le Vendredi 5 juin 2026
le Lundi 10 mars 2025 9:00 Critique de film

Résonance Acadie, un film de Phil Comeau, qui fait rayonner l’art de la jeunesse acadienne

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Eric Amedekanya (Sergio Erico), artiste multidisciplinaire de Grand-Sault, et la multiinstrumentaliste Tania Saulnier ont accompagné d’autres artistes après sa performance lors de la résidence artistique du CMA 2024, au cœur du nouveau documentaire du cinéaste Phil Comeau, Résonance Acadie.  — PHOTO : Jean-Philippe Giroux
Eric Amedekanya (Sergio Erico), artiste multidisciplinaire de Grand-Sault, et la multiinstrumentaliste Tania Saulnier ont accompagné d’autres artistes après sa performance lors de la résidence artistique du CMA 2024, au cœur du nouveau documentaire du cinéaste Phil Comeau, Résonance Acadie.
PHOTO : Jean-Philippe Giroux

Dans son dernier film, le documentaire Résonance Acadie, dont la première mondiale aura lieu le 13 mars, à l’Université Sainte-Anne de la Baie de Sainte-Marie, le célèbre cinéaste, Phil Comeau, rend une nouvelle fois hommage à sa culture acadienne, à travers l’art de la jeune génération.

Résonance Acadie, un film de Phil Comeau, qui fait rayonner l’art de la jeunesse acadienne
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C’est l’arrivée du Congrès mondial acadien de l’année dernière, à la Baie de Sainte-Marie, qui lui a donné l’idée de porter ce nouveau projet de documentaire indépendant, produit par Ciné-Baie. 

«C’est ma 115e réalisation. Mes premiers films, je les ai tournés en Nouvelle-Écosse, j’avais envie de revenir [là-bas]. Je suis originaire de la Baie de Sainte-Marie et, comme il y avait le Congrès mondial acadien cet été, c’était évident que j’avais envie d’y faire un film […], c’était chez nous. Je cherchais un sujet et je trouvais que suivre une résidence d’artistes acadiens de différentes régions des maritimes et de la diaspora était vraiment intéressant comme concept.»

Le documentaire relate, en effet, le parcours de 10 jeunes artistes, issus de diverses communautés acadiennes, aussi bien la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, la France et la Louisiane que le Québec, qui vont partager une expérience de création exceptionnelle.

Les toiles, peintes aux couleurs du drapeau acadien, par Marika Forbes, étudiante au baccalauréat en arts visuels à l’Université de Moncton. 

PHOTO : Jean-Philippe Giroux

Ils ont été choisis pour relever le défi de réaliser, pendant huit jours, le temps de la durée du congrès, une œuvre artistique inspirée de leur culture acadienne, mais aussi de ce qu’ils vivront, tous ensemble, au cours de cette résidence. 

Chacun s’illustrant dans un domaine particulier, que ce soit en danse, en théâtre, en musique, en cinéma ou avec les arts visuels, ils ont ainsi eu l’opportunité de «raconter une histoire de différentes manières», comme le souligne François Gaudet dans le film, artiste et guide de Parcs Canada, avec qui ils se sont entretenus durant la résidence. «Je pense qu’y a pas plus acadien que raconter des histoires», renchérit Joe Nado, jeune cinéaste originaire du Nouveau-Brunswick. 

Nous les suivons donc durant toute une semaine, accompagnés d’Anne-Marie White, la coordonnatrice de la résidence artistique. Ils construisent leur œuvre, expérimentent et sortent de leur zone de confort. Mais ils apprennent aussi sur l’histoire de l’Acadie, sur cette culture qui est la leur, à travers les différentes activités et rencontres qu’on leur propose.

Plusieurs intervenants, des artistes comme le musicien et poète Zachary Richard, le slameur Denzel Subban, ou encore la peintre Denise Comeau, sont, en effet, venus les épauler et les aiguiller pour les aider à développer leur projet et mieux comprendre leurs origines et les racines qui les constituent.

«Sans connaitre le passé, tu ne peux pas continuer dans le futur», témoigne Zachary Fusilier, jeune violoniste louisianais

Pour le réalisateur, «c’était vraiment très enthousiasmant de vivre ça avec des jeunes parce que, même au début, ils étaient pas certains de quoi leurs œuvres allaient avoir l’air. Ils sont arrivés avec des idées vagues de ce qu’ils allaient faire, mais y [en] a beaucoup qui ont changé en cours de route. C’était intéressant de les voir cheminer.»

M. Comeau avait particulièrement à cœur, avec ce nouveau film, de mettre en avant la jeunesse et sa relation avec son héritage acadien, de donner envie aux futures générations de découvrir et d’apprécier l’art acadien. «On est constamment bombardé par l’art américain, par la musique, par le cinéma, tout ce que les Américains nous envoient, donc c’est important de voir quelle forme d’art, nous, on peut produire, ce que les jeunes peuvent produire en Acadie. […] La culture acadienne est belle, on a beaucoup de talents chez les artistes acadiens et il faut les encourager, appuyer les arts.»

En cela, Résonance Acadie illustre bien la richesse de cette identité culturelle, si chère aux communautés acadiennes, mais aussi l’importance du lien, de porter et transmettre des récits, sous quelques formes qu’ils soient. 

Une inclination qui n’a pas quitté le cinéaste, même après 115 réalisations: «J’ai encore plusieurs projets en tête et je vais continuer à en faire. […] Je me sens vivant quand je suis en tournage. Raconter des histoires, c’est une passion pour moi, j’aime ça.»

Type: Critique

Critique: Une évaluation ou une critique indépendante d’un service, d’un produit ou d’une création artistique.

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