Type de contenu: Rubrique
À l’occasion de la reprise automnale de cette rubrique, je me permets donc d’esquisser un aperçu de nos priorités actuelles et de nos réalisations récentes.
Mais d’abord, un petit rappel à propos de l’Observatoire Nord/Sud. Qu’est-ce que c’est, au juste ?
Bien que nous existions depuis plusieurs années, la question m’est posée assez souvent. Situé dans l’édifice de la Bibliothèque Louis-R.-Comeau, sur le campus de la Pointe-de-l’Église de l’Université Sainte-Anne, notre centre se veut un lieu dynamique pour la recherche, la diffusion du savoir et la formation.
Nos travaux permettent de tenir une veille des dynamiques de la diaspora acadienne, notamment en tenant compte de l’évolution de la société acadienne dans le contexte de la mondialisation et des enjeux de la diversité en Amérique du Nord francophone. Pour ce faire, nous développons des collaborations avec des partenaires diversifiés, comme Le Courrier.
L’Observatoire Nord/Sud a été établi en 2018, sous la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), que j’occupais jusqu’à l’automne dernier. Notre mission a été renouvelée au début de la présente année.
Les stagiaires d’été de l’Observatoire Nord/Sud : Tommy Berger, Ramona E. Blinn, Dahilia Harris et Sara El Amouri (dans le sens de l’horloge).
Pour orienter nos initiatives, nous disposons d’un conseil scientifique composé de Khadija Gaha, professeure adjointe au Département des sciences administratives de l’Université Sainte-Anne; Christina Keppie, professeure de français et directrice du Center for Canadian American Studies à Western Washington University aux États-Unis; et Émilie Caissie-Richard, directrice générale de la Société nationale de l’Acadie. L’Observatoire héberge également la revue savante Port Acadie, que je codirige avec Tania Grégoire.
Assurément, le projet qui constitue notre plus grande priorité depuis quelque temps, c’est un collectif de recherche sur le Congrès mondial acadien (CMA). Financée par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), cette initiative réunit une vingtaine de chercheur(e)s, issus de plusieurs disciplines, et une dizaine d’organismes partenaires (dont Le Courrier). L’objectif majeur consiste à cerner les effets et les retombées sociales du CMA sur nos communautés locales, et ce, sous plusieurs angles.
Nos recherches sur le CMA tenaient la vedette au mois de mai dernier, lors du congrès annuel de la Société canadienne d’anthropologie, qui s’est tenu à Halifax, sur le campus de St. Mary’s University. Plusieurs membres de notre équipe ont participé à une séance, Le Congrès mondial acadien : terrain de la résurgence en milieu minoritaire francophone.
Les communications portaient sur divers aspects du CMA, allant des réunions de familles (Laurence Arrighi, Tommy Berger, Éric Forgues et moi-même) aux perspectives et expériences des femmes (Sandrine Mounier et Louis Fontaine), en passant par une étude de l’Espace Parole, dédié au conte et aux lectures littéraires (Judith Patouma). Ces présentations s’inséraient dans une programmation très riche qui, pendant tout le colloque, accordait une place de choix aux réalités des peuples autochtones.
Le CMA a également été traité au congrès de la Société historique du Canada, qui s’est déroulé à Charlottetown, du 1er au 3 juin, et où l’historienne Stéphanie St-Pierre a donné une communication sur un thème passionnant : Locale, régionale ou nationale ? Analyse des représentations historiques lors du Congrès mondial acadien 2024. Dans une autre séance, j’ai présenté des recherches sur la diaspora acadienne en Louisiane au 18e siècle.
Autrement dit, les chercheur(e)s affilié(e)s à l’Observatoire Nord/Sud se montrent dynamiques tout en contribuant à l’avancement des connaissances sur l’Acadie. Il en est de même de nos assistant(e)s de recherche.
Tout au long de l’année, plusieurs étudiant(e)s sont impliqués dans le fonctionnement et les travaux de l’Observatoire Nord/Sud. Depuis l’automne dernier, notamment, l’un de nos étudiants de maîtrise en cultures et espaces francophones, à savoir Adil El Amouri, assure la coordination en même temps qu’il participe activement à divers volets du projet sur le CMA.
Parallèlement, la revue Port Acadie peut compter sur Ramona E. Blinn, diplômée de ce même programme et ancienne coordinatrice de l’Observatoire, en tant qu’adjointe et responsable des comptes rendus d’ouvrages en études acadiennes.
Or, c’est pendant l’été que nous avons la chance de mobiliser une équipe de stagiaires à temps plein, grâce à des fonds du programme fédéral Emplois d’été Canada. Du début juin jusqu’à la fin août, quatre jeunes chercheur(e)s en herbe ont occupé ces postes : Tommy Berger, doctorant en sociolinguistique à l’Université de Moncton; Ramona E. Blinn, que nous venons d’évoquer; Sara El Amouri, étudiante en sciences ici à l’Université Sainte-Anne; et Dahilia Harris, également étudiante à Sainte-Anne.
Il serait difficile d’exagérer l’apport de ces stagiaires d’été. Cette équipe a surtout fait avancer nos enquêtes sur le CMA, par exemple, en transcrivant des entretiens, en effectuant des recherches dans la presse et en veillant à la bonne organisation des données dont nous disposons. Chemin faisant, tout le monde a travaillé à la réalisation d’épisodes du balado Acadiversité. Les fruits de leurs efforts seront accessibles d’ici la fin de l’année.
Ces expériences leur auront également donné de nouvelles compétences et des connaissances approfondies sur l’histoire, la culture et la société acadiennes.
Au moment d’écrire ces lignes, c’est la rentrée universitaire, ici à l’Université Sainte-Anne et partout ailleurs. En attendant l’annonce des activités publiques qui auront lieu au cours de l’automne, je me limite ici à partager une nouvelle des plus réjouissantes.
L’Observatoire Nord/Sud vient d’enrichir son équipe par l’affiliation de deux chercheur(e)s associé(e)s. Il s’agit de Judith Patouma, professeure agrégée au Département des sciences de l’éducation de l’Université Sainte-Anne, et de Roromme Chantal, professeur agrégé à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton.
Ce sont deux chercheur(e)s très respecté(e)s et extrêmement dynamiques. Sociolinguiste et professeure en didactique des langues, Judith Patouma mène des recherches en éducation francophone, avec une attention particulière portée au plurilinguisme, au pluriculturalisme et à la diversité linguistique et culturelle. Roromme Chantal, quant à lui, est spécialiste des relations internationales, du monde émergent et des questions chinoises. Originaire d’Haïti, il enseigne les sciences politiques.
Un communiqué à ce sujet sortira bientôt et, dans la suite des choses, nous allons planifier une série d’activités et d’interventions avec les professeurs Patouma et Chantal.
Bref, ça bouge chez nous !
