Type de contenu: Rubrique
Question-réponse
FT: Comment te décrirais-tu en quelques mots?
IJ: Je suis originaire du Nouveau-Brunswick, une Acadienne de Val-Doucet, près de Paquetville. J’ai servi dans les Forces armées canadiennes pendant 25 ans. Quand nous avons été mutés à Greenwood, en Nouvelle-Écosse, mon mari et moi sommes tombés amoureux de la vallée d’Annapolis et avons décidé de prendre notre retraite ici.
Je suis maintenant aromathérapeute certifiée et spécialiste de la technique des gouttes de pluie (similaire à la massothérapie et à la réflexologie avec l’ajout d’huiles essentielles). Julie, ma fille, a 21 ans. Elle étudie en théologie à Acadia et a bien hâte de commencer sa maîtrise.
FT: Depuis quand habites-tu dans la vallée d’Annapolis?
IJ: Depuis 2019.
FT: Est-ce que tu vis en français au quotidien?
IJ: Mon mari est anglophone, alors à la maison, on parle anglais. Lorsque ma fille vient nous rendre visite, nous parlons ensemble en français. Grâce à elle, j’ai découvert un groupe chrétien francophone au sein de l’église baptiste de Middleton, il y a deux ans. Je parle aussi en français avec ma famille au Nouveau-Brunswick et plusieurs militaires ainsi que leur famille, ici même à Greenwood.
FT: Est-ce que tu participes à des activités francophones dans ta communauté?
IJ: Oui. Quelques années après avoir déménagé à Greenwood, j’ai appris que l’Association francophone de la Vallée existait. J’ai même fait partie du comité de cette association pendant deux ans à titre de représentante de la communauté. J’ai également participé à plusieurs de leurs activités de loisirs et ateliers pour les familles et les adultes.
FT: Parle-moi de Greenwood, la base militaire et l’endroit où se trouve la plus grande communauté francophone de la vallée d’Annapolis.
IJ: Selon les sondages, il y aurait entre 15 et 30 % de francophones qui travaillent à la base. Je rencontre souvent de nouvelles personnes qui parlent français dans ma région. J’aimerais bien que les personnes portent des étiquettes (français-anglais) sur leurs vêtements, pour qu’elles soient facilement identifiables! (rires).
FT: Quel travail occupais-tu à l’intérieur des Forces armées canadiennes?
IJ: J’étais officier de logistique, mais le poste que j’ai le plus aimé durant mon service, c’était mon poste de gérante de carrière militaire, au centre de recrutement à Edmonton, en Alberta. Je faisais passer des entrevues aux candidats qui voulaient devenir militaires et mon français a été très utile pour ces entrevues parce que ces postulants provenaient des communautés francophones dans cette région. J’ai également travaillé comme coordinatrice des langues officielles à la base de Borden et géré l’école des langues à la base de Petawawa.
FT: Être bilingue était-il un atout dans ton travail?
IJ: Oui, définitivement. Au travail et aussi socialement, je pouvais avoir des amis francophones et anglophones. Vivant à Greenwood, je trouve qu’être bilingue est un atout. J’ai des clients qui sont beaucoup plus à l’aise pour s’exprimer en français, donc ils sont toujours très soulagés et reconnaissants d’apprendre que je peux offrir mes services dans les deux langues.
FT: Je sais que tu as une fille et qu’elle parle français. Comment cela se passait-il lorsqu’elle était une enfant vivant dans un milieu anglophone?
IJ: Au collège militaire, j’ai décidé d’étudier la littérature française. Pour moi, le français était très important, et [il était] encore plus important d’élever ma fille en français et de lui transmettre la culture francophone. Il y avait aussi certaines attentes de la part de ma famille au Nouveau-Brunswick pour que Julie puisse converser dans notre langue maternelle. Ça n’a pas été facile parce que son père et son beau-père sont anglophones et nous avons toujours été mutés dans un endroit anglophone unilingue.
Durant mes affectations, nous avons été bénies de toujours avoir eu accès à des écoles francophones assez proches, où Julie a pu étudier. Les services en français offerts sur les bases étaient limités. J’essayais de l’encourager à s’exprimer en français et je la corrigeais. Cependant, cela créait des conflits à l’occasion.
Maintenant que Julie est adulte, elle apprécie tous les efforts que j’ai faits pour qu’elle s’exprime dans cette langue et elle est même en train de créer des opportunités pour renforcer la communauté chrétienne francophone de la région.
FT: Y a-t-il une personne qui t’a inspiré, soutenue dans ton apprentissage de la langue au cours de ta vie?
IJ: M. Florent Tremblay, mon professeur de littérature française au Cégep de St-Jean-sur-Richelieu, m’a inspiré et encouragé. Je me souviens même du poème que je devais réciter devant la classe, «Le Pélican».
FT: Quel est un plat classique acadien de ton enfance?
IJ: La galette de sarrasin, ou plus communément appelée «la ploye». Ma grand-mère paternelle, Mémère Jean, faisait des ployes au Village historique acadien à Caraquet, et je les mangeais toutes chaudes avec du beurre. C’était tellement bon, ça fondait dans ma bouche.
Quel bonheur de découvrir les passions d’Isabelle et de voir son cheminement personnel et professionnel!
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