le Dimanche 14 juin 2026
le Mercredi 29 avril 2026 9:00 Nos communautés - Clare

À Clare, la débrouillardise est au cœur du sport

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La nouvelle école primaire de Clare, à Saulnierville, remplacera les deux écoles primaires de Clare, Stella-Maris et Joseph-Dugas.  — PHOTO: Jean-Philippe Giroux
La nouvelle école primaire de Clare, à Saulnierville, remplacera les deux écoles primaires de Clare, Stella-Maris et Joseph-Dugas.
PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Volleyball, pickleball, danse traditionnelle. Clare est un endroit où le sport a sa place. Mais, avec moins d’infrastructures sportives que d’autres municipalités, il s’avère parfois difficile de trouver des endroits pour pratiquer ou répéter. Comment les équipes et les athlètes gèrent-ils cette situation?

À Clare, la débrouillardise est au cœur du sport
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Type de contenu: Actualité

Renee Blinn, qui fait du bénévolat pour La Baie en Joie, explique que la troupe de danse répète à l’École secondaire de Clare une fois par semaine. Jusqu’ici, tout va bien pour obtenir du temps d’espace, grâce à une entente avec l’école. Dans leur cas, ils pratiquent sur l’estrade de la cafétéria. 

Renee Blinn est l’une des bénévoles de la troupe La Baie en Joie. 

PHOTO: CDÉNÉ

Hormis une couple d’activités scolaires qui coïncidait avec leur pratique, La Baie en Joie réussit à faire ce qu’elle doit faire, et s’arrange lorsqu’il y a des imprévus. 

Toutefois, étant aussi coach de volleyball, un sport très populaire dans la région, la bénévole constate qu’il n’y a point beaucoup de disponibilités pour les équipes sportives qui doivent pratiquer régulièrement dans les gymnases. 

Une situation qui se complique à certains moments de l’année, comme durant la période de préparation pour les Jeux régionaux (Jeux d’Acadie). 

«C’est vraiment difficile à avoir un temps de gym, juste parce que y a tellement de sports pis tellement de différentes activités que c’est presque impossible de trouver un temps pour les sports même», dit Blinn. 

À part quelques cas exceptionnels, où il fallait recourir à, par exemple, l’utilisation du gymnase de l’école anglophone de St Mary’s Bay Academy (Weymouth), les équipes réussissent à, au moins, rester sur le territoire de Clare, aux dires de la bénévole.

La Baie en Joie répète à longueur d’année afin de performer, à titre d’exemple, lors des célébrations acadiennes. L’image a été prise lors du Congrès mondial acadien 2024, dans la salle Marc-Lescarbot. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Deux équipes scolaires de volleyball en compétition durant les Jeux régionaux de la Nouvelle-Écosse, en 2024. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Chris Mazeroll du club de volleyball de Clare explique que les gymnases de la région, notamment celui de l’École secondaire de Clare, sont disponibles pour ces neuf équipes, mais qu’il y a tout de même un nombre limité d’espaces et de temps alloué. 

Chris Mazeroll est bénévole pour le club de volleyball de Clare.

PHOTO: Facebook - Chris Mazeroll

«Tout le monde veut les mêmes temps, surtout de temps après l’école ou tôt dans la veillée. Saint-Anne aussi nous donne accès, mais ça aussi, c’est populaire», explique Mazeroll, ajoutant plus loin que «c’est limité, c’est coincé» durant la saison sportive des Dragons.

Une université communautaire 

Les infrastructures sportives de l’Université Sainte-Anne, une institution postsecondaire qui ouvre ses portes très fréquemment au reste de la communauté, sont indispensables pour ajouter du temps de gym au calendrier. 

Le défi, c’est de tout coordonner avec les équipes sportives de l’université et les groupes et clubs communautaires. 

Le temps de gymnase étant de plus en plus convoité, l’université fait de son mieux pour accueillir les équipes communautaires, mais les étudiants voulant faire du sport et les équipes des Dragons sont mis en priorité. Ce qui veut dire qu’ils ont accès à des créneaux adaptés à leur horaire, comme les soirées de la semaine. 

Les équipes communautaires travaillent autour de ce qui reste: durant la journée, certaines fins de semaine, etc. L’université a pour objectif de «donner un petit peu à tout le monde», précise Rachelle LeBlanc, directrice des communications de Sainte-Anne. 

Elle souligne qu’il s’agit généralement du cas par cas, suivant notamment les tendances du moment. Le volleyball étant un exemple parfait, puisque le club de la région est passé de deux à neuf équipes en quelques années. Il y a aussi le pickleball qui est monté en popularité dernièrement. 

Le gymnase du campus principal de l’Université Sainte-Anne. 

PHOTO: Université Sainte-Anne

De deux à un

Avec la fermeture des deux écoles primaires de Clare, Stella-Maris et Joseph-Dugas, et l’ouverture de la nouvelle école à Saulnierville, la communauté perdra un gymnase. 

Michel Collette, directeur général du Conseil scolaire acadien provincial. 

PHOTO: Archives

Chris Mazeroll mentionne que le club de volleyball de Clare utilise régulièrement le gymnase de Stella-Maris. En dépit du fait que l’espace est juste assez gros pour avoir un terrain de volleyball, où les balles touchent le plafond et les murs sont près des lignes, l’école demeure importante pour les pratiques. 

Il reconnait que le gymnase de Joseph-Dugas n’est pas idéal pour le volleyball, mais est nécessaire pour accueillir d’autres activités au sein de la communauté. Ces responsables devront s’adapter après la perte de l’école, dit-il, avec un temps de gym encore plus coincé. 

Mazeroll, qui avait été contre la fermeture des deux écoles primaires à l’époque que la décision a été prise — plutôt de l’avis que l’argent provincial aurait dû aller à l’amélioration des écoles existantes —, affirme que, dans les premières réunions pour discuter du nouveau projet de construction, l’on avait mentionné que l’école de Saulnierville allait avoir des installations sportives bonifiées, comme condition pour sa création. 

Michel Colette, directeur général du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), précise que la taille des gymnases est basée sur un standard provincial, et ce, pour toutes les écoles, conformément au règlement du ministère de l’Éducation.

Le CSAP ne s’est pas encore penché sur la question de la période postfermeture des écoles primaires, étant concentré sur l’ouverture de la nouvelle école. 

Section 77 de la Loi sur l’éducation: 

  • (1) Un bâtiment appartenant à une municipalité et utilisé à des fins scolaires par un organisme d’enseignement est placé sous le contrôle et la gestion exclusifs de cet organisme, qui est chargé d’en assurer l’entretien et les réparations nécessaires et doit le couvrir par une assurance d’un montant convenu entre la municipalité et l’organisme d’enseignement.
  • (2) L’organisme d’enseignement doit informer la municipalité si les terrains et les bâtiments appartenant à cette dernière ne sont plus nécessaires aux fins de l’organisme d’enseignement.
  • (3) Sous réserve du paragraphe (4), lorsqu’un organisme d’enseignement n’a plus besoin de terrains et de bâtiments construits avant 1981 situés sur ces terrains, le ministre peut exiger que les terrains et les bâtiments soient cédés à la province, sous réserve de tout privilège, hypothèque ou charge afférente à une dette non échue existant au moment où les terrains et les bâtiments sont déclarés comme n’étant plus nécessaires.
  • (4) Une municipalité, à moins qu’elle n’en soit exclue par les règlements, dispose d’un droit de préemption pour offrir d’acheter à la province les terrains et les bâtiments visés au paragraphe (3) pour un montant négocié, si la province n’a pas d’usage provincial pour ces terrains ou bâtiments.

Il se focalise toutefois sur d’autres solutions pour aider à pallier le manque d’infrastructures sportives, notamment en travaillant de près avec l’Université Sainte-Anne afin d’appuyer le maintien de ses infrastructures. 

En janvier, le conseil du CSAP a rédigé deux lettres d’appuis, l’une pour la rénovation de la piscine, l’autre pour remplacer le condenseur à la patinoire du campus de l’université. 

«Non seulement est-elle (la patinoire) utilisée pour les entrainements des quatre équipes des Loups de l’École secondaire de Clare, elle est fréquentée par les 470 élèves parmi les trois écoles du CSAP de la région», est-il écrit. 

Les Dragons de l’équipe volleyball masculine en action. 

Un comité, une option?

La municipalité de Clare ne possède aucun gymnase double. L’Université Sainte-Anne rêve d’en avoir un parmi ses installations sportives, dont les équipes universitaires des Dragons (volleyball féminin, volleyball masculin, badminton) auraient la priorité. 

Anticipant de futurs problèmes liés à l’accès aux infrastructures sportives, des membres de la communauté, comme Natalie Robichaud, directrice générale de la Société acadienne de Clare, ont proposé des pistes potentielles. 

De son côté, Robichaud avait pensé qu’un genre de comité de travail ou une table ronde, avec des personnes concernées pour tenter de trouver une solution, serait une manière de mettre davantage en valeur ces enjeux. 

Partagée par la question de créer un tel comité de travail, Renee Blinn pense, d’une part, que ce serait une bonne idée, mais, d’autre part, qu’il n’y a pas l’embarras du choix en Clare lorsqu’il est question des espaces pour faire du sport ou de l’activité physique. 

Qui plus est, selon Renee Blinn, ce ne serait point logique de bâtir un gym de plus ou une salle sportive, puisque les couts seraient trop élevés pour le revenu que cet espace pourrait créer. 

«Des espaces comme ça, ça coute beaucoup, fait remarquer Chris Mazeroll. Je pense pas qu’au niveau communautaire que y a de l’argent pour de quoi de même. Faudrait qui y aille des financements de la province et du fédéral parce que Clare, c’est pas une grosse communauté. Les revenus sont pas gros et les facilités de sports, ça coute des millions et des millions de piasses.» 

Mazeroll, de son côté, pense qu’un comité de travail ne ferait pas de tort, ne serait-ce que d’en parler avec les gens qui souhaitent trouver des solutions. 

Mais il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un problème qui sera réglé à l’échelle communautaire, sans l’appui financier des gouvernements. «Pis avec le gouvernement (provincial) qui coupe toute, je crois pas que eux soient intéressés.» 

L’une des écoles primaires de Clare, Joseph-Dugas, qui fermera ses portes pour déménager dans la nouvelle école de Saulnierville. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Soutien gouvernemental

Le Courrier a contacté deux ministères, dont celui des Affaires municipales et du Logement, pour voir si des financements récréatifs sont disponibles pour aider à bonifier ou ajouter des infrastructures sportives dans une localité. 

Ce ministère gère l’enveloppe budgétaire du Fonds canadien de revitalisation des communautés, qui «aide les municipalités à construire et à rénover les infrastructures essentielles qui favorisent la croissance, la productivité et le développement». 

Une municipalité peut sélectionner les projets éligibles en fonction de ces priorités locales, selon 19 catégories disponibles, qui comprennent les centres de loisirs, informe le ministère responsable par courriel. 

Le ministère des Communautés, de la Culture, du Tourisme et du Patrimoine offre aussi un soutien financier, par l’intermédiaire de la Subvention pour la création d’installations de loisirs, dont l’objectif est d’«encourager la pratique du sport et des activités physiques par le grand public». 

Souhaitant savoir si, dans le cadre du nouveau budget et de ses coupes, ce programme spécifique fait l’objet de coupes budgétaires, Le Courrier a demandé des précisions au ministère, qui n’a jamais répondu à la demande du journal. 

D’après les informations du site Internet du gouvernement, la date de tombée pour 2026 était le 14 février dernier, et que «les projets dont le financement a été approuvé peuvent bénéficier d’une aide couvrant jusqu’à deux tiers du cout total des travaux, dans la limite de 150 000 $». 

Rachelle LeBlanc, directrice des communications de Sainte-Anne, dans son bureau à la Pointe-de-l’Église.

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

«Faut beaucoup s’organiser»

Même si le manque d’infrastructures sportives apporte son lot de problèmes, les gens de Clare font preuve de débrouillardise et s’adaptent à ce qui est offert, raconte Rachelle LeBlanc. 

Elle fait référence à son travail bénévole pour le volleyball local afin d’illustrer ce point. 

«On sait, par exemple, que d’autres équipes de clubs ont une pratique à telle heure, mais ils sont partis à un tournoi. Ils vont pas utiliser leur pratique, donc on se parle pour dire, “OK, moi, je vais prendre ton temps”. Tout le monde se parle.» 

Et quand le temps viendra où l’offre d’infrastructures sportives ne conviendra plus, LeBlanc est convaincu que la communauté se mobilisera. 

«Tu sais, dans Clare, on dit tout le temps: si y a point ce que tu veux, organise du monde, puis fais-le. S’il y a assez d’intérêt, ça va arriver», conclut-elle. 

Le centre sportif Marcel R. Comeau inclut un gymnase très important pour les équipes sportives de l’université, mais aussi pour les équipes communautaires. 

PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Type: Actualités

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Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

Rédacteur en chef - Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

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