Type de contenu: Récit
Leurs fondations ont été posées par un groupe d’individus passionnés qui ont vu le pouvoir de la radio pour unir, éduquer et divertir, culminant avec notre première diffusion en 1995. Depuis, CKJM a été une voix constante pour le peuple acadien, célébrant notre héritage et promouvant notre culture et notre musique vibrantes.
Leur vision était d’être la station de radio de référence pour tous les Acadiens du Cap-Breton cherchant à approfondir leur lien avec notre culture et notre musique, tout en donnant une voix à nos communautés dans les affaires locales. Ils ont certainement atteint cela, et bien plus encore!
Ce projet a vu le jour grâce à la détermination d’Angus LeFort de Chéticamp.
Il a expliqué: «À la fin des années 1980, je travaillais pour Radio-Canada à Moncton. Je suis venu à Chéticamp pour faire un enregistrement. Pendant que j’étais ici, je me suis syntonisé sur la station de télévision communautaire locale, soutenue par de nombreux auditeurs. Je me suis dit: pourquoi seulement une chaine de télévision alors que créer une station de radio est tellement plus facile? La radio, c’est tout au sujet du son, la télévision est beaucoup plus compliquée.»
Le nouveau directeur de Radio CKJM, Blair Fiset, et l’ancien directeur Angus LeFort.
Il a continué: «J’avais visité Radio CKRO au Nouveau-Brunswick dans le cadre de mes recherches et de ma curiosité. En 1989, Carmel et moi avons décidé de déménager à Chéticamp principalement pour qu’elle établisse son cabinet juridique et, moi, j’étais prêt à aller dans une autre direction de carrière. J’ai décidé de travailler à créer une station de radio communautaire francophone, et nous voici 30 ans plus tard.»
«Une entreprise aussi importante a exigé beaucoup de dévouement et d’aide de nombreuses personnes dans la communauté. Je me souviens que Daniel Aucoin et Albert Poirier sont allés au Québec pour une réunion avec l’Association nationale des radios communautaires et ont rapporté qu’un représentant viendrait nous rencontrer pour discuter d’une station de radio communautaire. À cette réunion, environ 30 personnes se sont présentées et ont trouvé que tout le concept était une excellente idée – et tout a commencé à partir de là», dit LeFort.
Il a ajouté: «Nous avons commencé avec les Radios mobiles offertes par L’Arc du Canada. J’avais l’expertise technique pour tout assembler et faire la diffusion. Dès le tout début, nous avons vu que la communauté embarquait et était prête à participer à ce projet.»
«La Radio mobile arrivait essentiellement dans un coffre. Nous avons installé une antenne à côté du Trois Pignons et le signal atteignait même les Îles-de-la-Madeleine. Pendant environ quatre ans, lors d’activités telles que la Mi-Carême, le Festival de l’Escaouette et ainsi de suite, nous avions la Radio Mobile offrant une programmation en direct.»
«Avec les retours positifs et la participation, cela nous a assuré que la communauté l’appuyait, et nous avons pu recueillir des fonds, des dons et vendre des annonces, etc. Quand nous avons commencé, nous avions besoin de 90 000 $ pour faire décoller cette entreprise. Il a fallu cinq ans, non seulement pour amasser les fonds, mais aussi pour développer le projet, envoyer les demandes financières et autres documents.»
LeFort a mentionné: «En 1995, nous avons reçu de l’aide de la province de la Nouvelle-Écosse/du financement fédéral pour les dépenses, incluant l’installation d’une tour sur l’ile de Chéticamp. Nous avons commencé à enregistrer des CD en utilisant le Centre d’accueil de Chéticamp au Parc comme lieu pour installer notre équipement et créer un mini studio. C’était gagnant-gagnant, nous donnant des produits à diffuser et donnant de la visibilité à nos artistes locaux, dont plusieurs n’avaient jamais enregistré ni même chanté de matériel en français. Cela en a inspiré certains à continuer, à composer et enregistrer des chansons françaises.»
«La première chanson diffusée sur Radio CKJM a été «J’avais Juré» de l’artiste feu Marcel Aucoin. C’était une des chansons sur notre premier CD – Suête musicale en Acadie, une compilation de bonne musique de nos propres artistes locaux. Il y eut d’autres CD plus tard, et ils se sont bien vendus.»
«Même si nous avons apprécié l’utilisation du Centre d’accueil de Chéticamp, nous ne pouvions pas espérer profiter de ce lieu à répétition. Nous savions que nous avions besoin de notre propre studio. La construction du Studio Marcel Doucet est venue avec un cout de 225 000 $. Nous avons fait des demandes de subvention et avons pu amasser 20 000 $.»
«Une fois le studio en fonction, il offrait un espace pour enregistrer tous nos radiothons avec un son et une qualité excellents, que nous pouvions diffuser en direct, et tout ce matériel faisait ensuite partie de nos archives pour la programmation future.»
«Nous avons pu accomplir de nombreux projets uniques, incluant l’enregistrement de centaines de chansons traditionnelles acadiennes avec Père Daniel Boudreau, et un projet commandité par AMAC – du matériel acadien par Léo (à Pat) Aucoin – tous deux a cappella.»
«La collaboration entre Radio CKJM et CFIM aux Îles-de-la-Madeleine a toujours été importante. Un merveilleux lien avec nos voisins acadiens qui partagent la même langue, les mêmes traditions, etc. Finalement, nous avons commencé à envisager d’élargir notre territoire, ce qui aiderait non seulement sur le plan financier, mais élargirait aussi notre auditoire francophone.»
«En 2006, le CRTC a accepté, et nous avons pu diffuser à Pomquet, puis plus tard à Sydney. Maintenant, à CKJM, qu’on trouve sur 106.1 FM (Chéticamp), 92.5 FM (Pomquet) et 97.5 FM (Sydney), nous sommes la voix de la culture et de la communauté acadiennes, particulièrement ici au Cap-Breton», dit LeFort.
Il a continué: «Je ne saurais trop insister sur le fait que, sans le soutien de la communauté et de nombreux bénévoles au fil des ans, Radio CKJM n’existerait pas. Il y a le conseil d’administration, les bénévoles qui font leurs émissions hebdomadaires, ceux qui aident avec nos BINGOS, ceux qui participent à nos collectes de fonds, et la liste continue.»
Imaginez que, lorsque nous avons commencé, ceux qui faisaient de la programmation avaient très peu d’outils; ce n’était pas automatisé comme aujourd’hui, où il suffit d’appuyer sur un bouton pour sélectionner du matériel. À l’époque, nous avions des disques, des CD et des bandes à bobines. Nous avons eu la chance d’avoir de bons bénévoles qui ont mis tant d’efforts à produire des émissions de bonne qualité.»
Il a ajouté: «Durant ces 30 années, le soutien envers nos collectes de fonds a été incroyable. Je dirais que nous avons amassé bien plus d’un million de dollars. Sans la communauté, nous n’aurions pas survécu. Je connais d’autres stations de radio qui rencontrent souvent des obstacles financiers. Je n’en ai jamais vu une autre qui soit autant soutenue que la nôtre!»
LeFort a conclu: «Je suis tellement fier qu’après 30 ans, Radio CKJM soit encore vivante et florissante. Mon souhait est qu’elle continue, et que, même si nous avons de nouveaux équipements modernes, elle demeure la même radio qui est diffusée présentement sur les ondes.»
«Oui, nous devons intégrer du contenu en anglais pour nos membres anglophones de la communauté, mais nous devons garder Radio CKJM comme une radio francophone. C’est important pour les communautés francophones, mais cela aide aussi lorsque nous faisons des demandes de financement indispensables, ce qui doit être pris en considération.»
«Je suis juste à côté si quelqu’un a besoin de mon aide. Ce serait un plaisir de contribuer!»
Angus LeFort est devenu le premier directeur de Radio CKJM en 1995, une longue carrière jusqu’à sa retraite en 2022. Valerie Roach-Kendall a pris la relève après sa retraite et, en 2024, Blair Fiset est devenu le nouveau directeur de la station.
Angus mérite d’être félicité pour son travail acharné, sa détermination et son dévouement à relier nos communautés francophones de l’ile du Cap-Breton, des Îles-de-la-Madeleine et maintenant, avec leur site web via Internet, ils ont un public encore plus vaste. Un énorme bravo à Angus pour ses fières réalisations!
Radio CKJM, récipiendaire de prix, leurs diffusions bilingues sont un mélange harmonieux de tradition et d’attrait contemporain, mettant fièrement en valeur leur héritage et leur musique acadiens.
Leur station est un lieu de rassemblement pour tous les âges, de ceux qui ont grandi avec eux jusqu’aux jeunes auditeurs découvrant les riches rythmes acadiens. Rejoignez-les à CKJM, où chaque note et chaque mot célèbrent leur histoire commune et leur esprit communautaire, incarnant l’essence de: «C’que j’aime, c’que j’écoute!»
(Certaines informations proviennent d’une entrevue avec l’animateur de CKJM, Daniel Aucoin, et Angus LeFort – utilisée avec permission.)
