Le but est de permettre aux apprenants de posséder le français comme langue seconde afin de parler les deux langues officielles du Canada. De plus, les apprenants ont la possibilité de poursuivre leurs études universitaires en français.
«Je travaille pour le programme depuis 1999, mais j’en suis devenu directeur en 2017», précise Luc Tardif, l’actuel directeur de ce programme. Il croit que le programme d’immersion de Sainte-Anne permet à ses étudiants anglophones de s’exprimer clairement en français.
Par ailleurs, le succès du programme à Sainte-Anne trouve son écho tant au Canada qu’en dehors du pays. «Nous avons des étudiants venant de toutes les provinces du Canada, particulièrement en Ontario, qui est d’ailleurs la province la plus peuplée, souligne M. Tardif. Sainte-Anne reçoit aussi des étudiants étrangers, particulièrement des États-Unis.»
À l’opposé de beaucoup d’autres universités offrant ce programme, Sainte-Anne se trouve dans une région rurale, où vivent beaucoup d’Acadiens et de francophones. D’après le directeur, cet aspect géographique contribue au succès de ce programme.
Il affirme que l’environnement de Sainte-Anne permet aux étudiants de pratiquer le français au quotidien, sans subir l’influence d’un grand environnement anglophone. «Nos étudiants restent au quotidien sur le campus. Ils n’ont pas trop d’options de sortir comme dans les grandes villes. Cela leur permet de se concentrer sur leur apprentissage», précise-t-il.
M. Tardif croit aussi que la programmation que propose l’université aux apprenants contribue au succès de l’immersion. «En plus des cours de français, nous offrons des jeux et des spectacles à nos étudiants en français, des soirées au château et d’autres activités. En un mot, nous avons une programmation très riche et variée, précise-t-il. En outre, les professeurs restent sur le campus près des étudiants.»
En ce sens, le directeur du programme croit que l’immersion de Sainte-Anne est la meilleure au Canada. «Aujourd’hui je pense vraiment que ce programme est l’un des meilleurs programmes d’immersion française dans la galaxie et je suis persuadé que c’est au moins le meilleur au Canada.»
Le directeur du programme de l’immersion à Sainte-Anne est d’avis que la communauté de Clare contribue à ce succès. «Quand nos étudiants vont dans les épiceries de la place, on les accueille en français. Ils sont servis dans la langue qu’ils apprennent, raconte-t-il. Les employés sont très patients avec eux parce que les gens de la communauté savent que le programme existe. C’est très important pour nous.»
Aussi encourageant que cela puisse paraitre, à Sainte-Anne, pendant toute la durée du programme d’immersion française au printemps et en été, des pénalités sont réservées aux étudiants qui s’expriment en une autre langue. M. Tardif croit qu’avec cette mesure, les étudiants ne se concentrent que sur la langue française.
Cette année, le programme de Sainte-Anne touchera à la francophonie mondiale. «Cette année, on aura dans les enseignements des accents congolais, des accents marocains, des accents acadiens de la région, des accents acadiens d’ailleurs, des accents québécois et des accents français. C’est un grand avantage qu’on a cette année», souligne-t-il.
Toutefois, il faut souligner qu’en dépit du succès que connait ce programme à Sainte-Anne, il a du rattrapage à faire depuis la Covid. «Nous avons raté deux années à cause de la Covid. Et depuis notre retour, il y a une baisse au niveau des inscriptions à ce programme.»
Toutefois, cette baisse n’affecte pas la programmation, encore moins les résultats. Au contraire, «le programme donne une certaine notoriété tant à Sainte-Anne qu’à la communauté de Clare», conclut M. Tardif.