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le Mercredi 23 septembre 2026 13:00 Nos communautés - Chéticamp

Deux adolescents de Chéticamp traversent les couloirs d’école, pour la première fois

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Les élèves Ally et Adriel Dumont Gagné à l’École NDA.  — PHOTO: Prudencia Mbiadjeu
Les élèves Ally et Adriel Dumont Gagné à l’École NDA.
PHOTO: Prudencia Mbiadjeu

C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour Ally et Adriel Dumont Gagné, deux jeunes francophones de la région de Chéticamp qui débutent cette année l’école conventionnelle à NDA, après avoir suivi un enseignement à domicile toute leur vie.

Deux adolescents de Chéticamp traversent les couloirs d’école, pour la première fois
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Type de contenu: Actualités

Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL

 Ces élèves, de la 9e et 10e année, ont pris la décision de terminer leurs études à NDA afin d’obtenir leur diplôme d’études secondaires. 

Ally, qui adore le cirque et l’équitation, aimerait un jour devenir artiste équestre. Cette démarche artistique, mettant le cheval à l’honneur sur scène, et guidée par elle, la cavalière, ne requiert pas une formation postsecondaire pour œuvrer dans le domaine. 

«J’ai pas encore besoin de mon diplôme, avoue-t-elle, mais si jamais je l’ai besoin, je n’ai pas envie de retourner à l’école à 25 ans, puis devoir toute refaire mon secondaire. C’était l’idée que j’allais l’avoir, puis, si jamais j’allais en avoir besoin, il va être avec moi.» 

L’Association pour l’enseignement à domicile de la Nouvelle-Écosse précise qu’il faut fréquenter une école publique ou bien acquérir les crédits obligatoires du ministère de l’Éducation afin d’obtenir une copie du diplôme provincial. Or, il n’est pas indispensable pour accéder à l’éducation postsecondaire. 

«C’est plus facile de l’avoir à l’école qu’à la maison, puis, en même temps, ça fait rencontrer d’autres jeunes de la région, [où il] est plus dur à rencontrer des jeunes ici», raconte Ally. 

La taille de l’École NDA était un atout pour cette transition, qui s’est faite de manière plus calme. «C’est plus facile de passer de l’école à la maison à l’école normale avec moins d’élèves», selon Adriel. 

Les deux sont heureux de rencontrer des enfants qui parlent leur langue et de vivre une nouvelle expérience à Chéticamp, une région qu’ils habitent depuis quelques années, depuis leur départ de la campagne québécoise pour le «gros terrain de jeu» qui est cette région acadienne du Cap-Breton. 

Dans l’accueil et la gentillesse

L’expérience dans une école publique est moins compliquée et stricte que ce à quoi Ally Dumont Gagné s’attendait. 

Son frère Adriel abonde dans le même sens, ajoutant qu’il trouve son expérience avec ses nouveaux camarades de classe plus facile que prévu. 

«Ils sont vraiment gentils, plus que je pensais, lance-t-il. Je trouve que c’est une classe assez petite, aussi.»

«On se sent pas à part, je trouve», renchérit Ally. «Parfois les nouveaux sont comme plus à part, mais je pense qu’on s’est vraiment fait bien accueillir», poursuit-elle. 

Questionné sur ce que son éducation peut apporter à son nouveau milieu, Ally a expliqué que son expérience l’a aidé à mieux se comprendre et à rester soi-même avec d’autres personnes différentes de soi. 

«J’ai trouvé que l’école à la maison […] m’a apporté de me connaître beaucoup, révèle Ally. Donc, quand tu te connais, une fois que tu vas à l’école, tu restes plus toi-même.»

Une miette d’adaptation

Les deux élèves ont expliqué au Courrier qu’il y a des différences entre l’école à la maison et l’école conventionnelle, mais pas autant qu’on pourrait croire. 

L’une des grandes distinctions entre les deux types, c’est qu’avec l’éducation à domicile, l’élève a plus de temps chaque jour pour atteindre ses objectifs, tandis qu’à l’école en personne, une même tâche peut prendre une bonne partie de sa journée scolaire. 

Chez les Dumont Gagné, l’on travaillait et étudiait environ trois heures l’avant-midi et une heure ou deux en début d’après-midi, avec l’appui de leur mère, comme tutrice. 

L’horaire a donc bien changé depuis. 

«C’est pas mal le seul défi que je vois, d’avoir pas beaucoup de temps, même après l’école, dit Adriel Dumont Gagné. Ça passe assez vite, le temps.»

Trouver sa place

Adriel Dumont Gagné aime le camping, le vélo et le théâtre, et a hâte de contribuer au club de théâtre de son école. Ally, de son côté, va sûrement jouer au badminton, lorsque la saison débutera cet hiver. 

Dans les dernières années, l’École NDA a offert une panoplie d’activités parascolaires: des joutes sportives, des pratiques de danse, une implication au sein du club alliance (2SLGBTQIA+), sans compter des leçons de cuisine. 

«Les élèves qui voulaient l’expérience en cuisine pouvaient rester après les heures de classe pour faire de la cuisine», mentionne Ryan Poirier, directeur de l’École NDA, et que l’intention est avant tout de s’adapter aux intérêts des élèves. 

C’est d’ailleurs durant la première journée d’école que les élèves ont profité de la foire des activités parascolaires, pour trouver leurs clubs de prédilection. 

Voilà l’occasion idéale pour les élèves d’écrire d’autres idées, et voir s’il y a de l’intérêt pour ces activités supplémentaires. 

«Souvent il y a un membre du personnel pour se charger de cette activité-là, explique le directeur. J’ai pas vraiment encore fait un suivi pour savoir quelles activités seront offertes cette année, mais la plupart du temps, s’il y a plus qu’un élève qui s’intéresse à quelque chose, c’est possible de l’offrir.» 

L’École NDA, avec l’École Belle-Baie de Torbé, est l’une des communautés scolaires les plus petites de la province, desservant les communautés acadiennes le long de la côte nord-ouest de l’île du Cap-Breton. 

À lire aussi: Profil de l’École NDA de Chéticamp

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