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L’événement, organisé par The House of Soli avec le soutien de Regalton Rental Group, mettait en avant la culture, le patrimoine et l’avenir de l’écosystème de la mode en Nouvelle-Écosse.
À travers toute une série de défilés, les créateurs d’ici ont présenté leur vision de la mode d’aujourd’hui et de demain, soulignée par des savoir-faire et un artisanat ancrés dans un territoire aux diverses voix et aux histoires plurielles.
La soirée a en effet mis en lumière les multiples communautés — autochtones, afro-néo-écossaises, écossaises, immigrantes — qui font le sel de la province.
Les collections des différents designers étaient chacune inspirées par un héritage et un récit personnel, marqués par la résilience et l’espoir, qui les réunissaient autour d’une passion commune, le vêtement et son industrie. Mais également par cette même volonté de voir son travail reconnu à l’international, d’avoir voix au chapitre, une place dans cet écosystème, et d’encourager les générations futures qui participent aussi au changement.
Pour les uns et les autres, il s’agissait ainsi de rendre hommage à leurs origines, au chemin parcouru, et à toutes les personnes rencontrées en route qui ont contribué à les mener à leur succès.
Solitha Shortte, la fondatrice de la Halifax Fashion Week et le mannequin Warren D’Silva.
C’était par exemple la fondatrice de Khush Mizaj, Sudha Arjun, qui a dévoilé sa vision de la mode comme une puissante expression d’identité, de tradition et de récit, mettant à l’honneur la richesse de la culture sud-asiatique.
Honorée par le titre de Heritage Vanguard Honoree 2026, son travail célébrait à la fois l’artisanat traditionnel et un design contemporain, créant un espace où le patrimoine sud-asiatique peut être vu et fièrement représenté.
«Ses collections nous rappellent que la mode peut porter notre histoire tout en la transmettant à une nouvelle génération», a souligné Otni Asare-Adjei, l’hôte de l’événement.
Émue de voir son œuvre ainsi reconnue, Sudha Argun en a profité pour annoncer l’ouverture de la première boutique Khush Mizaj à King’s Wharf. Elle a également remercié son public et toutes les personnes l’ayant accompagnée dans la réalisation de son rêve, notamment Solitha Shortte, la fondatrice de la Halifax Fashion Week et The House of Soli:
«Soli a vu en nous quelque chose que personne d’autre n’avait vu. Elle a cru en nous quand on n’avait dessiné que les 12 premières tenues. Vous imaginez? On n’avait que 12 tenues et elle disait: “Maman, t’inquiète pas. Mets ça sur le podium. On va y arriver.” Et elle avait raison.»
La créatrice a exprimé que cette confiance avait d’autant plus été fondamentale en vue du manque de soutien financier pour les créateurs de mode dans les provinces atlantiques, encore plus récemment avec l’annonce des coupes budgétaires touchant les secteurs des arts et de la culture.
Parmi les autres personnes qui ont pris la parole ce soir-là, nombreuses étaient celles qui partageaient son avis sur les défis rencontrés dans l’industrie de la mode du Canada atlantique. Il a également été souligné que ces derniers étaient particulièrement importants pour ceux issus de minorités.
D’où une reconnaissance répétée envers Solitha Shortte pour avoir su donner naissance à un événement offrant une vraie visibilité aux designers, mannequins et artistes issus de communautés culturelles ou autochtones, comme les créatrices mises à l’honneur durant la soirée: Sudha Arjun, l’Iranienne Samira Danesh (SADA), ou encore Susan Quann (Eli’sawey) originaire de la Première Nation de Miawpukek.
Le public a aussi pu applaudir les créations de Cailean Jan (The Silk Route) qui célébrait les racines kashmiris de son mari et avait été réalisée par des artisans du Cachemire, les costumes de Be Chic, boutique en ligne spécialisée dans le sur-mesure qui a également habillé la division jeunesse de House of Soli, et la collection hommage à son père de John Michael (Drunk Gurl). Un moment d’émotion qui en a touché plus d’un.
Outre les défilés, d’autres performances ont mis en avant la richesse et la diversité de la créativité locale, notamment des tableaux de danse traditionnelle et d’art aérien qui ont, semble-t-il à l’écoute des applaudissements, séduit les spectateurs présents.
«Un choix d’animation qui relevait l’événement», a exprimé l’une d’entre eux, avant de se confier davantage sur son ressenti concernant la soirée. Assistant pour la première fois à une Fashion Week, elle s’est dite satisfaite de son expérience et prête à la réitérer si l’occasion se présentait:
«Ils m’ont tous fait bonne impression. D’une manière générale, très fiers de leur travail, ils semblaient vraiment aimer voir leurs vêtements portés par leurs mannequins. C’est comme, quand dans un restaurant, quand on voit le chef qui est passionné par ce qu’il fait, on se dit: “Ah, j’y retourne, il cuisine avec amour.” Et là, je me dis: “Tiens, les créateurs semblaient vraiment passionnés par leur choix de vêtements, par tout le processus de création.”»
Passionnés, certainement, au vu des sourires affichés sur les visages à la fin de l’événement. Une soirée de clôture qui est finalement venue confirmer la présence des talents d’ici et de la richesse créative en Nouvelle-Écosse, des créateurs à suivre de près.
