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Betty Ann Cormier et Roland Beaudry ont interprété les rôles de Zabeth et Charlo chaque mercredi de juillet et août au Ruisseau des Maurice. L’objectif était de recréer une ambiance chaleureuse et authentique, inspirée des rassemblements communautaires et des soirées d’autrefois au Cap-Rouge. Les activités d’interprétation ont permis de rappeler l’importance des traditions, des récits et du rapport au territoire du Cap-Rouge.
La programmation estivale au Cap-Rouge est organisée depuis les trois dernières années par la Société Saint-Pierre en collaboration avec Les Amis du Plein Air et Parcs Canada. L’un des principaux objectifs des animations est de rendre l’interprétation vivante et accessible. La région du Cap-Rouge est porteuse d’une histoire humaine riche, façonnée par la communauté acadienne qui a fréquenté, habité et parcouru ce coin de pays au fil des générations.
Encore cet été, les sessions d’animation et les veillées rustiques ont contribué à créer une atmosphère chaleureuse autour de la maison d’interprétation. La simplicité de l’expérience favorisait les échanges et contribuait à donner aux participants le sentiment de vivre un moment particulier, directement lié au caractère du lieu. Les veillées rustiques ont ajouté une dimension humaine et chaleureuse à la programmation estivale du Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.
Lisette Bourgeois est directrice générale de la Société Saint-Pierre à Chéticamp. Elle souligne qu’il est essentiel de rappeler aujourd’hui l’histoire des familles qui ont vécu au Cap-Rouge avant l’expropriation.
«Préserver cette mémoire permet de reconnaître que le territoire qui constitue maintenant un espace protégé n’était pas inhabité ni sans histoire. Avant de devenir un parc national, il était le milieu de vie des personnes qui y ont travaillé, élevé leurs enfants, construit leurs maisons et contribué à façonner la communauté.»
Rappelons que l’expropriation liée à la création du parc a profondément bouleversé la vie de plus de 30 familles. Pour plusieurs d’entre-elles, quitter le Cap-Rouge ne signifiait pas simplement abandonner une propriété. C’était devoir laisser derrière soi une partie de son histoire, de ses racines et de son identité. Des liens familiaux, des traditions et des souvenirs associés à ce territoire ont été dispersés avec le déplacement des habitants.
Le territoire du Cap-Rouge peut aujourd’hui être protégé pour sa beauté et sa richesse naturelle, mais il demeure aussi porteur des traces, des souvenirs et des racines de ceux qui l’ont habité. Préserver la mémoire de ces familles, c’est faire en sorte que leur histoire continue de vivre et qu’elle demeure une partie intégrante de l’histoire de Chéticamp.
