le Mardi 29 septembre 2026
le Mardi 29 septembre 2026 9:00 Nos communautés - Chéticamp

Doryman Pub & Grill: un endroit où l’on se sent chez soi

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Une salle comble typique au Doryman lors d’une soirée dansante avec le groupe The Phantoms, il y a de nombreuses années.  — PHOTO: Archives
Une salle comble typique au Doryman lors d’une soirée dansante avec le groupe The Phantoms, il y a de nombreuses années.
PHOTO: Archives

J’ai récemment écrit un article historique sur le Doryman Pub & Grill de Chéticamp, qui a atteint son 60e anniversaire. Cette semaine, j’ai pensé partager quelques anecdotes de divers musiciens, admirateurs et de nombreuses personnes qui ont soutenu cet établissement pendant six décennies.

Doryman Pub & Grill: un endroit où l’on se sent chez soi
00:00 00:00

Type de contenu: Actualités

C’est un endroit qui se démarque des autres lorsqu’il s’agit de rassemblements et de faire vivre et prospérer les traditions. Le Doryman a réuni des gens venus des quatre coins du monde avec les meilleurs musiciens du Cap-Breton. Ils offrent une variété d’événements, un endroit où il y a véritablement quelque chose pour tout le monde dans ce lieu central de la communauté.

Le propriétaire Marc Neary a réalisé une série de courtes vidéos intitulée 60 For 60. Soixante entrevues pour célébrer 60 ans, capturant l’essence de ce qui rend le Doryman si spécial.

«Nous avons attendu si longtemps avant de pouvoir entrer, raconte Wallace Aucoin. Nous avions l’habitude d’écouter les groupes de l’extérieur, nous étions mineurs. La première fois que je suis allé au Doryman, c’était lorsque j’ai eu 19 ans en 1978. Une bière pression coûtait 45 cents!» 

«C’était l’endroit où nous nous retrouvions et faisions des plans pour la soirée. – Le Doryman est le Cheers de Chéticamp. C’est l’endroit où tout le monde connaît votre nom. Le Doryman est notre deuxième maison.»

«Je pense que ce sont les gens qui font le Doryman. Il y a quelque chose de spécial qui fait que les gens sont différents lorsqu’ils franchissent la porte», dit le musicien Claude Bourgeois, ancien propriétaire du Doryman. 

«Le spectacle dont je suis le plus fier d’avoir réservé pendant mon mandat comme propriétaire doit être celui de Georgette Jones, la fille de George Jones et Tammy Wynette. Ce fut une expérience formidable de la rencontrer et de la faire venir se produire à Chéticamp. Il y a eu tellement de grands musiciens au Doryman et l’un de ceux qui nous manque particulièrement est P’tit Marc.» 

Le groupe The Phantoms s’est produit au Doryman pendant des décennies. C’était toujours un moment formidable!

PHOTO: Archives

M. Bourgeois conclut que «l’héritage du Doryman, c’est la musique!» 

Le violoneux Howie MacDonald est d’avis que «la scène du Doryman est unique et devrait être célébrée pendant de très, très nombreuses années encore». 

Il parle de l’époque où, jeune garçon, il faisait de l’auto-stop jusqu’au Doryman. 

«Donny LeBlanc m’a vu à la porte avec André LeBlanc et Gélase Larade, ils m’ont tiré par le col de ma chemise pour me faire monter sur la scène. Beaucoup de bons souvenirs, beaucoup de rires.»

Rhéal Doucet, aujourd’hui à la retraite, a travaillé au Doryman pendant 42 ans. Désormais à la retraite, il est tout sourire et considère le Doryman comme sa deuxième maison.

PHOTO: Archives

«Oui, la scène est très spéciale parce que le son est vraiment bon, tout le monde est tout près et c’est vraiment authentique. Même la photo en arrière-plan, il y a tellement de culture ici. Les gens sont amicaux et l’accueil de la foule est formidable», dit MacDonald.

Ashley MacIsaac a une longue histoire de prestations électrisantes au Doryman, remplissant souvent le célèbre établissement du Cap-Breton avec des airs de violon traditionnels. 

Je me souviens d’une de mes entrevues avec cet artiste remarquable et, bien qu’il ait joué partout dans le monde, il a déclaré que son endroit préféré pour se produire est le Doryman. 

L’artiste Louis Arsenault, lorsqu’on lui demande pourquoi le Doryman est spécial après 60 ans, mentionne la tradition. 

«On retrouve simplement la musique dans les murs, les noms des gens qui sont décédés dans les fenêtres, une vieille guitare suspendue, juste un excellent point de rencontre, un endroit formidable pour que tout le monde se retrouve et forme une famille.»

Le violoneux Rodney MacDonald décrit la scène du Doryman comme «unique en son genre, et il n’y a rien de pareil. Il n’y a pas de meilleur endroit où être un samedi après-midi.»

J’adore cet endroit! Il y a simplement quelque chose à propos du fait de jouer sur cette scène et des gens.

— Ashley MacIsaac

Beaucoup connaissent une chanson très populaire de 1755, «La gang arrive», qui est basée sur les bons moments passés au Doryman. 

«Gervais Cormier a emménagé avec nous dans un appartement à Moncton et il jouait une mélodie sur sa guitare», explique le coauteur Angus LeFort, en parlant des origines de la chanson. Il avait un titre pour une chanson, mais n’avait pas les paroles.» 

«Le titre original était “When the Boys Come Back to Town”. J’ai suggéré que nous lui donnions un titre français, puisque Donald Boudreau séjournait chez nous et était membre du groupe 1755. Nous étions tous de bons amis et nous pensions que le groupe pourrait peut-être prendre cette chanson et la jouer.» 

Il ajoute que l’histoire raconte ce qui se passait lors du retour de l’Université, la gang se retrouvant à la taverne. Elle mentionne même plusieurs personnes qui travaillaient  au Doryman à l’époque. 

«Je suis fier d’avoir eu la chance de monter sur la scène du Doryman. Chaque fois que je me produis ici, c’est comme la première fois – c’est chez moi! Ça fait vraiment partie de chez moi», dit le violoneux Mike Hall. 

Les concerts de violon du samedi après-midi au Doryman sont très populaires. Ici, on voit des spectateurs s’amusant lors d’un « square set ».

«Chaque fois que je pense au Doryman, Arthur Muise et Marc Boudreau me viennent à l’esprit. Ils nous manquent certainement.»

«On peut vraiment sentir la foule au Doryman, ajoute-t-il. Vous jouez les bons airs; les admirateurs deviennent turbulents, il y a beaucoup de danse à claquettes et c’est toujours une excellente soirée. “La King George”, bien sûr, est l’un des airs faisant réagir les gens.

Il se souvient être arrivé pour voir Ashley MacIsaac et Maybelle Chisholm se produire et le Doryman était complètement rempli. Cela reste l’une des meilleures expériences qu’il a vécues, un moment magique pour lui. 

Lorsqu’on lui demande ce que Chéticamp perdrait si le Doryman disparaissait soudainement, Hall répond: tout.

«Ce serait mauvais. Si vous demandiez à n’importe qui qui est passé par ici au cours des 60 dernières années où ils ont mangé, où ils ont écouté de la musique – c’est un incontournable. Le Doryman est un point de repère dans ce village, qui, je pense, représente une énorme partie de son identité et de sa tradition, de ses gens.» 

«Tout dans cet endroit est merveilleux, avec une longue histoire au service de la communauté. Si le Doryman disparaissait, ce serait préjudiciable à la vitalité de notre culture. Le Doryman fait la promotion d’une grande variété de musique. Une impressionnante succession de talents a franchi ces portes et monté sur cette scène pendant des décennies. Le Doryman sera toujours un endroit que je chérirai pour toujours.»

Ancien membre du groupe The Phantoms, Bruno Bourgeois a passé de nombreuses soirées à jouer au Doryman. Il a également été serveur dans cet établissement pendant 12 ans. 

«Je me souviens qu’après avoir quitté l’Allemagne, quitté l’armée et être revenu à la maison, c’était vers 1979, je suis entré dans la taverne un soir et Marcella Doucet jouait du piano. Je suis monté et j’ai fait quelques harmonies avec elle. C’est ce qui a lancé le Talent Night, les mardis, à l’époque. C’étaient de belles soirées.»

Les violonistes Ashley MacIsaac et un tout jeune Marc Boudreau jouant au Doryman. Ils savaient assurément attirer les foules.

«Je pense qu’il est très important pour les talents locaux d’avoir une salle comme le Doryman, ajoute Bruno Bourgeois. Je compare cela à Radio CKJM, où beaucoup ont maintenant enregistré de la musique qui est diffusée à l’antenne, ce qui leur donne la possibilité de partager leur talent, tout comme sur cette scène.» 

«Plus tard, j’ai joué avec The Phantoms sur cette même scène pendant 45 ans devant de grandes foules et l’endroit était en pleine effervescence, poursuit-il. Une chanson emblématique pour moi était “I’m a Believer” des Monkees, mais une chanson qui se démarquait comme l’une des plus demandées était “Dead Flowers” des Rolling Stones.» 

Pour lui, le Doryman est «incroyable». «Il est ici depuis toujours et j’espère qu’il restera ici pour toujours. C’est le lieu de rencontre pour tout le monde. Bon sang, si les murs du Doryman pouvaient parler, ils auraient toute une histoire à raconter», complète-t-il.

Rhéal Doucet de Chéticamp, maintenant à la retraite, a eu une carrière de 43 ans au Doryman et a certainement beaucoup d’histoires à raconter. Il était serveur avec Gélas Aucoin et ils travaillaient pour l’ancien gérant, Arthur (à Black John) LeBlanc. 

Rhéal parle de l’un des quarts de travail les plus occupés: 

Photo de la taverne « The Doryman » avant son changement de nom pour devenir le « Doryman Pub & Grill ». Une institution de la communauté de Chéticamp depuis soixante ans.

«Je dirais que c’était à l’époque où Ashley MacIsaac jouait ses premiers spectacles au Doryman. Il y avait tellement de monde qu’il était difficile de circuler. Aussi, lorsque The Phantoms jouait, cela attirait de grandes foules et c’était bruyant. Ils savaient vraiment comment faire bouger le public.» 

Les choses ont certainement changé au fil des ans, constate-t-il. «Je me souviens de certaines journées, particulièrement dans les années 1980, où les pêcheurs ne pouvaient pas sortir en mer à cause du mauvais temps, durant des journées de débauche, les clients commençaient à arriver à dix heures du matin et l’endroit se remplissait au cours de la journée.» 

«La musique de violon les samedis après-midi avec Donny LeBlanc, André LeBlanc et Gélase Larade connaissait également beaucoup de succès. Essentiellement, ils jouaient devant un Doryman rempli à pleine capacité pendant 20 ans pour des gens venus de partout au Cap-Breton.» 

Le Doryman sera toujours sa deuxième maison. Un endroit où il a «passé tellement de temps», comme il dit. 

Le talent qui a foulé la scène du Doryman au cours de 60 ans est incommensurable. La scène est peut-être petite, mais sa réputation est immense! 

Le Doryman a accueilli des artistes au Cap-Breton, notamment le trio original de la Matinée du samedi pendant 20 ans: Donnie LeBlanc, André LeBlanc et Gélase Larade, Ashley MacIsaac, MacMaster Leahy Family, Rodney MacDonald, Glenn Graham, Howie MacDonald, Robert Deveaux, Marcel Doucet, Ronald Bourgeois, Clarence Deveau, John Chiasson, André Aucoin, Matt Minglewood, Sam Moon, Robert Bouchard, Jimmy Rankin, John Morris Rankin, Ron Hynes, Georgette Jones, Hert LeBlanc, Rheal LeBlanc, The Bluegrass Diamonds, Jean-Marc Doiron, Shaydid, Douglas Cameron, Donna-Marie DeWolfe, Cyril MacPhee, Robbie Fraser, Louis Arsenault, Talent Night Trio: (Claude Bourgeois, Tommy Poirier et Chester Delaney), Marcella Doucet, Gélas Deveaux, Drafted, Savanna, Nicole Deveau et Michelle Deveau, Brian Mallery, Yvon Collette, Laurie LeBlanc, Maurice Belliveau, Denis à Maurice Cormier, Jocelyn Thériault, Joey Beaton, Kinnon Beaton, Betty Lou Beaton, Colin Grant, Risin’ Tide, Le Groupe LeLièvre, Premonition, Crash Test Dummies, Mike Hall, Hilda Chiasson, Kathleen LeBlanc-Poirier, Joel Chiasson, Jason Roach, Signal Hill, Lennie Gallant, Suroît, Scott & Gerald Delhunty, Third Harmony, The Barra MacNeils, Richard Wood, Hal Bruce, J.P. Cormier, Gerard Romard, Arthur Muise, Jerry Holland, Brakin’ Tradition, Brent Aucoin, Leanne Aucoin, Bertrand Deraspe, Christopher Babineau, Shelly Campbell, Brenda Stubbert, Andrea Beaton, Serge Caissie, Marc Boudreau, River’s Bend, Hirondelle, Crissy Crowley, Martin Aucoin, ainsi que de nombreux autres amis des Îles-de-la-Madeleine, et la liste continue. 

Il est tout simplement impossible de nommer tout le monde, mais cela donne une idée générale de la diversité musicale offerte. Tous les musiciens qui se produisent au Doryman sont grandement appréciés.

Bien sûr, le groupe qui s’est produit le plus longtemps dans notre communauté est The Phantoms! Ce groupe légendaire attirait régulièrement de grandes foules et l’ambiance était toujours celle d’une grande fête au Doryman lorsqu’ils se produisaient. 

Une section du bar est consacrée à ces artistes, avec des photos et d’autres souvenirs.

«Certains endroits donnent l’impression d’être chez soi dès que l’on y entre, et le Doryman est cet endroit depuis 60 ans», dit l’actuel propriétaire du Doryman Pub & Grill, Marc Neary. 

«Ma vision, lorsque j’ai acheté le Doryman était d’élever la réputation, l’établissement, la marque et de bâtir là-dessus. Je pense que nous l’avons fait. Nous avons effectué beaucoup de rénovations; beaucoup de travail a été consacré à donner au Doryman une apparence renouvelée.» 

L’histoire du Doryman est une histoire de réussite, fait-il remarquer, «tant que cette formule continue, qu’on continue à pousser la musique, à faire venir de nouveaux artistes et à ramener la musique que les gens aiment». 

«La marque est là, la reconnaissance est là, l’héritage des 60 dernières années n’est pas quelque chose dont on peut rire. Tant que la prochaine personne qui prendra la relève après moi continuera à faire avancer cette pièce du casse-tête, je pense que le Doryman prendra soin de lui-même. Il sera toujours ici, il fera toujours partie de nos vies ici à Chéticamp et au Cap-Breton.»

Type: Récit

Récit: Contenu journalistique contenant des informations, des opinions et des analyses, toutes basées sur des faits.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe