Le teeshirt «Ça va tymer desoir» de Be Royalté.
Ce sont les élèves du programme de design de son école qui ont donné à Alexandre l’idée de démarrer un petit projet parallèle dans le domaine de l’habillement. «Je regardais ce que les élèves faisaient, raconte-t-il, et je me suis dit, ″J’ai toute cette technologie à la maison. Et j’aime beaucoup le linge. Alors pourquoi pas faire mon propre linge pour le vendredi, pour l’école?″»
«Ça fait que ça l’a commencé avec ça, poursuit-il. J’étais inspiré par ce que je voyais parmi les élèves. Et ça m’a vraiment donné le gout de faire un essai dans le domaine de la mode».
Au début, il ne faisait que des vêtements pour lui-même. Mais les gens remarquaient ce qu’il portait et ont commencé à lui demander s’il pouvait leur faire des teeshirts, des chandails, etc. C’est à partir de là que l’entreprise a commencé à se développer. D’après Alexandre, Be Royalté a attiré «beaucoup de clients, très vite».
Alexandre crée ses propres designs, qu’il applique sur des vêtements, soit avec du vinyle ou une imprimante à haute définition.
Il accepte aussi des commandes personnalisées. «On se limite pas», dit-il, en parlant des possibilités de designs. «Notre objectif c’est que le monde se sente bien dans leur peau», énonce-t-il.
Il ajoute qu’il s’assure d’offrir ses créations à un prix abordable, pour qu’elles soient accessibles à tous et à toutes.
Le teeshirt «Warroins» de Be Royalté.
Pour Alexandre, l’important, c’est de trouver des idées, de transformer ces idées en réalité et de toucher le monde, de les faire sourire et de leur permettre de raconter une histoire par leur chandail.
Selon Alexandre, les vêtements sont un type d’expression personnelle. C’est pour ces raisons, entre autres, qu’Alexandre, qui est diplômé de l’Université Sainte-Anne, a élargi sa ligne de vêtements pour inclure des chemises avec des expressions de la Baie Sainte-Marie.
«Étant bilingue, j’avais de la difficulté à m’identifier comme qui j’étais. Les Québécois me disent que je suis anglophone. Les Acadiens me traitent de Québécois», explique Alexandre, qui est né à Kingston, en Ontario, mais qui habite en Nouvelle-Écosse depuis l’âge de 4 ans. «J’ai vraiment pas une identité en tant que telle. Mais quand je suis arrivé à Sainte-Anne, je me sentais comme si j’appartenais à une communauté.»
«C’était une façon de remercier la Baie, pour la belle expérience que j’ai vécue», poursuit-il, en parlant de ses nouveaux designs.
«Mais pas juste ça, précise-t-il. C’était aussi comment est-ce qu’on peut promouvoir le français acadien dans notre province? Comment ce qu’on peut être fiers de nous? Et de nous exprimer? Pourquoi pas avec nos expressions?», demande-t-il.
Le teeshirt «Ma hallô» de Be Royalté.
Alexandre souligne qu’il est important de promouvoir les expressions, voire la culture acadienne, pour ne pas qu’elles disparaissent. D’après lui, c’est en célébrant, honorant, et rendant à la mode la culture qu’on va arriver à la préserver.
C’est d’ailleurs pourquoi il a choisi de lancer ce projet avec des teeshirts bleus et jaunes. «Je veux pas que ce soit oublié, dit-il. Je veux que mes enfants portent ces chandails-là dans leur école au CSAP ici, à Dartmouth, pour que la culture soit partagée avec tout le monde», lance-t-il.
Pour Alexandre, un autre aspect important de son entreprise est ce qu’il a pu enseigner à ces enfants à travers ce projet. «Il y a beaucoup de leçons de vie qui sont en train de se faire vivre à travers de notre petite entreprise», constate-t-il.
«Et aussi, je pense que j’ai semé la graine à mes enfants de tu peux être un entrepreneur. Tu peux lancer ta propre bizness.» Et ça aussi, selon Alexandre, c’est très important.
