le Vendredi 5 juin 2026
le Jeudi 11 Décembre 2025 9:00 Rubrique - Les visages de la Vallée

Les visages de la Vallée — Iren Hjelkrem

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Iren Hjelkrem, résidente de Wolfville.  — PHOTO: France Thériault
Iren Hjelkrem, résidente de Wolfville.
PHOTO: France Thériault

J’ai fait connaissance avec Iren lorsque je me suis joint à un groupe de personnes qui se rencontraient hebdomadairement pour échanger en français. Étant nouvellement arrivé à Wolfville, Michael, que j’avais rencontré préalablement, m’invita à me joindre à eux pour prendre un café.

Les visages de la Vallée — Iren Hjelkrem
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Type de contenu: Rubrique

Là-bas, je suis entré en contact avec des Québécoises, une Acadienne et Iren, originaire de la Norvège. Celle-ci a vécu la plus grande partie de sa vie en Nouvelle-Écosse. Elle a débuté dans l’enseignement à Kingston, ensuite à Greenwood et finalement à New Minas.  Pour la plupart de sa carrière,  elle a  enseigné en immersion française. 

Je l’ai revu à quelques autres reprises et l’idée de la découvrir me plaisait. J’étais curieuse, je voulais lui poser des questions et aussi d’apprendre à propos de son expérience en tant que personne qui est venue s’établir sur un autre continent avec sa famille, alors qu’elle était encore toute petite.

QUESTION-RÉPONSE

FT: Pourrais-tu te présenter en quelques mots?

IH: Je m’appelle Iren Hjelkrem, je suis née en 1957 en Norvège. On a déménagé en Nouvelle-Écosse en 1962 à cause du travail de mon papa. Ma mère vient de France et mon père est Norvégien. Je suis allée à l’école à Yarmouth, Puerto Rico et Wolfville. J’ai gradué de l’Université Acadia avec un majeur en français et un mineur en espagnol. Par la suite, j’ai fait un BA en enseignement.

FT: Depuis combien de temps vis-tu dans la Vallée?

IH: Je vis dans la Vallée depuis environ 45 ans.

FT: Quelle langue était parlée chez toi lorsque tu étais enfant? 

IH: Norvégien pour commencer, le français durant un an, lorsque nous avons habité en France, et éventuellement l’anglais. Ma mère m’a aidé avec mes devoirs en français de base.

FT: Comment utilises-tu la langue française dans ta vie de tous les jours?

IH: J’essaie de parler en français autant que possible. Je l’utilise avec toi, Michael et aussi lorsque je fais de la suppléance à l’école.

FT: Quelles sont tes expressions françaises préférées?

IH: «Zut», «tu es dans la lune», «je suis très bien dans ma peau».

FT: Quels proverbes adores-tu?

IH: «C’est en forgeant qu’on devient forgeron» et «petit à petit, l’oiseau fait son nid».

FT: Quelle chanson voudrais-tu partager avec nous?

IH: «Dominique» de Singing Nun

FT: Que t’apporte le fait d’être francophone? 

IH: D’être capable de parler plus qu’une langue, c’est comme un cadeau. C’est incroyable! Je suis fière de moi-même. Ça fait partie de ma vie. Ma mère vient de France. J’adore le francais, l’espagnol, le norvégien; en fait, j’adore les langues.

FT: Y avait-il, dans ton entourage, une personne qui partageait ta passion de la culture française?

IH: Je dirais probablement ma mère. Si je pouvais retourner en arrière, dans le temps, je voudrais parler en francais avec elle. Dans notre vie, nous avions une personne que l’on surnommait Mademoiselle. Celle-ci est venue de France avec nous. Elle a été une jeune fille au pair dans notre famille. Elle a aussi eu le rôle de tutrice pour certains membres de ma famille. Elle m’inspire encore aujourd’hui à parler en français, elle m’envoie des courriels en français. Elle a 81 ans, elle est toujours aussi coquette et je l’adore.

Je voudrais inspirer mes petits-enfants à parler le français.

FT: Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut apprendre à s’exprimer en français? 

IH: La meilleure façon d’apprendre le français ou d’apprendre toutes autres langues, c’est de vivre parmi les gens qui parlent la langue (vivre dans une famille d’accueil). Il faut aussi étudier la grammaire.

FT: Que faudrait-il faire pour aider et soutenir les élèves qui fréquentent le programme d’immersion française? 

IH: Les élèves qui sont dans le programme d’immersion viennent souvent de famille anglophone. Il faudrait offrir du soutien aux parents et aux enfants à l’extérieur de l’école.

Pour moi, je peux parler en français maintenant, mais j’ai dû apprendre le français à nouveau lorsque j’étais à l’université. C’était toujours là, mais j’avais besoin de m’exprimer, d’écrire et de lire.

FT: De quelle manière partages-tu la langue française avec tes petits-enfants?

IH: Ce que je fais avec mes petits-enfants, c’est de leur parler en français. Ils ne me comprennent pas du tout, mais je traduis tout, à chaque fois. Leur maman parle en français.

Apprendre une deuxième langue, comme le français, la maitriser et pouvoir s’exprimer avec aisance dans un milieu minoritaire représente de grands défis. Je suis heureuse de constater qu’Iren souhaite léguer ce cadeau à ses petits-enfants. Certains d’entre vous ont perdu le français à une époque et l’ont réappris. Être fier de parler français est un sentiment unanime parmi tous les gens interviewés et c’est aussi un plaisir que je partage avec vous, chers lecteurs. 

C’est pourquoi je suis emballée à l’idée de vous inviter à vous assoir confortablement afin de découvrir Les visages de la Vallée, une série de profils de gens, comme vous et moi, qui vivent en français ou qui ont une passion pour cette langue.

Type: Rubrique

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