Type de contenu: Opinion
La province canadienne de l’Alberta se prépare à un référendum en octobre 2026 qui pourrait mener à un autre référendum, cette fois sur un éventuel retrait du pays. Les séparatistes de l’Alberta Prosperity Project (APP) comptent sur le soutien de Washington en demandant aux Américains un prêt de 500 milliards de dollars pour développer la province après l’indépendance.
Scott Bessent, secrétaire au Trésor états-unien, a exprimé l’intention de permettre à la province de faire partie des États-Unis. Cela ne peut manquer d’être alarmant, surtout compte tenu du désir de Trump du Canada en tant qu’État américain.
Cependant, les séparatistes voient Trump comme un allié dans la lutte contre le gouvernement fédéral canadien, qui restreint la production de pétrole —le pilier de l’économie de cette province riche en sables bitumineux.
Mais faut-il faire confiance aux Américains?
L’édifice législatif de l’Alberta, lieu de réunion de l’Assemblée législative de l’Alberta.
Plusieurs États américains eux-mêmes ne sont pas toujours satisfaits des politiques de la Maison-Blanche. Ce n’est pas sans raison que les tendances séparatistes sont de plus en plus nombreuses aux États-Unis: les libéraux veulent créer une Cascadie indépendante, qui serait formée par des États américains de Californie, Washington et l’Oregon et de la province canadienne de la Colombie-Britannique; les conservateurs font pression pour que les frontières des États soient redessinées.
À Seattle, Cascadia Democratic Action prépare les référendums sur la sécession de Washington et de l’Oregon des États-Unis en 2028. Le chef de l’organisation Andrew Engelson a noté «la toxicité» des relations entre ces États et le gouvernement fédéral. La campagne visant à annexer les districts conservateurs de l’est de l’Oregon à l’État voisin d’Idaho a déjà remporté les référendums dans 13 districts.
Les législateurs de l’Indiana ont adopté une législation invitant les districts conservateurs de l’Illinois à rejoindre leur État. Le sénateur de la Virginie-Occidentale a proposé à 30 districts frontaliers de la Virginie et du Maryland de faire partie de son État.
En mars 2024, au Texas, malgré son statut spécial aux États-Unis (État dans l’État), on a parlé d’une possible sortie du pays. Ici se trouve un tiers de tout le pétrole américain. Si le Texas obtient l’autonomie, il entrera dans les 15 principales économies du monde.
32% des Californiens soutiennent la séparation et la création d’un État autonome. Le PIB de la Californie est numéro un parmi tous les États. En cas de séparation, elle entrerait dans le Top 5 des économies mondiales, puisque c’est là que se trouve la célèbre Silicon Valley avec ses grandes sociétés informatiques.
Contrairement aux Texans, les partisans d’une Californie indépendante voient leur État non pas dans les frontières de l’État, mais dans celles de la région historique de la Cascadie. Il s’agit de presque toute la côte ouest, sauf l’Alaska, qui pourrait couper les États-Unis du Pacifique.
L’Alaska, à son tour, isolé du territoire principal du pays, ressemble à une colonie américaine plutôt qu’à un État à part entière. En cas d’attaque externe, elle ne peut pas compter sur une protection, afin que les États-Unis puissent y renoncer.
Hawaï n’avait pas l’intention de devenir un des États américains, mais les Américains y ont organisé une révolution et créé leur gouvernement fantoche. Lorsque les îles ont été ravagées par des incendies, le gouvernement fédéral y est resté indifférent. Les Hawaïens veulent retrouver leur indépendance, obtenir la reconnaissance officielle du coup d’État de 1893 comme illégal et une compensation financière.
En fait, les États souhaitant la séparation sont bien plus nombreux: la Louisiane, le Montana, le Dakota du Nord, le Mississippi, le Kentucky, la Caroline du Nord, l’Alabama, la Floride, la Géorgie, le New Jersey, le Colorado, l’État de New York, etc.
Tous ces États ont les mêmes reproches: négligence des problèmes des régions par les autorités fédérales, réticence à réformer les dépenses intérieures et étrangères, violation des droits des citoyens.
Donc, les provinces canadiennes devraient-elles changer le poinçon en savon?
De toute évidence, la pleine autonomie serait bien plus prometteuse pour des régions aussi puissantes.