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Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
Des dizaines d’ateliers et de conférences ont été proposés aux participants lors du congrès afin de nourrir les discussions concernant le futur de l’éducation en langue française.
Le thème de cette année, «Oser en confiance», est né d’une réflexion autour de la francophonie plurielle qui façonne les milieux scolaires d’un océan à l’autre, notamment avec l’accueil de parents, d’enseignants et d’élèves d’autres pays francophones.
L’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) veut encourager les conseils scolaires à créer des espaces où l’on se sent à l’aise de prendre la parole, dans sa langue et son accent, et d’amener quelque chose de nouveau à son milieu.
L’on souhaite que chaque individu se sente «à l’aise avec qui il est», dans sa construction identitaire.
Trouver les points communs
Le congrès pancanadien est l’occasion pour outiller les professionnels en éducation et pour échanger idées et réussites avec des éducateurs qui vivent des réalités similaires, du Yukon à Terre-Neuve.
«C’est important parce que, chez nous, je fais des belles choses, mais l’autre [éducateur] a peut-être des idées différentes», illustre Marcel Larocque, président de l’ACELF.
Christine Doucet, coordonnatrice du développement scolaire communautaire au CSAP, est la seule en Nouvelle-Écosse occupant un poste comme le sien, mais elle n’est pas la seule à l’échelle nationale.
Le congrès est donc le moment idéal pour elle d’échanger avec les coordinateurs afin de se familiariser avec les initiatives de développement communautaire et de construction identitaire.
«J’écoute, pis, des fois, ça valide ce qu’on fait […] d’autres fois, ça me donne des bonnes idées. Pis, moi, je peux partager quoi-ce qu’on fait, raconte-t-elle. Moi, ça m’inspire, ça me nourrit de voir quoi-ce qui se passe ailleurs.»
«Pis, dans le fond, je trouve qu’on voit qu’on est beaucoup plus semblable qu’on le pense.»
Doucet a dit qu’elle voulait continuer à discuter avec ses homologues, après le rassemblement d’Halifax. L’une des retombées positives du congrès, d’après elle.
Au kiosque de Juliet Foo, agente de projets, et Catherine Carle, gestionnaire des Rendez-vous de la Francophonie.
Oser et faire confiance
Le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) a reçu le prix Passeur culturel 2026, une reconnaissance de l’ACELF.
Christine Doucet est d’avis qu’un bon passeur culturel est une personne passionnée de la culture, ayant un «désir sincère de la faire vivre et de la transmettre à la prochaine génération».
Il importe de mieux connaître les jeunes, de bâtir de bonnes relations avec eux et de les inspirer en créant des expériences positives, comme le spectacle Les Étoiles, qui permet de montrer au public ce qui les passionne et ce qui est près de leur cœur.
«Il faut donner la place aux jeunes, pis les laisser créer eux-mêmes c’est quoi leur francophonie.»
La transmission culturelle ne se limite pas aux enseignants, rappelle le directeur général Michel Collette. Ce dernier fait mention de l’influence, par exemple, du chauffeur d’autobus, des aides-enseignants et des parents dans le quotidien d’un élève.
Le message qu’il souhaite livrer, c’est qu’«on est tous dans le même bateau, pis on va tous à la même place. On a peut-être des lentilles différentes, mais travaillons ensemble pour naviguer ensemble vers une destination.»
L’ACELF a créé le prix du passeur culturel pour reconnaître les gens de terrain qui font une différence dans leur communauté scolaire et pour «dire aux gens que ce que vous faites ne passe pas inaperçu», commente Marcel Larocque.
Kevin Lemieux, responsable du recrutement et de la rétention des apprenants au Conseil scolaire acadien provincial, durant la séance des pratiques réussies afin de présenter le projet de sécurité linguistique du Comité consultatif jeunesse du conseil scolaire.
Activités et rencontres
Pendant la journée, il y avait des kiosques à visiter dans l’espace partenaire, où divers organismes avaient des ressources pratico-pratiques à offrir aux participants.
Ève Tessier-Bouchard, directrice du site de journalisme jeunesse Les as de l’info, a apprécié les conversations qu’elle a eues avec les enseignants, lui permettant de mieux connaître les réalités et les enjeux des francophones en milieu minoritaire.
«C’est pas la même chose, constate-t-elle. C’est vraiment des défis que, nous, on soupçonne pas (au Québec) et auxquels on doit être sensible quand on offre notre travail. Ça nous aide à nous améliorer.»
Les Rendez-vous de la Francophonie, qui travaille pour Réseau dialogue – l’objectif de l’OBNL est de stimuler les échanges au sein de la francophonie –, était aussi au rendez-vous de l’espace partenaire.
Pour Catherine Carle, gestionnaire des Rendez-vous de la Francophonie, il est important de démontrer leur implication dans le réseau scolaire par l’entremise de la planification d’évènements et de la distribution d’outils pédagogiques.
Kevin Lemieux du CSAP a animé la Soirée festive du congrès, tenue le 22 octobre, en incarnant son personnage de drag Brooke Rivers. Il a invité sur scène le groupe Pieds à Terre de Clare et des artistes musicaux de l’École du Sommet.
Une vraie «croisée des courants traditionnels et modernes», tel le thème de la soirée culturelle.
«C’était super beau de rassembler tout le monde, de représenter l’Acadie de la Nouvelle-Écosse», conclut-il.
