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Prudencia Mbiadjeu – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL FDV
L’Association du Centre communautaire de la Rive-Sud (ACCRS), présente depuis 2006 à Cookville, est devenue un véritable cœur battant de la région. À travers ses activités culturelles et communautaires, l’organisme vise à rassembler les communautés qui composent ce vaste territoire.
Originaire du Maroc, Marouan Aboukar est le directeur général du centre depuis près d’un an et demi. Afin de mieux cerner les enjeux et la configuration communautaire de la région, quelques questions lui ont été posées.
PM: Quel est le rôle de l’ACCRS?
MA: En fait, notre association, elle offre des services et aussi des ateliers, des spectacles, etc.
En fait, tout ce qu’on offre est destiné à la communauté francophone et francophile de la Rive-Sud.
On a un programme de garde avant et après l’école qu’on offre à la communauté. C’est pas vraiment gratuit, mais c’est à un prix très bas.
Et puis on a aussi […] des locaux qu’on a ici, à savoir le gymnase, la cafétéria, la bibliothèque, etc., même la salle du centre communautaire qu’on loue à la communauté.
Puis, ça nous permet de générer un peu de revenus pour qu’on puisse travailler, on va dire, en plus des subventions qu’on reçoit bien sûr.
PM: Comment décririez-vous la population de la Rive-Sud? Diriez-vous qu’elle est diversifiée?
MA: Oui. Alors, on a une sacrée diversification, si je me permets.
Donc, en fait, il y a les Acadiens et puis il y a aussi beaucoup de francophones qui viennent des pays d’Afrique, de l’Europe. Il y a même des Québécois qui se sont installés ici depuis plusieurs années et qui sont toujours là.
Donc il y a vraiment une diversification et c’est vrai qu’on voit de plus en plus de francophones qui arrivent, surtout ces deux, trois dernières années.
PM: Quelle est la langue dominante sur la Rive-Sud? Le français ou l’anglais?
MA: Alors c’est vraiment l’anglais qui domine.
Donc c’est pour ça qu’on est là et qu’on propose beaucoup. Enfin, on essaie de proposer vraiment le maximum d’activités qu’on peut avec les budgets et les subventions du fédéral, de Patrimoine canadien qu’on reçoit, puis les revenus que nous on génère.
C’est vrai que c’est l’anglais qui domine, mais on essaie, on va dire, de faire revenir le français.
PM: Offrez-vous des services permettant de faciliter l’intégration des nouveaux arrivants ou projetez-vous de le faire?
MA: On essaie au maximum.
C’est vrai que ça a été offert auparavant, avant mon arrivée, bien sûr. Je pense même avant Covid, le centre offrait des cours de français pour les adultes.
Là, on essaie de remettre ça en place.
Donc toutes nos activités sont en français. Il n’y a aucune activité qu’on offre qui est en anglais ou dans une autre langue, mais c’est spécialement français.
Donc voilà, c’est vraiment pour aider la communauté à renouer avec ses liens avec la langue française.
PM: Avez-vous observé des besoins clés chez les nouveaux arrivants qui passent par vous?
MA: C’est surtout en fait les francophones qui viennent d’arriver ici, qui cherchent un travail en français parce qu’ils ne maîtrisent pas très bien l’anglais. Donc il y a surtout ça.
Il y a aussi des familles, on avait déjà eu ce cas-là, qui veulent venir s’installer ici. Alors au moment où il nous parlaient étaient encore à l’étranger et donc, en fait, ils cherchaient de l’aide pour trouver un logement, pour trouver un travail avant qu’ils arrivent ici. Et le souci, c’est qu’en fait il n’y a que nous, puis il y a l’école aussi qui peut offrir des postes en français.
C’est vrai qu’il y a quelques personnes, mais c’est très rare qu’on trouve une personne qui cherche un francophone.
Donc c’est ça, c’est ça le plus gros défi qu’on a, au début, surtout avec les nouveaux arrivants. C’est surtout trouver un travail en français et puis s’installer.
PM: Quelle origine est, selon vous, majoritaire parmi les nouveaux arrivants?
MA: Alors, statistiquement parlant, je n’ai pas de chiffre exact.
Mais je veux juste dire ce que je remarque.
Donc il y a beaucoup d’Africains, tous pays confondus, que ce soit du Maroc, de l’Algérie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, etc.
Il y a aussi des Français. Mais en fait, on a un peu de tout, si on peut dire ça comme ça, mais pour répondre exactement à votre question, c’est qu’il y a beaucoup plus de personnes africaines qui viennent que d’autres.
PM: Comment parvenez-vous à créer un sentiment d’appartenance pour ces personnes qui viennent d’arriver?
MA: Je reviens à l’exemple du pot musical, par exemple. Donc là, c’était pas un potluck musical vraiment acadien ou français, ou africain ou quelque chose comme ça.
Mais ça englobe tout le monde. Donc voilà, moi, je prends un exemple concret d’une personne française qui est venue avec son plat français et qui nous présentait son plat et nous racontait l’histoire de son plat.
Puis, par rapport à la musique aussi, c’est la même chose. Donc pour la musique aussi, on fait pareil. Donc nous, en fait, lors de nos évènements, on essaie de garder un équilibre. On essaie de donner la chance à tout le monde de présenter, de se sentir fier d’où il vient et puis de faire découvrir sa culture, ses traditions, etc. aux autres personnes qui ne connaissent pas cette culture là, ou ces traditions-là.
PM: Comment assurez-vous la communication avec les différentes communautés que vous desservez?
MA: Alors justement, nos stratégies de communication sont en train de changer parce que ce qu’on faisait auparavant — j’ai remarqué depuis mon arrivée en poste — ne suffisait pas parce qu’il y avait beaucoup de personnes qui ne recevaient pas l’information.
Donc normalement, ce qu’on utilise actuellement, c’est les réseaux sociaux et puis on contacte aussi les personnes par courriel et parfois par téléphone.
Actuellement, on suit une formation et un accompagnement à ce sujet-là et, normalement, ça va s’améliorer très bientôt.
PM: Communiquez-vous avec d’autres organismes clés dans certaines communautés pour assurer le relais des informations?
MA: Effectivement.
Premièrement avec l’école, parce que l’école, en fait, elle a une liste.
Ça nous permet de toucher un peu plus de personnes. Et puis, à part l’école francophone qui est là, l’école de la Rive-Sud, on travaille aussi beaucoup avec le Musée de Lunenburg.
Et puis, quand il s’agit d’un évènement qu’on organise en partenariat avec d’autres organismes, eux aussi, ils publient.
PM: Quels sont les défis auxquels l’ACCRS est confrontée afin de pouvoir améliorer ses services?
MA: On parle des défis actuels, c’est surtout la communication.
On peut parler aussi du côté financier un peu, des budgets, etc., mais c’est surtout la communication.
Donc c’est surtout ça, en fait, qui pose un défi pour nous actuellement et qu’on cherche à améliorer le plus rapidement possible.
