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Jacinthe Adams: «La garde en français est la porte d’entrée de notre éducation»

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Jacinthe Adams, directrice générale du Centre d'appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse (CAPNÉ).  — PHOTO: courtoisie - CAPNÉ
Jacinthe Adams, directrice générale du Centre d'appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse (CAPNÉ).
PHOTO: courtoisie - CAPNÉ

Seulement 25 % des enfants francophones de 0 à 4 ans accèdent actuellement à des services de garde dans leur langue en Nouvelle-Écosse. Face au manque de données et à la pénurie de personnel, Jacinthe Adams, directrice générale du Centre d’appui à la petite enfance de la Nouvelle-Écosse (CAPNÉ), fait le point sur les défis du secteur, l'importance de la transmission culturelle et les pistes de développement, notamment en milieu familial.

Jacinthe Adams: «La garde en français est la porte d’entrée de notre éducation»
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Type de contenu: Actualités

Rachid Abbar

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL ATL

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse: Une étude nationale indique que les services de garde francophones ont moins de places disponibles. Comment décrivez-vous la situation sur le terrain en Nouvelle-Écosse?

Jacinthe Adams: Les chiffres publiés ne reflètent pas nécessairement la réalité du terrain en Nouvelle-Écosse. Il faut savoir que nous manquons cruellement de données statistiques fiables sur la petite enfance en langue officielle minoritaire dans notre province. 

Ce que nous savons avec certitude, c’est qu’environ un enfant sur quatre âgé de 0 à 4 ans a besoin d’un service de garde francophone. Or, aujourd’hui, seul ce même quart (25 %) fréquente réellement une garderie en français.

Le Courrier: Le manque de personnel touche l’ensemble du secteur. Comment le CAPNÉ accompagne-t-il les centres face à cette pénurie d’éducateurs?

JA: En Nouvelle-Écosse, la majorité des centres sont gérés par des conseils d’administration indépendants. Le CAPNÉ, de son côté, gère directement deux centres en milieu rural, en plus d’appuyer le réseau du Petit Voilier à Halifax, qui compte six sites, et en ouvrira bientôt un septième. 

Le Petit Voilier réalise un gros travail de recrutement international et interprovincial qui profite aussi à nos centres ruraux. Cependant, la réglementation ne nous permet pas de recruter directement pour les centres indépendants. Notre rôle envers eux se limite à de l’accompagnement: soutien aux descriptions de postes, promotion des carrières dans les écoles ou partage de ressources lors de nos rencontres régulières.

Le Courrier: Au-delà de la garde d’enfants, considérez-vous ces services comme essentiels à la survie du réseau scolaire francophone?

JA: Absolument. Nous considérons la petite enfance comme la porte d’entrée de tout le continuum de l’éducation en français. Dans nos petites communautés rurales, le centre de la petite enfance et l’école francophone sont souvent les deux seules options. 

Lorsqu’un enfant intègre un centre francophone ou le programme de prématernelle Grandir en français, il a de très fortes chances de poursuivre l’ensemble de sa scolarité dans le réseau francophone. C’est pourquoi nous cherchons à augmenter le nombre de places pour accueillir ces enfants le plus tôt possible.

Le Courrier: Quel rôle jouent les parents dans ce contexte, surtout lorsque l’offre en français est limitée?

JA: Il y a un engagement fort de la part des parents qui font le choix du français. Dans notre province, tous les centres francophones sont à but non lucratif et presque tous sont rattachés à des écoles ou à des centres scolaires-communautaires, ce qui crée un lien très solide. 

Outre le développement global de l’enfant, nos centres apportent une dimension essentielle: la construction identitaire, la culture acadienne et la transmission précoce de la langue. Nous voyons aussi des rassemblements de parents qui se mobilisent pour réclamer l’ouverture de services francophones dans leur localité.

Le Courrier: Quelles sont les solutions prioritaires pour développer l’offre de garde en français en Nouvelle-Écosse?

JA: Après une phase de création de nouveaux centres, les projets d’agrandissement d’infrastructures touchent à leur fin. La grande opportunité réside désormais dans le secteur de la garde en milieu familial. 

Bien qu’il soit complexe de recruter des responsables prêts à ouvrir leur domicile, ces garderies reconnues par une agence — comme celle située dans la région de Clare — offrent les mêmes avantages aux parents, notamment les réductions de frais et les places subventionnées. 

C’est une voie prometteuse pour desservir des communautés comme Chéticamp, où les capacités des centres existants sont limitées par le manque de personnel.

Le Courrier: Quel est le mot de la fin pour les familles de la province?

JA: Actuellement, il existe environ 1 000 places en services de garde réglementés en français hors milieu familial dans toute la Nouvelle-Écosse. Comme il est difficile d’augmenter brusquement le nombre de structures, nous travaillons main dans la main avec le ministère et nos partenaires pour maximiser l’utilisation de toutes les places disponibles et, surtout, pour rehausser continuellement la qualité de l’accueil et de l’accompagnement francophone offert à nos familles.

Type: Actualités

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