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le Mercredi 25 mars 2026 11:00 Nos communautés - Clare

La salle Marc-Lescarbot fera peau neuve

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Le théâtre Salle Marc-Lescarbot, au campus de Pointe-de-l’Église, avant la grande annonce de l’après-midi.  — PHOTO: Jean-Philippe Giroux
Le théâtre Salle Marc-Lescarbot, au campus de Pointe-de-l’Église, avant la grande annonce de l’après-midi.
PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Une somme totale de plus de 320 000 $ permettra de revitaliser le théâtre Marc-Lescarbot afin de renforcer l’offre artistique et culturelle à la Baie Sainte-Marie. Ce sera le premier projet de rénovation majeur de cette salle depuis sa création, il y a 40 ans.

La salle Marc-Lescarbot fera peau neuve
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Type de contenu: Actualité

Il s’agit d’un financement non remboursable de 200 000 $ de la part du gouvernement fédéral, par l’entremise de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA), et d’une contribution de 120 280 $ en provenance de l’Office des affaires acadiennes et de la francophonie. 

Cet argent fait partie des premières phases d’un projet de la Société acadienne de Clare (SAC), en collaboration avec l’Université Sainte-Anne, pour donner à cette salle un peu d’amour et un nouveau départ. 

Y a point de raison que nous autres, on mérite point une bonne salle.

— Natalie Robichaud

«On mérite une salle, lance Natalie Robichaud, directrice générale de la SAC. D’autres régions ont des belles salles qui fonctionnent. Y a point de raison que nous autres, on mérite point une bonne salle. Donc, pour moi, c’était juste une question de temps, pis bien faire le travail. Pis bien enligner les affaires.» 

La première étape sera le remplacement des lumières, soit autour de 75 % de ce qui est installé en ce moment dans la salle. 

Par la suite, ce sera de moderniser le système sonore et, éventuellement, d’acheter un lift (élévateur de scène) pour accéder plus facilement au haut de la salle, afin d’effectuer les travaux d’entretiens annuels et régler les problèmes techniques plus aisément. 

L’un des défis est d’adapter la salle en fonction de la discipline dominante de ces artistes, car chaque salle répond à des besoins différents, fait comprendre la directrice générale. 

Dans le cas de Clare, le théâtre de la Pointe doit répondre à une offre artistique multidisciplinaire, tant pour des spectacles professionnels que pour des récitals de danse. 

Des personnalités acadiennes étaient à l’Université Sainte-Anne, le 19 mars, pour l’annonce du financement pour le théâtre de l’Université. De gauche à droite: Kenneth Deveau, recteur et vice-chancelier de l’Université Sainte-Anne, Chris d’Entremont, député fédéral de Acadie-Annapolis, Ryan Robicheau, député provincial de Clare, et Natalie Robichaud, directrice générale de la Société acadienne de Clare. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Pas tout à fait à jour

Le musicien Marcel Aymar, qui a beaucoup d’expérience en tant que directeur technique et programmateur, a effectué une étude en juin dernier pour la SAC. Ce rapport a aidé la Société à rendre son projet de revitalisation plus convaincant vis-à-vis des bailleurs de fonds. 

Le but était de déterminer quelles parties de la salle doivent être modernisées pour qu’elle exploite tout son potentiel et pour la rendre plus accessible, pour les résidents qui veulent faire du théâtre local ou des spectacles communautaires. 

En conversant avec des utilisateurs du théâtre, il a pris note d’un des plus grands défis: il faut travailler avec du vieil équipement, dont plusieurs pièces en mauvais état. 

Pour moderniser le théâtre, il faudrait, selon le rapport, mettre à niveau le système sonore, obtenir ses propres microphones, bonifier le rangement de l’équipement et, avec un peu de chance, former une équipe technique qui connait bien la salle. 

«Daté et parfois pas utilisé, comme le système de son surround, l’équipement est souvent inadapté aux besoins des spectacles. Par exemple, le placement des hautparleurs directement sur la scène est problématique, notamment pour des spectacles de danse et de théâtre», est-il écrit. 

«De plus, il y a un manque d’équipement essentiel (microphone, pieds de micro, etc.). Cela force les utilisateurs à louer du matériel supplémentaire pour chaque représentation, et potentiellement à collaborer avec des techniciens non désirés», ce qui ajoute des frais au budget qui n’existerait pas si l’équipement était disponible ou à jour, ajoute en entretien Natalie Robichaud. 

«Pour optimiser l’utilisation de la salle, nous recommandons un remplacement complet de l’inventaire sonore, incluant l’acquisition de microphones, pieds de micro, boites direct, câbles XLR et multipaires», complète l’auteur. 

La SAC recommande aussi de faire la transition vers les systèmes d’éclairage DMX et d’utiliser des DEL (LED), pour pouvoir changer plus facilement la couleur des lumières lors des spectacles. À l’heure actuelle, il faut placer, à la mitaine, des gélatines de couleurs sur l’éclairage conventionnel lors des spectacles. 

Le théâtre Salle Marc-Lescarbot fera partie d’un grand projet de revitalisation, qui comprendra un remplacement de l’éclairage et de l’équipement sonore. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Pour étudiants et résidents 

L’Université Sainte-Anne souhaite offrir une meilleure expérience aux organismes communautaires, mais aussi aux artistes et aux équipes techniques, qui correspondent aux normes professionnelles du domaine des spectacles. 

La salle Marc-Lescarbot n’est pas un simple théâtre. Il a été nommé en l’honneur de Marc Lescarbot, un avocat parisien, écrivain et dramaturge qui a fait son chemin vers l’Acadie en 1606. Il a présenté la même année à Port-Royal sa pièce, Théâtre de Neptune, soit le premier spectacle de ce genre en Amérique du Nord. 

Dans la lignée de cet héritage, depuis des décennies, la salle sert de lieu de rassemblement communautaire et de rayonnement artistique pour l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. 

«Elle est emblématique pour la communauté acadienne de Clare», dit Natalie Robichaud. «Il était essentiel pour nous de lui donner un moyen de continuer à jouer ce rôle pour plusieurs années à venir», ajoute-t-elle. 

Kenneth Deveau, recteur et vice-chancelier de l’Université Sainte-Anne, précise que Sainte-Anne souhaite offrir davantage d’arts et de culture dans la communauté, et surtout en français, à travers son partenariat avec la SAC. 

La revitalisation de la salle permettra de s’assurer qu’elle demeure un lieu de rassemblement pour les étudiants et le personnel de l’Université, mais aussi pour la population de Clare, poursuit le recteur. 

L’année dernière, l’Office des affaires acadiennes et de la francophonie a donné un octroi à la SAC pour remplacer son projecteur défectueux, qui est tombé en panne en 2024 lors du Congrès mondial acadien. Ce fut un premier pas vers la modernisation du théâtre. 

L’entrée du théâtre de Sainte-Anne, au Rendez-vous de la Baie. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Faire vivre une tradition 

Chris d’Entremont, député fédéral de Acadie-Annapolis, déclare que la préservation du théâtre est importante pour s’assurer que la culture acadienne locale continue d’être partagée, célébrée et transmise aux générations futures. 

Au cœur de la communauté depuis longtemps, il rappelle que la salle Marc-Lescarbot a accueilli plusieurs spectacles, notamment les productions des Araignées du boui-boui, une troupe de théâtre qui a vu le jour en 1971, ainsi que divers spectacles de danses locales et projections de films. 

Un lieu vivant de création, d’expression, d’apprentissage et de transformation, le musicien Sébastien Dol a été grandement influencé par ses années dans la salle, avec les Araignées du boui-boui. «C’est ici que, moi-même, j’ai vécu certaines expériences les plus formatrices de ma vie.»

Une troupe légendaire — ayant marqué des générations de comédiens acadiens — qui l’a aidé à forger son identité en tant qu’artiste et en tant que personne. Il se remémore notamment de sa participation à la production de la pièce Évangéline, lui ayant permis de voyager le monde. 

Ces pièces représentent des souvenirs fondamentaux pour lui, mais aussi un rappel de ce que les artistes de Clare sont capables d’accomplir, d’où l’enthousiasme autour de la modernisation de la salle Marc-Lescarbot. 

Les grosses têtes de Clare, des marionnettes très populaires lors des tintamarres et des festivités acadiennes, décorent le Rendez-vous de la Baie. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Type: Actualités

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Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

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