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«Une population qui a une radio est libre de parole.»

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  PHOTO: Caroline Eymond Laritaz - Unsplash
PHOTO: Caroline Eymond Laritaz - Unsplash

La radio, un des plus anciens médias au monde, est fêtée tous les 13 février. À fonctions multiples, ce compagnon de route informatif, divertissant et éducatif fait sa première apparition institutionnalisée, il y a un siècle, en Nouvelle-Écosse.

«Une population qui a une radio est libre de parole.»
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Type de contenu: Actualité

En perpétuelle renaissance et en évolution continue, ce moyen de communication, malgré tous les défis de l’ère numérique, n’est jamais obsolète. 

D’ailleurs, l’UNESCO a retenu pour cette année le thème «la radio et l’intelligence artificielle (IA)». Selon cette organisation onusienne, «la technologie ne peut à elle seule instaurer la confiance».

Dans cette optique, elle proclame que «l’IA est un outil, pas une voix».

Qu’en disent alors les professionnels de la radio? Comment ce média continue-t-il de jouer un rôle important dans les communautés?

Pour Sébastien Thériault, premier chef de l’information et de la programmation à Radio-Canada pour la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador, «la radio, c’est là où l’on entend exprimer des idées, réfléchir à voix haute».

Il constate que ce moyen de communication, survenu depuis la fin du XIXe siècle, est «extrêmement résilient et le plus vieux des médias électroniques». Il remarque que «la radio est toujours pertinente».

Toutefois, de nos jours avec Internet, «on l’écoute et la suit de différentes façons», dit-il. À son avis, «les balados (podcasts) sont essentiellement de la radio, des gens qui se parlent et qui ont des propos à partager».

Une voix et une responsabilité

Laurent de Lavenne, directeur général de C-MÉDIAS, qui comprend C105, C98 à Halifax, C93 et C90, souligne qu’en cette journée internationale de la radio, «il est important que tous les francophones de milieux minoritaires se souviennent de ce que représente une radio pour une communauté».

Selon lui, il est vrai «qu’une radio, c’est de la musique, des émissions, des employés, des bénévoles, mais c’est avant tout la voix d’une population; c’est la voix de la liberté».

Il souligne aussi qu’«une population qui a une radio est libre de parole».

Selon lui, ce moyen de communication requiert une rencontre, un échange avec les gens et de la chaleur humaine, de la réflexion et de la créativité au quotidien, ce que l’IA ne pourrait jamais assurer. 

«L’intelligence artificielle est un outil, beaucoup de gens l’utilisent, mais peu savent l’utiliser à bon escient», selon lui.

«En cas de guerre, le seul média qui peut continuer de fonctionner, c’est la radio. Les ondes FM ne sont pas impactées, contrairement à Internet.»

2026, un centenaire d’évolution et de diversité

Bien que la première radio dans les maritimes fut instituée en 1920, à Charlottetown, c’est en mai 1926 que la première station radio CHNS a été fondée à Halifax

Radio-Canada a fait son entrée dans la province en 1987 depuis Moncton via CBAF-FM-5.

Les stations acadiennes et francophones communautaires ont, à leur tour, successivement vu la lumière. En 1991, Radio CKJM a diffusé pour la première fois depuis Chéticamp. 

De nos jours, une multitude de radios desservent la province, dont Radio CIFA (sud-ouest), CITU (Richmond) et C médias (maritimes).

Maintenir la flamme de la francophonie

Pour Laurent de Lavenne, la passion pour la radio «est avant tout une passion pour la communauté et la langue».  C’est vouloir «être garant de la langue française qui ne meurt pas». 

Pour Sébastien Thériault, tous les francophones au Canada ont «la responsabilité de valoriser et de protéger leur langue», ce qui est aussi de «la responsabilité des médias publics».

Je ne le dis pas chaque jour, mais je le dis aujourd’hui: la radio, c’est le plus beau métier.»

— Sébastien Thériault

«Je ne le dis pas chaque jour, mais je le dis aujourd’hui: la radio, c’est le plus beau métier», s’exclame-t-il.

Il souligne qu’il travaille avec une équipe de passionnés. «Mon expérience, depuis deux ans et demi, en Nouvelle-Écosse, dans les services français auprès de communautés linguistiques minoritaires, est positive. Mon souci demeure de rester pertinent.»

M. de Lavenne évoque la même passion pour la radio: «Ça peut sembler fou, mais quand on n’a pas peur des défis, la radio, c’est extraordinaire.» 

Bref, «avoir une radio de communauté avec des membres et un conseil administratif est une force extraordinaire non négligeable», commente le directeur général. 

Ce média «permet de procurer de l’information, de la publicité, d’offrir de l’emploi et du divertissement. Il fait jouer des artistes locaux et permet aux jeunes de s’exprimer.»

Sans équivoque, M. Thériault et M. de Lavenne s’accordent sur le fait que ce vieux média «renait toujours de ses cendres», malgré toutes les contraintes du monde contemporain. 

Type: Actualités

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