Type de contenu: Récit
L’un de mes rêves était de voir le Rocher Percé avec mes deux yeux verts — je l’avais auparavant aperçu de bien des manières, mais rien ne valait le plaisir de le voir distinctement devant moi.
Le long du trajet en voiture, j’ai pu admirer les magnifiques paysages. Dès mon arrivée au Nouveau-Brunswick, La Baie-des-Chaleurs s’étend à perte de vue et, après des centaines de kilomètres, je retrouve le Golf du Saint-Laurent, qui se déploie vers l’océan.
Tout comme la plupart d’entre vous, je sais qu’après le Grand Dérangement de 1755, les Acadiens se sont principalement établis au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve, à Saint-Pierre-et-Miquelon de même qu’en Nouvelle-Écosse. La France et la Louisiane ont aussi été des terres d’accueil pour un nombre considérable d’entre eux. J’ai aussi entendu dire que plusieurs s’étaient rendus dans le sud du Québec.
Parmi les belles découvertes de mon passage en Gaspésie, il y a celle du Musée acadien du Québec, situé à Bonaventure. Lors de mon passage au musée, j’ai appris qu’un million de Québécois(es) ont du sang acadien et que plus de trois millions de citoyen(ne)s du Québec auraient des ancêtres acadiens. C’est tout de même très impressionnant et incroyable pour la Québécoise que je suis.
Parmi les très grandes familles fondatrices, nous retrouvons les familles Leblanc, Poirier et Arseneault.
Au Québec, dans le village de Bonaventure en l’an 1760, les Acadiens se retrouvent en Gaspésie entre 1755 et 1760. Certains d’entre eux séjournent près de la rivière Restigouche à la suite du Grand Dérangement survenu en Nouvelle-Écosse. Bonaventure devient une nouvelle oasis, située sur la rive nord de la Baie-des-Chaleurs, offrant aux immigrants un lieu où reconstruire leur vie tout en préservant leur culture et leurs traditions.
En 1960, Juliette Gauthier-Barrette, figure importante au Québec et reconnue comme étant une figure illustre pour le maintien et la promotion de la langue et de la culture acadiennes, fonde le Musée historique acadien. En 1974, le musée change d’adresse et se retrouve dans la salle publique de Bonaventure.
En 1977, il est dorénavant sur l’avenue de Port Royal, là où je l’ai visité en mai dernier. Il faudra attendre jusqu’en 1990 avant qu’il devienne officiellement le Musée acadien du Québec.
L’édifice imposant de deux étages bénéficie d’une grande visibilité auprès des personnes qui traversent Bonaventure. C’est par pur hasard que j’ai fait sa découverte alors que je roulais sur cette route importante, me dirigeant vers l’ouest en direction de Rimouski.
Le Musée acadien du Québec est aujourd’hui installé dans un bâtiment historique datant de 1914. Celui-ci a été restauré et offre aux visiteurs un espace accueillant où, dès notre arrivée au rez-de-chaussée, nous pouvons échanger avec les employés à l’accueil, flâner dans la boutique ou voir les expositions temporaires avant de nous rendre à l’étage supérieur pour découvrir l’Acadie québécoise grâce à Lumière sur les Acadiens, une expérience immersive mettant en premier plan l’histoire des Acadiens. En nous promenant, nous y retrouvons des panneaux explicatifs regroupés autour de thématiques de même que des mises en scène reconstituant des moments de vie.
L’église catholique, une institution importante offrant un support moral et spirituel aux Acadiens.
Le panthéon acadien du Québec nous présente plusieurs illustres personnages, tels que Gilles Vigneault, Bernard Landry, Fred Pellerin, Anne Hébert et Bona Arsenault. Vous y retrouverez plusieurs Acadiens et leurs descendants. Vous en reconnaîtrez certains qui ont laissé un héritage important dans les sphères sportives, politiques, financières ou scientifiques.
Pour en connaître davantage, photos, objets divers, livres et panneaux informatifs sont présentés en français et en anglais. Les visiteurs qui souhaitent approfondir leurs connaissances peuvent toujours poser des questions au personnel. J’ai choisi de déambuler et de consulter les écrits et les objets proposés durant l’exposition. Le musée propose des expositions permanentes et temporaires.
Malgré les années où le peuple acadien a erré d’un endroit à l’autre ― et le taux de pertes humaines importantes suivant la tragédie de 1755 —, le taux important de natalité a eu un impact notable et bénéfique sur la croissance de la population.
On peut y lire «que la ténacité et l’instinct de survie presque légendaire des Acadiens alliés à des convictions catholiques bien ancrées ont donné lieu au sein des familles acadiennes à une revanche des berceaux, où la natalité a constitué l’arme ultime contre l’agression et l’assimilation» sur un panneau informatif portant sur la natalité traditionnelle et démographie.
Le Musée acadien du Québec fait partie du circuit touristique de la région. En discutant avec une employée, j’ai appris que l’établissement reçoit environ 18 000 visiteurs annuellement. Les touristes viennent de plusieurs régions du Québec, de l’Ontario, de la France, de l’Ouest canadien, des provinces maritimes, de l’Algérie et la liste continue. Ouvert 12 mois par année, les grands et les petits y trouveront leur compte.
Je suis ravie d’avoir fait cette magnifique découverte. Tout compte fait, l’Acadie n’est pas un lieu officiel: c’est un peuple, une histoire, une culture et une identité sans frontière.
Je vous souhaite de découvrir le Musée acadien du Québec et, qui sait, peut-être nous aurons une conversation ensemble sous peu.
