le Mercredi 7 octobre 2026
le Mercredi 7 octobre 2026 9:00 Actualités régionales

Smash & Grab: le coup d’éclat de Mike Jones, un documentaire éclairant un pan de l’histoire culturelle terre-neuvienne

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Justin Simms. — PHOTO: John Gaudi
Justin Simms.
PHOTO: John Gaudi

Dans Smash & Grab: le coup d’éclat de Mike Jones, Justin Simms rend hommage au pionnier du septième art terre-neuvien, dont l’influence a marqué tous les cinéastes qui sont venus après, à commencer par lui. Originaire de la province, il en dresse un portrait passionné, où création et pouvoir ont évolué à contre-courant pour en faire une région transformée.

Smash & Grab: le coup d’éclat de Mike Jones, un documentaire éclairant un pan de l’histoire culturelle terre-neuvienne
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Type de contenu: Actualités

Andy Jones — Extrait du documentaire. 

PHOTO: de gracieuseté — ONF

Coproduction de l’ONF et Never Forget Films, en association avec Pearl Productions et Odd Sock Films, Smash & Grab a été présenté lors de la 46e édition de l’Atlantic International Film Festival, en septembre dernier.

Comme les autres longs et courts-métrages dévoilés dans le cadre de cet évènement, ce documentaire de Justin Simms fait acte de mémoire, plongeant les spectateurs dans les luttes politiques et culturelles de la fin des années 70 et du début des années 80, au moment où Terre-Neuve était en pleine expansion et affirmation identitaire.

On y découvre l’engagement des artistes de l’époque — cinéastes, mais aussi écrivains, peintres, plasticiens, etc. — qui militaient pour combattre la mauvaise réputation de «parent pauvre» du Canada associée alors à la province.

Un soulèvement qui a donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui «la Renaissance terre-neuvienne», à laquelle Mike Jones a beaucoup contribué.

La troupe CODCO — Extrait du documentaire. 

PHOTO: de gracieuseté — ONF

Le film se présente à la fois comme un hommage à cette effervescence culturelle qui a considérablement marqué l’histoire régionale, ainsi qu’au rôle de premier plan du réalisateur, sans qui cette dernière n’aurait peut-être pas existé. 

Son parcours fait sensiblement écho à celui de Justin Simms, comme il le fait lui-même remarquer:

«Je suis cinéaste à Terre-Neuve, moi aussi, et depuis longtemps maintenant. Donc, dans l’histoire de Mike, je vois certainement une partie de ma propre histoire. Mike était un cinéaste indépendant. Je suis un cinéaste indépendant. Mike aimait faire des films qui étaient en marge, donc qui n’étaient pas vraiment des productions commerciales. C’étaient de véritables expressions artistiques. Je me suis donc vraiment retrouvé là-dedans.»

Pour autant, Justin Simms raconte qu’il n’était pas un fin connaisseur de ce chapitre de Terre-Neuve avant de se plonger dans la réalisation du documentaire, ayant grandi en ignorant tout de sa culture cinématographique régionale, découverte sur le tard.

[…] c’est un sentiment vraiment formidable de savoir qu’on fait partie d’un continuum et qu’on ne travaille pas forcément dans le vide, mais qu’on enrichit et perpétue une tradition créative.

— Justin Simms

«J’ai vraiment appris tout ce qui s’était passé avant que j’en sois conscient. Et c’est un sentiment vraiment formidable de savoir qu’on fait partie d’un continuum et qu’on ne travaille pas forcément dans le vide, mais qu’on enrichit et perpétue une tradition créative.»

De la même manière, Justin Simms confie qu’il n’avait pas réalisé qu’une si grande partie de ce qui a nourri l’art terre-neuvien était en fait une réponse politique à la situation de l’époque. 

Cathy Jones.

PHOTO: de gracieuseté — ONF

En exemple, il cite les comédiens de la troupe CODCO, dont il est un fervent admirateur, une autre figure emblématique et engagée de cette période, et qui occupe également une place importante dans le film.

Justin Simms souligne d’ailleurs s’être beaucoup plu à les redécouvrir, en étudiant les archives personnelles de Mike Jones, mais aussi en bénéficiant de l’appui d’Andy Jones, le frère de Mike et ancien membre de la troupe, en tant que protagoniste du documentaire — tout comme leur sœur, l’actrice Cathy Jones, qui y participe également — et scénariste-conseil.

Comme lui, ce dernier aspirait à réhabiliter le travail de son frère aîné, en rappelant au monde qui il était et en le faisant connaître à ceux qui ignoraient jusqu’alors son existence.

De la même manière que Justin Simms espère, à travers ce documentaire, avoir donné une meilleure compréhension de ce qui a façonné l’identité même de sa région natale, tout comme celle de son art, digne et estimable comme celui des autres provinces. 

«Terre-Neuve a toujours été dans cette sorte de bataille pour convaincre les gens que nous valons quelque chose. Mike comprenait ça, et je pense que beaucoup d’artistes de l’époque l’avaient compris aussi. Et c’était, je pense, le message caché derrière une grande partie de leur travail: nous en valons la peine, n’est-ce pas?»

Mike Jones en tournage — Extrait du documentaire.

PHOTO: de gracieuseté — ONF

Mike Jones et son équipe en tournage — Extrait du documentaire.

PHOTO: de gracieuseté — ONF

Type: Actualités

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