Type de contenu: Analyse
Cet évènement rassembleur a historiquement fait preuve de la philosophie du par et pour, débutant avec des cris de ralliement provenant du Conseil jeunesse provincial de la Nouvelle-Écosse (CJP et CJPNE), qui demandait un tel évènement pour réunir les jeunes leaders de la province.
Maintenant, l’évènement est géré majoritairement par le CSAP avec de l’appui provenant du CJPNE. Le Forum est un espace pour les jeunes leaders de se rencontrer, réunir et avoir des formations ensemble pour mieux occuper leurs divers postes et mieux entreprendre leurs nombreuses initiatives.
D’habitude, cet évènement a eu lieu au Centre d’hospitalité de Debert, mais, avec sa fermeture récente, il a eu lieu pour la première fois au camp de Big Cove.
Pour Kevin Lemieux, responsable du leadership jeunesse au CSAP, cette année a été sa quatrième édition vécue en tant qu’organisateur.
Le Courrier lui a demandé quel était son moment préféré du Forum: «Je ne sais pas si je peux mettre mon doigt sur un moment spécifique. Pour moi, je pense, c’est juste de revoir des jeunes, année par année, qui reviennent [et] qui sont impliquées dans leurs écoles, et de les voir grandir.»
«Certains d’entre vous, je vous vois [ici] depuis la huitième [ou] neuvième année et maintenant, vous êtes sur le bord de partir pour votre postsecondaire, donc, je pense que c’est ça que j’aime.»
M. Lemieux recommande ainsi aux jeunes francophones et aux élèves du CSAP de participer activement à leur francophonie et d’oser de vivre ces expériences offertes à eux par le CSAP ou autrement — de trouver les autres qui s’intéressent à des référents similaires, mais qui viennent de tous les horizons, de trouver du monde qui sont passionnés et avec qui ils peuvent s’épanouir et grandir ensemble.
D’après Yasser Toumir, élève de la 10e année à l’École secondaire de Mosaïque, participer aux évènements de leadership jeunesse, tel que le Forum, et aux organismes communautaires, tel que son CJE, permet aux jeunes d’avoir une meilleure vie scolaire, dans tous ses aspects.
Pour Cate Capstick, élève de la 12e année au Centre scolaire Étoile de l’Acadie et présidente de son CJE, les ateliers donnés étaient très percutants grâce à leur pertinence. L’on a appris à devenir un meilleur membre de son CJE et à mieux connaître les autres jeunes vivant des situations différents, et ce, pour pouvoir accroître sa propre ouverture sur le monde.
Je recommanderais certainement cette expérience aux autres jeunes, spécialement ceux qui sont francophones, parce que je trouve que c’est vraiment une expérience qu’on [peut seulement vivre] ici et c’est quelque chose que tout le monde devrait avoir la chance de faire.
Monique Witzell, agente de développement scolaire et communautaire à l’École Beau-Port (Isle Madame), ancienne présidente du CJP et l’une des premières finissantes au Centre scolaire Étoile de l’Acadie, a fréquenté l’école Cornwallis à Sydney dès 1990, quand elle a commencé la maternelle. Elle a été parmi les premiers élèves inscrits à l’école.
Jeune, elle parlait anglais à la maison. Elle a pu réapprendre la langue de ses grands-parents grâce au CSAP.
Lorsqu’elle était en 6e année, cette petite école, dans un sous-sol, a évolué rapidement et a déménagé au lieu de l’ancien campus de NSCC, qui est devenu le Centre scolaire Étoile de l’Acadie.
Elle, les élèves de son âge et sa famille ont tous poussé pour une éducation de langue française, pour qu’elle puisse reprendre sa langue et sa culture et pour qu’elle puisse avoir ce diplôme de la 12e année, et cette expérience vécue, tous dans la francophonie.
Après le secondaire, elle a été motivée pour poursuivre ses études en récréologie à l’Université de Moncton.
«Pendant toute ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler pour des institutions françaises […], que ça soit la Ville de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, ou la Fédération du sport francophone de l’Alberta, et aujourd’hui, le CSAP; partout dans mon parcours professionnel, j’ai cherché à faire partie de cette communauté francophone à travers le Canada.»
Elle voulait partager avec nos jeunes lecteurs un message: «Dire oui à la vie, dire oui à toutes les occasions qui peuvent se présenter, particulièrement celles en français — parce que chaque occasion vous amène à enrichir votre construction identitaire, votre cheminement comme jeune, et c’est très, très important.»
Et à tous les parents: «Merci de continuer à mettre vos enfants dans des écoles francophones, pour faire survivre cette belle langue et cette belle culture à travers la Nouvelle-Écosse.»
Quelle est l’importance du principe du par et pour et de son rôle, à l’intersection de la francophonie, de l’éducation et de la vitalité jeunesse? «C’est une grande question, répond-elle, mais je trouve que la racine du CSAP vient vraiment des jeunes — pour moi, le Conseil jeunesse provincial a été un élément fondateur dans le développement de ma construction identitaire.»
«Comme jeune francophone, ça m’a permis de vivre plein d’expériences. Je pense que les jeunes ont beaucoup d’idées, ils voient les choses différemment [et] il faut prendre le temps de les écouter [et] de valoriser leurs idées. Parce que, si on veut avancer, on veut changer — ça sera vraiment cette prochaine génération qui va nous apporter le chemin où aller.»
«Le par et pour, je pense que c’est vraiment important, explique Kevin Lemieux, pas seulement dans le contexte scolaire ici au CSAP, mais en […] général pour la francophonie. Le par et pour, c’est vraiment de donner la place aux jeunes de prendre des décisions, de dire ce qu’ils veulent, puis de le mettre en action — vraiment, par des jeunes, pour des jeunes.
«Je pense qu’on est vraiment bien organisé au CSAP», poursuit-il, ajoutant qu’il «pense qu’on donne vraiment la place aux jeunes, que ça soit avec leurs CJE dans leurs écoles, ou dans d’autres variétés de comités, ou tout autre projet qui se déroule au CSAP».
Yasser Toumir parle de l’importance de l’engagement des jeunes francophones en situation minoritaire: «Je pense [que] l’importance de ce dernier, c’est de montrer à quel point nous sommes forts, même dans une petite communauté. Je pense que cela nous aide à mieux construire nos identités en tant que francophones.»
À travers tous ces témoignages, on y trouve des mentions de la construction identitaire, la valorisation de la langue française et une certaine sécurité et importance consacrée à la voix de la jeunesse.
Le «par et pour» consiste à concevoir et à mettre en œuvre quelque chose — réel ou abstrait, à court ou à long terme — qui s’adresse à un certain groupe de personnes, et à s’être assuré que ces personnes ont participé à sa conception et à sa mise en œuvre
C’est ici qu’on trouve vraiment la relation avec la francophonie contemporaine de la Nouvelle-Écosse. La réalité, c’est que les communautés francophones se réunissent autour des écoles du CSAP, qui ont comme mission d’être créées, élaborées et maintenues pour servir la jeunesse qui les fréquente, et les familles qui les entourent.
Le CSAP décrit dans son plan stratégique de 2024 à 2030 quatre valeurs organisationnelles: l’engagement, l’inclusion, l’innovation et une mentalité de croissance.
Les quatre axes stratégiques, soit le bien-être, la construction identitaire, le leadership efficace et les pratiques efficaces fondées sur des données probantes, ont été présents lors du Forum. Les témoignages ont fait preuve de toutes ces valeurs et ont démontré un certain niveau de réalisation en rapport à ces axes.
Mais maintenant, le congrès pancanadien de l’Association canadienne de l’éducation de langue française s’approche à grands pas et c’est au CSAP, aux employés, aux partenaires communautaires et aux jeunes de la délégation jeunesse de démontrer ce que la Nouvelle-Écosse peut offrir, peut rêver et peut réaliser ensemble.
Nous avons démontré notre capacité de penser vers le progrès. Maintenant, nous devons oser en confiance, pour naviguer dans un avenir plein d’eaux calmes, de courants tempétueux et de mers inconnues.
