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Margaux Paz Paredes
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
Au Courrier, il s’est exprimé sur la signification de ce nouveau rôle, ainsi que sur ses perspectives concernant l’avenir de l’Acadie.
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse: Qu’est-ce que représente pour vous cette présidence?
Éric Dow: La Société nationale de l’Acadie (SNA), c’est notre plus ancienne entité de gouvernance collective acadienne. Ses origines remontent aux premières conventions nationales acadiennes, la première ayant eu lieu en 1881 dans la région de Memramcook. Et donc, pour moi, la SNA représente vraiment un des bijoux du milieu institutionnel acadien. Ça représente une structure qui nous permet de nous concerter en tant que peuple sans frontières et sans gouvernement qui lui est propre.
La SNA demeure un de ces points de rencontre qui nous permettent de faire l’union entre les différentes composantes de la grande famille acadienne. Donc, pour moi, c’est vraiment une institution qui est importante et que j’espère pouvoir contribuer envers son développement.
Le Courrier: Vous êtes particulièrement engagé aux enjeux des minorités linguistiques. Comment cet engagement va se poursuivre au sein de votre présidence?
ED: La protection et la promotion des langues minoritaires, ça a toujours été une de mes grandes passions et, d’ailleurs, ça fait partie de ma recherche doctorale, où je me concentre sur la question des politiques linguistiques dans l’Est canadien, et plus spécifiquement par rapport au consensus ou aux collaborations potentielles entre le peuple acadien et les francophones, et les communautés autochtones, les nations autochtones. Principalement de la Confédération Wabanaki.
Donc, pour moi, toute la question de la promotion et la protection de la langue française et des langues minoritaires, ça a toujours été un fil conducteur à travers mes activités, autant artistiques, professionnelles qu’académiques. Donc, j’espère pouvoir apporter, en toute humilité, toute l’expertise que je peux manifester pour me mettre au service du projet acadien.
On espère aussi pouvoir collaborer avec nos différents partenaires, la société civile, nos partenaires à l’étranger, les Premières Nations, pour pouvoir arriver à la réalisation de ces vues-là.
Le Courrier: Selon vous, avoir été élu en tant qu’Acadien de la Nouvelle-Écosse peut-il être un atout?
ED: Je pense que oui.
La communauté acadienne est très diverse, de par le fait qu’elle est éparpillée sur plusieurs territoires.
On demeure une nation distincte qui est rassemblée, malgré les distances qui peuvent nous séparer. Mais, en même temps, c’est sûr que les différentes régions peuvent connaître différentes réalités, et donc, de cette façon-là, l’Acadie est très diverse dans ses expériences, et surtout par rapport à la composante linguistique.
Quand on grandit dans une région francophone minoritaire, on peut vivre une certaine expérience par rapport à la langue et, en grandissant dans une région où la communauté francophone est majoritaire, c’est sûr qu’on a une différente expérience. Donc, j’ai la chance d’avoir pu connaître les deux scénarios, puis je pense que ça me donne une certaine compréhension des enjeux qui peuvent se trouver d’un bout à l’autre de l’Acadie.
Parce que c’est ça, quand on pense à la structure de la Société Nationale de l’Acadie, c’est sûr qu’on donne une grande importance au vécu des Acadiens de toutes les provinces de l’Atlantique. Et je pense que, justement, cette diversité-là, la diversité de perspectives, la diversité de vécus, fait partie de cette richesse-là.
Donc, je pense que c’est un atout pour pouvoir mener un organisme, comme la SNA.
Le Courrier: Quels sont vos projets, vos perspectives ?
ED: Dans le cadre de la campagne, j’ai souligné trois grandes priorités pour mon mandat.
La première, c’est au niveau de la reconnaissance du peuple acadien comme une nation distincte au sein d’un Canada fort et uni.
L’objectif sera en quelque sorte de faire un trait d’union entre ces différents éléments disparates de notre régime linguistique canadien.
Ce sera vraiment de faire de ça un levier qui nous permettra, peu importe où on est au Canada, de pouvoir accéder à plus de ressources pour nos communautés, pour nos différentes initiatives, nos organismes. Et également, je pense que l’objectif, ce serait de reconnaître une réalité politique déjà existante.
Deuxième point, c’est au niveau du rayonnement de l’Acadie au niveau national et au niveau international.
On a développé une certaine expertise au fil des décennies au niveau de la diplomatie civile. Puis, surtout au moment où le Canada cherche à multiplier ses partenariats à l’international et où on cherche à se rapprocher, entre autres, avec la Francophonie, avec la France, etc. Je pense que la SNA a vraiment une expertise et tout un réseau à offrir, pour pouvoir contribuer, non seulement au développement de l’Acadie, mais également au développement du Canada dans ses buts stratégiques dans un temps géopolitique très tendu.
Je veux que la SNA demeure un lieu de rencontre privilégié pour toutes les composantes de la société acadienne.
Cet été, pendant les États généraux de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, une des grandes thématiques qui est ressortie, un des grands objectifs, c’était l’autonomie institutionnelle. Et donc, je pense que ça, c’est une réflexion qu’on devrait mener, non seulement au Nouveau-Brunswick, mais sur l’ensemble des quatre provinces de l’Atlantique.
La question, ce n’est pas nécessairement de créer de nouvelles structures. On est quand même bien représentés au niveau organisationnel. Mais plutôt de voir comment on peut densifier la société civile pour aller vers plus de partage de connaissances, plus de partage de ressources.
Donc une plus grande indépendance au niveau des services, des instances qui devraient revenir à la communauté elle-même.
C’est ça, en quelque sorte, les grandes orientations que je cherche à apporter.
