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Margaux Paz Paredes
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
À l’origine du festival, il y a une idée, celle de proposer quelque chose de différent pour la ville. C’est ce que nous raconte Christina Edwards, la directrice du Halifax Busker Festival.
L’événement touchait à cette époque à différents styles de musique et les artistes de rue qui y participaient étaient encore peu connus.
Année après année, il n’a pourtant jamais cessé de grandir et de gagner en reconnaissance.
Aujourd’hui, c’est sur un espace spécialement aménagé sur le front de mer qu’il prend place et accueille plus de 400 000 personnes sur six jours, spectateurs et artistes venus du monde entier.
Du Mexique à l’Australie, en passant par l’Irlande, l’Australie et le Japon, sans oublier le Canada, en 2026, les festivités réunissent à Halifax les meilleurs talents issus de tous les continents, assurant leur renommée internationale, tant au niveau des performances qu’auprès du public.
Christina Edwards explique que si les artistes sont si motivés à participer au festival, c’est parce que le public d’Halifax se montre particulièrement réceptif à leur métier et comprend l’usage de donner un pourboire à la fin du spectacle (gratuit), leur principale source de revenus.
C’est le concept du spectacle au chapeau: personne ne paie de billet, tout le monde peut regarder, mais la générosité des spectateurs est ce qui permet aux artistes de subsister et de continuer à se produire.
Christina Edwards pense également que si le public est particulièrement affluent, c’est peut-être aussi dû au fait que nos sociétés évoluent de plus en plus de façon isolée, sous la domination des écrans, et que, dans ce contexte, les spectacles de rue offrent une possibilité de sortir et connaître quelque chose d’unique et différent. Comme des jongleurs de feu ou des acrobates aux prouesses extraordinaires, des performances d’une qualité comparable à celles du Cirque du Soleil, affirme-t-elle, mais à moindre coût.
En outre, c’est une occasion pour les touristes de découvrir la ville et pour les habitants de profiter d’un spectacle proposé une fois par an.
D’autant plus que, du fait de ses 40 ans d’existence et de son caractère familial, le festival gagne aussi sa popularité d’avoir conquis plusieurs générations.
«Il y a des gens qui ont été amenés au festival par leurs parents et qui maintenant y amènent leurs enfants, se réjouit-elle. On a entendu dire que des gens planifient en fait des réunions de famille autour de la semaine du Busker Festival pour qu’ils puissent garder cette tradition vivante et se retrouver tous ensemble.»
Une tradition qui perdure pour certains depuis 20, 30, voire même 40 ans.
C’est une institution dans la ville, et je pense que si jamais ça devait disparaître, ce serait déchirant. Parce que c’est devenu un élément incontournable du front de mer et de l’été à Halifax.
Particulièrement pour les habitués de l’événement qui prennent beaucoup de plaisir à rencontrer leurs artistes favoris. Parmi ces derniers, certains reviennent chaque année, et cela même depuis 10 ans.
C’est le cas notamment du jongleur argentin Victor Rubilar, de l’acrobate mexicain — et lauréat du Prix du Public 2024 et 2025 — Pancho Libre, ou encore du magicien irlandais Jack Wise.
Des personnalités que le public adore — «vraiment incroyables» d’après Christina Edwards —, et que les organisateurs du festival sont aussi très heureux de voir revenir pour célébrer, tous ensemble, leur 40e anniversaire.
«[On espère] qu’on aura encore nos 400 000 visiteurs. Si Dieu le veut, la météo sera de notre côté. On a généralement bien de la chance. Ce week-end-là, il fait habituellement assez beau. Mais même s’il pleut, les gens viennent quand même sous la pluie pour regarder les spectacles, et les artistes peuvent toujours se produire en toute sécurité sous la pluie. Ils le feront», garantit Christina Edwards, affirmant avoir très hâte de voir la foule se joindre à l’événement.
