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le Vendredi 25 avril 2025 9:00 Rubrique - Générations Acadie

Un nouvel ancrage pour l’avenir de l’Isle Madame

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Centre La Picasse, Petit-de-Grat.  — Photo : gracieuseté du Centre La Picasse
Centre La Picasse, Petit-de-Grat.
Photo : gracieuseté du Centre La Picasse

Dans le sud du Cap-Breton, les Acadiens du comté de Richmond sont concentrés dans l’archipel majoritairement francophone dont l’Isle Madame est l’île principale. Ils peuvent presque tous se déclarer les descendants des Acadiens émigrés au Cap-Breton au début du 18e siècle, notamment à Petit-de-Grat.

Un nouvel ancrage pour l’avenir de l’Isle Madame
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Cet article est un résumé de l’article complet qui figure sur le site internet www.generations-acadie.org

Après la chute de Louisbourg en 1758, certains de leurs ancêtres se sont cachés à l’intérieur des terres pour échapper à la déportation vers la France, puis sont revenus exercer leur métier de pêcheur à Petit-de-Grat. En 1765, la compagnie Robin était la première des compagnies de Jersey à installer son entreprise de pêche et de construction navale à l’entrée du havre d’Arichat. Elle a recruté de nombreux Acadiens qui formaient une main d’œuvre permanente mais dépendante. Ceux-ci ont alors connu une situation d’endettement et de pauvreté comparable à celle vécue par leurs cousins de Chéticamp, sur la côte nord-ouest du Cap-Breton. 

Usine de traitement du poisson de la compagnie Robin, construite en 1765 et fermée en 1911, à Arichat, en haut à gauche de l’image. 

Photo : Isle Madame Historical Society, Nova Scotia Archives

Mais comparaison n’est pas raison. L’Isle Madame était avantagée par sa position sur les routes de navigation internationales et n’a pas connu l’économie et le peuplement de Chéticamp. Dans les années 1820, l’économie prospère du port d’Arichat a attiré une forte immigration anglophone. Dans les années 1870, le même port d’Arichat a connu un effondrement de son économie portuaire, notamment en raison du tout nouveau canal Saint-Pierre qui détournait les navires de commerce vers le lac Bras d’Or. Les compagnies de Jersey ont alors perdu leur domination. Ce n’est donc pas pour échapper à leur emprise, comme à Chéticamp, que les Acadiens ont participé, dans les années 1930, à l’essor du mouvement coopératif. Ils voulaient simplement maîtriser leur avenir économique et social, d’autant que leur culture acadienne et francophone était gravement fragilisée…

Comme l’a analysé l’historienne Sally Ross, l’afflux d’immigrants anglophones a profondément bouleversé la composition ethnique et religieuse d’Arichat. En 1911, Arichat comportait une majorité catholique composée surtout d’Acadiens, mais également d’Ecossais et d’Irlandais, anglophones. Il y avait aussi une minorité anglicane, dans laquelle les marchands de Jersey bilingues et leurs familles étaient bien éduqués et influents. Quant à la majorité acadienne, en l’absence d’instruction suffisante et de maîtrise du bilinguisme, elle a toujours été sous-représentée. Soumise très tôt aux mariages exogames et à l’assimilation, elle est devenue une minorité linguistique, contrairement aux Acadiens de Petit-de-Grat, restés majoritairement francophones et catholiques.

A partir de 1992, la crise grave de l’industrie des pêches a incité la communauté acadienne de l’Isle Madame à réfléchir à son avenir économique et culturel. Elle a choisi de créer un nouveau point d’ancrage francophone, La Picasse (vieux mot acadien signifiant « ancre »), afin de se construire un avenir sur une base solide. Avec La Picasse, elle entend ainsi pérenniser sa culture acadienne, promouvoir la langue française et développer son économie par l’éducation. C’est ainsi que le centre communautaire culturel La Picasse a ouvert ses portes en 1997, à Petit-de-Grat. Aujourd’hui, ses installations lui permettent d’organiser de nombreuses activités communautaires, artistiques et culturelles, tout en offrant divers services à la communauté par ses partenariats avec des organismes francophones de la province. Avec une communauté acadienne et francophone aussi bien ancrée, La Picasse n’a jamais autant mérité son nom. 

Deuxième église de la paroisse anglicane St. John fondée en 1828 à Arichat, ici en 1953, aujourd’hui désacralisée et transformée en centre artistique. 

Photo : E.G.L. Wetmore, Nova Scotia Archives

Sources de l’article complet

Ross, Sally, et J. Alphonse Deveau ; Les Acadiens de la Nouvelle-Ecosse, hier et aujourd’hui ; Les Editions d’Acadie, Moncton, 1995.

Ross, Sally ; Majorité ou minorité : le cas de l’Isle Madame ; Société Historique Acadienne, volume 23, n° 3 et 4, 1992, p.143-157.

LeBlanc, Gabriel ; Mon Isle Madame, une histoire acadienne ; Les Editions de la Francophonie, Lévis (QC), 2016.

Conseil de développement économique de la Nouvelle-Ecosse ; Profil communautaire, Isle Madame, 2023.

Statistiques Canada 2021 : l’archipel dont l’Isle Madame est l’île principale correspond à la subdivision C de la municipalité du comté de Richmond, peuplée de 3136 habitants, où 55,7% d’entre eux sont capables de soutenir une conversation dans les deux langues officielles.

Générations Acadie est un projet soutenu par l’Association nationale France-Canada. Visitez le site internet de l’Association nationale France-Canada ici.

Type: Rubrique

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