le Jeudi 22 octobre 2026
le Jeudi 22 octobre 2026 7:00 Rubrique - Les visages de la Vallée

Curiosité, passion et ouverture d’esprit pour la langue française

Pourquoi faire confiance à Le Courrier

J’ai rencontré Carrie Forrester pour une première fois à l’un de nos rendez-vous francophones. J'ai été fascinée par cette anglophone, qui parlait à nous tous avec une belle candeur, simplicité et sincérité.

Curiosité, passion et ouverture d’esprit pour la langue française
00:00 00:00

Type de contenu: Rubrique

Depuis, elle s’est jointe à nouveau à quelques reprises. Une entrevue en tête à tête allait arriver sous peu.

Question-réponse

FT: Pourrais-tu te présenter en quelques mots? 

CF: Carrie Forrester: mère, amie, fille, sœur et veuve.

FT: Où es-tu née?

CF: Je suis née à Toronto en 1970. 

FT: Est-ce que tu es née dans une famille anglophone ou francophone? 

CF: Je suis née dans une famille anglophone.

FT: Comment se fait-il que tu parles français?

CF: Ma sœur aînée, qui a deux ans de plus que moi, est allée en immersion française à la maternelle. Elle a fait partie de la première cohorte d’étudiant(e)s qui a joint ce programme offert par notre conseil scolaire. Mes parents, qui ne parlaient qu’anglais, ont saisi l’occasion – une éducation gratuite en français à école du quartier et, en bonus,  la possibilité d’apprendre une deuxième langue. 

Deux ans plus tard, j’ai commencé l’école dans le programme d’immersion, et ce, jusqu’à la 13e année. Au secondaire, les classes étaient mixtes: des cours en anglais de même qu’en français. 

FT: Parle-moi de ces échanges linguistiques auxquels tu as eu la chance de participer.

CF: Ma classe de 6e année est allée au Lac-Beauport, une municipalité située à environ 25 km de la ville de Québec. Durant l’année scolaire, nous avions fait la correspondance avec des étudiants d’une école francophone de cette région. Nous étions jumelés avec eux et, en mai, ils sont venus à Toronto. Ensuite, le mois suivant, nous sommes allés les visiter. C’était fantastique! 

Quand j’avais 15 ans, grâce à des amis de mes parents, je suis allée habiter cinq semaines à Ferney-Voltaire en France durant  les vacances estivales. L’année suivante, Delphine, ma copine française, est venue nous rendre visite à Toronto pour quelque temps. Nous sommes encore en contact avec cette famille.

J’ai aussi eu la chance de vivre à Paris alors que j’avais 21 ans. 

J’ai étudié à la Sorbonne durant un an. Cela a tout changé pour moi. J’ai pris des cours de français et de littérature. Au fil des mois, j’ai noté des changements importants: les mots et phrases me venaient facilement, je pensais en français et j’ai appris un peu d’argot. Les classes de phonétique proposaient des exercices d’articulation et d’intonation. 

Lors de mon arrivée à Paris, je pensais que je parlais bien français, mais je me suis rendue compte que je n’avais jamais appris certaines compétences linguistiques, telles que faire les liaisons entre les mots, pratiquer la prononciation afin de dire les mots correctement et d’autres nuances que j’ai acquises grâce à des exercices d’écoute, de la rigueur et de nombreuses répétitions.  

FT: Quelles expressions françaises utilises-tu de temps de temps?

CF: Je m’en fous, j’en ai marre, ça m’est égal.

FT: Y a-t-il une chanson francophone que tu aimerais partager avec nous?

CF: «Pour que tu m’aimes encore» de Céline Dion. 

FT: Comment décrirais-tu ta relation avec la langue et la culture françaises?

CF: J’ai appris le français dès la maternelle. Le français était presque toujours dans ma vie. J’ai aussi eu de bonnes expériences: études et voyages au Québec et en France. À l’adolescence, être bilingue m’a permis d’avoir des emplois estivaux au gouvernement de l’Ontario. Même si je n’utilisais pas le français régulièrement, j’avais au besoin les habiletés pour le faire. 

FT: Si tu pouvais inviter trois figures francophones à souper (vivantes ou décédées), qui choisirais-tu, et pourquoi?

CF: Ma copine Delphine, qui habite en France, Christine Simon, qui était l’étudiante de 6e année chez qui j’ai demeuré au Lac-Beauport, et Emmanuelle Bousquet, photographe d’art française contemporaine.

FT: Quels sentiments, quelles émotions ressens-tu lorsque tu t’exprimes en français?

CF: Je n’ai jamais pensé à ça. C’est peut-être un peu nostalgique, car cela me rappelle de belles  expériences en France ou au Québec. Lorsque je voyage, je suis fière et contente que je puisse comprendre ce qui se passe et poser des questions sans craindre de me faire duper. Je peux utiliser ce que j’ai appris dans des situations du quotidien.

FT: Vous accueillez une étudiante internationale chez vous. Peux-tu nous parler de cette expérience?

CF: Lilou parle français. Elle habite en Espagne et elle est actuellement au secondaire pour y apprendre l’anglais. Comme je parle français, je peux naviguer d’une langue à l’autre. Je pense que cela est réconfortant pour elle. 

Puisque j’ai vécu à Paris, je connais un peu l’univers culturel: leur savoir-faire, les manières et le code de vie européen. Mes deux enfants ont étudié à l’école d’immersion en Ontario et ici.  C’est une belle occasion pour nous tous de parler en français et d’offrir un environnement bilingue à notre invitée.

FT: Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut apprendre à s’exprimer en français? 

CF: Continue. N’arrête pas, même si tu as peur de faire des erreurs. Les gens vont t’aider, t’offrir du soutien.

Apprendre une langue, c’est sans contredit ouvrir des fenêtres dans notre tête. C’est aussi une chance inouïe d’avoir un parcours de vie et de faire des rencontres qui, autrement, n’auraient peut-être jamais eu lieu.

Type: Rubrique

Rubrique: Une rubrique est un article journalistique publié périodiquement portant sur un sujet particulier et rédigé par un journaliste spécialisé dans ce domaine.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe