Type de contenu: Q&R
Q: Comment utilisez-vous l’IA en ce moment?
Avree Landry: J’utilise un peu pour l’école, juste pour comprendre des choses. Ça ne fait pas mon travail pour moi, je l’utilise juste pour aider à comprendre à l’école […] J’utilise des apps qui m’aident à comprendre comment faire un certain problème de maths ou ça aide à me donner des idées dans mon cours de français pour quelque chose à écrire.
Zackym Deschamps: En ce moment, c’est très rare que j’utilise l’intelligence artificielle. Si je suis pour l’utiliser, j’essaie de rester assez éthique avec comment je l’utilise. Je ne laisse pas l’intelligence artificielle influencer mon travail, mais plutôt un peu démarrer mes brainstorms et peut-être m’aider peut-être à centraliser sur mes idées.
Q: À quel moment as-tu réalisé pour la première fois que l’IA faisait partie de ta vie quotidienne?
Zackym Deschamps: Avec Google Gemini et les choses de même, quand j’ai commencé à faire une recherche, à un moment donné, j’ai remarqué que ça me montrait un petit blogue et ça me donnait un petit bloc d’information. C’est là que j’ai réalisé que je n’ai même pas demandé pour ça, mais ça m’a donné ça quand même. C’était kind of nice, mais en même temps, c’est là que ça m’a fait réaliser que c’est settled in.
Avree Landry: C’est sur Facebook. C’est toutes des vidéos IA à propos des choses qui sont random. Aussi, mes camarades disent beaucoup: «Oh, je vais juste utiliser de l’IA pour m’aider sur ceci», puis c’est quand j’ai réalisé que c’est une grosse chose maintenant qu’on utilise.
Q: Selon toi, est-ce que l’IA comprend ton français?
Avree Landry: Je ne pense pas que l’IA peut vraiment comprendre qu’on va back and forth du français à l’anglais. Ça comprend plutôt le français de la France ou des autres régions qui parlent français, mais pas vraiment l’acadien.
Zackym Deschamps: Je dirais que oui. La plupart du temps, quand j’écris un prompt ou une question ou quoi que ce soit, je ne vais pas vraiment écrire comment j’écrirais sur Google ou n’importe quel autre outil de recherche. Avec l’intelligence artificielle, je dirais que je vais juste écrire comment j’écrirais un texte, un peu comme avec un ami ou comme avec un parent ou n’importe quoi de même, et ça me comprend parfaitement la plupart du temps. C’est très rare qu’il faut que je reformule ma phrase pour que ça soit un peu moins québécois.
Q: As-tu déjà eu l’impression que l’IA te pousse vers l’anglais ou vers un «français standard»?
Avree Landry: Pour sûr […] Je parle plus le français acadien et on utilise des mots différents, mais l’IA ne comprend pas et ça utilise comme le français standard. Ça me confond des fois que ça utilise des mots que je ne savais pas.
Zackym Deschamps: Je dirais que ça me pousse un peu plus vers un français standard, entre guillemets. Des fois, il faut que je reformule ma phrase, juste pour être sûr que l’intelligence artificielle comprend vraiment ce que je demande. […] Il y a un côté que oui, ça offre une opportunité et je pense que ça offre aussi un risque avec comment on adapte notre français à nous pour que notre outil le comprenne mieux. Quand, en effet, ça devrait être l’outil qui nous comprend mieux.
Q: Qu’est-ce que cela signifierait, pour toi, qu’une IA respecte réellement la diversité linguistique et culturelle?
Avree Landry: Je pense que c’est comme si je peux typer des choses comme français et anglais, pis ça me répond de la même façon et non juste du français «standard». Ça comprendrait comment je parle, ou je peux choisir quel type de français que j’utilise.
Zackym Deschamps: L’intelligence artificielle, ça apprend ce qu’il y a déjà en ligne. Je pense qu’en étant plus ouvert avec qui et ce qu’on est, comme Acadien ou comme Québécois ou quoi que ce soit, si on reste nous-mêmes et qu’on laisse savoir à l’intelligence artificielle comme, «Hey, voici comment on est, voici comment on parle», je pense que c’est de même que l’intelligence artificielle peut plus apprendre de comment on parle et comment on s’exprime et comment on vit.
Q: Qu’aimerais-tu que les adultes, les enseignant(e)s ou les décideurs(euses) comprennent de l’expérience des étudiant(e)s face à l’IA?
Je veux qu’ils comprennent qu’on l’utilise comme un outil d’apprentissage ou si je ne sais pas ce que j’ai besoin de faire, ça peut m’aider.»
Avree Landry: Ça, c’est vraiment une bonne question. Je pense que je veux qu’ils comprennent qu’on n’est pas toujours en train de l’utiliser pour des mauvaises raisons. Ils pensent toujours: «Oh my gosh, s’ils utilisent l’IA, ils l’utilisent pour faire tous leurs projets». Je veux qu’ils comprennent qu’on l’utilise comme un outil d’apprentissage ou si je ne sais pas ce que j’ai besoin de faire, ça peut m’aider. Je feel comme ils disent toujours que l’IA est toute mauvaise, que nous utilisons l’IA pour tous nos projets et qu’on ne veut pas faire notre travail.
Zackym Deschamps: Moi, qu’est-ce que je voudrais dire, c’est de faire sûr que tu es ton jugement bien sur toi-même. Un peu comme, mêle-toi de tes ognons, mais aussi, je dirais juste, on ne devrait pas se battre juste à cause de l’intelligence artificielle. Je pense qu’à la fin de la journée, c’est un sujet très important, mais il faut garder en compte que ce n’est pas comme moi contre toi ou comme le positif contre le négatif. Tout le monde fait sa propre affaire. Et je pense que c’est ça qu’on devrait garder en tête.
