le Mercredi 22 juillet 2026
le Mercredi 22 juillet 2026 11:00 Rubrique - Les visages de la Vallée

Nico, alia Le Maudit Français, ouvre les Journées acadiennes à Grand-Pré

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Pour plusieurs spectateurs, Nico, Le Maudit Français, était un nouvel artiste à découvrir. — PHOTO: France Thériault
Pour plusieurs spectateurs, Nico, Le Maudit Français, était un nouvel artiste à découvrir.
PHOTO: France Thériault

Le vendredi 10 juillet, en fin d'après-midi, Le Maudit Français nous donnait rendez-vous sous la tente à Grand-Pré. Plusieurs d’entre vous connaissent Nicolas Jean, le directeur général du Courrier de la Nouvelle-Écosse. Celui qui a pris place devant nous est poète, compositeur, interprète de même que chanteur aux influences modernes et originales.

Nico, alia Le Maudit Français, ouvre les Journées acadiennes à Grand-Pré
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Type de contenu: Rubrique

L’église de Grand-Pré est bien plus qu’un monument historique. Elle est un symbole de l’histoire, de la résilience et de l’identité acadienne. 

PHOTO: France Thériault

QUESTION-RÉPONSE

FT: Comment te présenterais-tu en quelques mots?

NJ: Nico, Le Maudit Français, est mon nom de scène depuis un an. J’ai lancé mon nom d’artiste au Fort-Sainte-Marie-de-Grâce, qui est sur la Rive-Sud de la Nouvelle-Écosse, qui est le premier endroit où les colons français sont arrivés. Champlain est passé par là avant même d’aller au Québec. C’était hautement symbolique pour moi de lancer mon nom à cet endroit. Je suis arrivé au Canada en 2013 et en Nouvelle-Écosse depuis 2022. 

FT: Parle-moi de ce parcours artistique.

NJ: J’ai pas toujours fait de la musique dans ma vie, je ne viens pas d’un milieu musical. Je n’ai jamais pris de cours de musique. Cependant, j’ai fait de la danse pendant longtemps. En 2008, mon père est décédé subitement et, à cette époque-là, ça m’a libéré d’une certaine façon. Du coup, je me suis rendu compte qu’il faut faire ce qu’on veut faire et j’ai toujours eu envie de faire de la musique. J’ai intégré un groupe de rock alternatif progressif à Paris, en France. On a tourné pendant 10 ans, nous étions semi-professionnels et nous avons produit un disque. 

FT: Le Maudit Français, pourquoi ce nom?

NJ: Il y a beaucoup de mots dans le français canadien qui ont un double sens. Maudit au Québec a un double sens — «le petit maudit» peut être un mot affectueux et on peut aussi le dire à l’égard d’un français de manière péjorative. J’ai vécu durant 10 ans au Québec et j’ai beaucoup entendu ces mots. 

Mon discours à propos du Maudit Français est le suivant: je considère que si on est  francophone partout au Canada hors Québec, on est tous et toutes des Maudits Français parce qu’on est là pour rappeler aux anglophones et à certains francophones qu’on existe dans d’autres provinces et territoires. Il y a un héritage francophone canadien hors Québec qui est peu connu. Vivre au Québec a été une expérience plutôt, je ne m’y reconnaissais pas.

En venant en Acadie, tout ça a changé. C’était un autre contexte, un cadre francophone minoritaire les gens ont besoin les uns des autres. Qu’on soit d’ici ou d’ailleurs, les gens restent ensemble. La culture acadienne était très embrassante, je l’ai beaucoup embrassée aussi. J’ai découvert qu’il y a une diaspora francophone à travers le monde et qu’on a beaucoup plus à partager qu’on le pense. J’aime beaucoup la diversité.

FT: Qu’est-ce qui t’inspire?

NJ: Cela dépend. Toutes mes chansons ont une base d’inspiration, par exemple un livre que j’ai lu, quelqu’un que j’admire. Cookie Mueller, auteure américaine, m’a inspiré la chanson «Nos vies heureuses», qui est basée sur la fin de sa vie. Ensuite, ça peut être une réflexion personnelle, comme ma chanson «Les fleurs». La musique me permet de mettre en mots et en images des sentiments qui me traversent, c’est aussi simple que ça.

FT: Comment décrirais-tu ce que tu fais?

NJ: Pour quelqu’un qui ne me connaît pas, je dirais que je fais une musique qui est vraiment hybride porté par l’électronique. Aussi, j’ai besoin d’être plus libre de l’instrument sur scène, car  je bouge beaucoup. La guitare, ça me restreint. Je fais un style composé de chansons traditionnelles françaises, de poésie, de paysages sonores et d’un univers cinématographique, où tu ressens une émotion. Jouer avec les sons, les déformer, ajouter de la distorsion, cela me plaît. J’ai créé une définition de mon genre de musique, c’est la néo-chanson. Je construis toujours mes chansons guitare-voix, les accords et la musicalité. Ensuite, je transforme tout ça sur mon ordinateur.

FT: En tant qu’artiste, comment organises-tu la création de ton album de musique?

NJ: Quand tu travailles à temps plein et que ce n’est pas ton métier, il faut vraiment faire de la place. Je bloque pas du temps pour travailler. Par exemple, il y a deux morceaux à finaliser pour mon album avant de l’envoyer à mon mixte-master. J’avais aussi quatre morceaux à peaufiner, j’y ai consacré un week-end complet. Dans la partie créative, ça vient quand ça vient. Ma chanson «Le bleu du ciel» a été créée en trois minutes, la chanson est juste venue.

FT: Selon toi, qui est ton public?

NJ: Question intéressante! Ai-je un public? Sur la Rive-Sud de la Nouvelle-Écosse, où j’ai commencé, je n’ai pas eu beaucoup de difficulté à trouver des lieux où présenter mon spectacle. Au départ, je proposais des chansons en anglais. Je reprenais  des chansons connues, comme du Elvis ou de la musique country. Finalement, c’est le français qui intéressait les spectateurs. J’ai des gens qui me suivent — des anglophones, puis certains francophones. Les Québécois me comparent souvent à Pierre Lapointe, il y a un écho qui les rejoint. Leurs commentaires me donnent de l’énergie. 

Entre le conte et la poésie, certaines interprétations offertes par Nico étaient vraiment très émouvantes.

PHOTO: France Thériault

Assise à une table de pique-nique avec Nicolas, je suis fascinée par sa démarche artistique, à la fois intellectuelle, émotionnelle et viscérale. La poésie occupe une place importante dans son processus créatif et apporte une profondeur à ses chansons, qui révèlent toute la richesse de son univers artistique.

Martine Jacquot, l’une des six artistes qui ont participé à la résidence d’écriture francophone, Cri de terre, est venue partager une lecture durant le spectacle de Nico. 

PHOTO: France Thériault

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