le Mercredi 3 juin 2026
le Jeudi 2 avril 2026 7:00 Rubrique - Les visages de la Vallée

Comme si j’étais en France…

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Jean-Pierre à son kiosque au marché fermier de Wolfville. — PHOTO: France Thériault
Jean-Pierre à son kiosque au marché fermier de Wolfville.
PHOTO: France Thériault

Ce n’est pas tous les jours que j’ai le plaisir de trouver des gâteries et gourmandises françaises, maintenant que j’habite en Nouvelle-Écosse. Quelle magnifique découverte ce fut de rencontrer Jean-Pierre, un Européen aux nombreux talents culinaires, qui nous offrent ces délicieuses créations, tous les samedis, à Wolfville.

Comme si j’étais en France…
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Type de contenu: Rubrique

QUESTION-RÉPONSE:

FT: Comment te décrirais-tu en quelques mots?

JPG: Jean-Pierre Grégoire, propriétaire de la pâtisserie Gourmandises Avenue Chocolaterie, ouverte depuis 2003. Nous sommes localisés sur Cole Harbour, où nous avons un petit magasin. Depuis 2004, nous sommes au marché fermier de Wolfville.

FT: Quelle est ta formation professionnelle?

JPG: J’ai une formation de pâtissier, chocolatier, glacier et confiseur. 

FT: D’où te vient ton inspiration en cuisine?

JPG: Nous avons une belle gamme de pâtisseries françaises traditionnelles et classiques. On ajoute des produits locaux et saisonniers, comme le sirop d’érable, les bleuets et les camerises dans certaines de nos pâtisseries. «Le Paris Brest» et «L’Opéra» sont les deux incontournables.

FT: Parle-moi de cette aventure au Canada?

JPG: Je suis français d’origine. Je suis né au nord de Lyon, dans un petit village d’environ 800 habitants. J’ai découvert la Nouvelle-Écosse en 1988 alors que j’étais chef pâtissier au Keltic Lodge pour la saison estivale. Pendant plusieurs années, je suis retourné comme pâtissier au Cap-Breton durant l’été et je retournais exercer mon métier dans les Alpes françaises durant les six mois suivants. Dans les années 2000, je voulais me stabiliser et demeurer ici en Nouvelle-Écosse. Ma partenaire et moi avons décidé de nous établir dans la région d’Halifax pour ouvrir notre entreprise.

FT: Depuis combien de temps as-tu un kiosque au marché fermier de Wolfville?

JPG: J’ai commencé avec un petit stand à l’extérieur en 2004. D’année en année, j’ai construit ma clientèle, 22 ans plus tard, j’ai une clientèle fidèle. L’été, il y a les touristes qui s’arrêtent pour me visiter. 

FT: En tant que commerçant français, comment décrirais-tu ta relation avec tes clients?

JPG: Auparavant, j’étais en cuisine, donc je n’avais pas à avoir de contact avec les clients. En ouvrant notre pâtisserie, j’ai dû développer cet aspect; parler aux clients et savoir vendre mes produits. Le fait d’être Français et de vendre des produits français, je pense que ça fait déjà une part du marché. J’ai des clients anglophones qui viennent et qui veulent pratiquer leur français. J’adore parler avec eux. D’autres clients ont voyagé en Europe et ils prennent plaisir à retrouver les mêmes choses qu’en France. Certains ont envie de découvrir d’autres choses. Il y un «petit charme» qui attire les gens à venir me rendre visite. Après tout, la France est reconnue pour sa gastronomie. Les gourmandises sont des petites gâteries à s’offrir occasionnellement et mes clients viennent acheter leurs produits préférés, et aussi essayer certaines de mes nouveautés saisonnières.

FT: Quelle expression française utilises-tu souvent?

JPG: Merde, ou merde alors! 

FT: Y a-t-il une chanson que tu souhaiterais partager avec nous?

JPG: Pas nécessairement une chanson, mais, depuis notre arrivée ici, nous avons découvert plusieurs artistes québécois: Daniel Bélanger, Ariane Moffatt, Ingrid St-Pierre, Luc De Larochellière, Beyries, Cœur de pirate, Fred Pellerin et Les Sœurs Boulay. Le «Petit Béliveau» (P’tit Belliveau) est un artiste acadien qui nous plait. 

FT: Comment décrirais-tu ta relation avec la langue et la culture françaises?

JPG: À la maison, nous parlons français, nous mangeons français et nous écoutons la radio française.

FT: Quel endroit aimerais-tu nous faire découvrir?

JPG: J’ai travaillé 15 ans au Cap-Breton, donc c’est vrai que j’ai toujours un petit faible pour cet endroit. Cap Nord, entre Ingonish et Chéticamp, et Pleasant Bay sont parmi mes coins préférés, mais il y en a aussi plusieurs autres.

FT: Quelle activité pratiques-tu lorsque tu veux te détendre?

JPG: Je prends ma brouette et je vais faire du jardinage.

FT: Quelles suggestions offrirais-tu à une personne qui souhaite progresser en français et gagner en confiance à l’oral?

JPG: Il faut se lancer, même si tu sais que tu vas faire des grosses boulettes — erreurs —, car, si la personne en face de toi veut te comprendre, elle va arriver à le faire. Elle pourra aussi t’aider. Il faut mettre ses scrupules derrière soi. C’est dur de passer cette barrière, et pas seulement dans l’apprentissage d’une autre langue.

FT: Lorsque tu penses à l’avenir de la langue française en Nouvelle-Écosse, es-tu optimiste, pessimiste, neutre ou indifférent? 

JPG: Depuis 25 ans, on entend ce discours: «Attention à la langue française!» Je constate qu’il y a eu beaucoup d’efforts fait par les Acadiens, les francophones, pour avoir des services publics en français et pour avoir accès à des écoles francophones. Le français en milieu minoritaire fait partie de notre réalité. Heureusement, plusieurs personnes s’engagent activement pour maintenir et sauvegarder la langue française en Nouvelle-Écosse.

Je suis ravie que Jean-Pierre soit venu s’installer ici en Nouvelle-Écosse, et je ne suis pas la seule à le penser.  Chaque weekend, plusieurs personnes font la queue pour acheter des gâteries et avoir le plaisir de converser en français avec Jean-Pierre. À découvrir «Le Crémeux des Salins», à savourer allègrement sur une glace à la vanille!

J’adore ce caramel à la fleur de sel, avec une glace ou en accompagnement avec une petite pâtisserie. 

PHOTO: France Thériault

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Corrections:

le Mardi 7 avril 2026 11:39:

4e réponse de l’entretien: […] Je suis né […]