’ai un nom espagnol, mais je suis aussi d’origine francophone. Mes ancêtres maternels viennent de la Beauce, Québec, et du côté de mon père, ceux-ci viennent de Bogota, Colombie.

FT: Quelle langue était parlée chez toi lorsque tu étais enfant? 

BB: Ma mère parlait avec moi en français quand j’étais jeune, mais, comme nous vivions à New York, avec le temps, l’anglais est devenu la langue du quotidien. Lorsque nous venions passer du temps au Québec, nous parlions français. Mon père s’exprimait en espagnol. Vers l’âge de 14 ans, nous sommes retournés vivre au Québec. J’ai toujours vécu dans les deux mondes.

FT: Combien de langues parles-tu? 

BB: Je parle quatre langues: le français, l’anglais, l’espagnol et l’allemand. J’aimerais parler l’italien si je n’avais pas autant de projets qui me tiennent à cœur. 

FT: Depuis combien de temps vis-tu dans la Vallée?

BB: Je vis ici depuis 2001. 

FT: Comment perçois-tu la diversité au sein de la francophonie? 

BB: C’est beau, la diversité. Que l’on parle comme un Acadien ou un Québécois, chaque langue a  sa musique, sa beauté. J’apprécie les différences. Si on veut connaitre un peuple, il faut tout connaitre de la façon dont celui-ci s’exprime: la langue, la sonorité, les expressions locales, les accents et la culture. 

FT: Comment décrirais-tu ta relation avec la langue et la culture françaises?

BB: J’ai une relation très émotionnelle parce que je ne suis pas allé à l’école française. Je suis allée à l’école à New York. J’ai toujours eu une spiritualité profonde. En vieillissant, j’entendais moins la langue française. Cependant, mon désir s’accroissait de plus en plus. J’aimais  beaucoup le français et que je voulais vraiment le parler, mais on dirait que la vie ne voulait pas que j’aie cette chance-là. J’y ai remédié en obtenant un BAC en français à l’âge de 71 ans. 

FT: Quelle est ton expression française préférée?

BB: C’est tiguidou. J’aime la sonorité de cette expression.

FT: Comment peut-on, selon toi, garder vivante et vibrante la culture francophone? As-tu des idées ou des gestes concrets que tu poses toi-même?

BB: Le geste le plus sûr pour maintenir une langue ou une culture vivante est de l’embrasser avec une détermination inébranlable. J’ai eu l’honneur d’être publié dans des anthologies anglaises et dans des ouvrages universitaires, mais c’est à l’âge lumineux de 77 ans que j’ai vu paraitre mon premier recueil de haïkus en français, Aussi loin que le vent, paru aux Éditions David, à Ottawa.

Rien ne s’accomplit sans effort: il faut travailler avec ferveur et persévérer dans la fidélité de nos rêves.

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FT: Comment utilises-tu la langue française dans ta vie de tous les jours?

BB: Dans mon espace privé, je vis en français. Je lis, j’écoute la radio, les nouvelles et de la musique francophone. 

FT: Quels sentiments, quelles émotions ressens-tu lorsque tu t’exprimes en français?

BB: Je suis fière et heureuse lorsque j’ai la chance de parler en français.

FT: Si tu pouvais inviter trois figures francophones à souper, vivantes ou décédées, qui choisirais-tu et pourquoi?

BB: Zola est un écrivain français que j’aimerais rencontrer. Michel Pleau, tisseur québécois de poésie, est quelqu’un dont j’aime les livres. La troisième personne serait Gabrielle Roy. J’ai lu ses livres en français de même qu’en anglais. Je trouve que cela me permet de ressentir la langue, ce n’est pas seulement à propos des mots. Cela me permet d’accéder  à différentes choses et à différents sentiments.

FT: Est-ce que tu éprouves encore des défis lorsque tu t’exprimes en français? 

BB: J’éprouve encore de la difficulté avec le vocabulaire, la grammaire et la prononciation. Je travaille les trois continuellement. Par exemple, lorsque je lis, je ne laisse jamais un mot passé. Je fais des listes de mots que je n’ai pas compris et ensuite que je les cherche dans le dictionnaire. Je lis et j’étudie le livre. Je désire m’exprimer clairement et avec précision. 

Encore une fois, le temps a filé trop rapidement. Je me sens choyée d’avoir pu passer ce moment privilégié avec Blanca. Des projets, elle en a de nombreux et cette jolie dame est fort occupée. 

Si vous la rencontrez sur un sentier ou au café, arrêtez-vous pour la saluer. Elle sera ravie d’échanger quelques mots en français avec vous. Qui sait où votre conversation pourrait vous mener…

Compte Facebook de Blanca Baquero

Le livre de poésie, Aussi loin que le vent, est disponible en ligne chez leslibraires.ca. 

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