le Mardi 7 février 2023
le Mercredi 28 Décembre 2022 7:00 Arts et culture

Festival à haute voix : le théâtre l’Escaouette présentera deux œuvres d’auteurs néo-écossais

  PHOTO - Florian Klauer
PHOTO - Florian Klauer
Les amateurs du sixième art auront bientôt la chance de découvrir diverses pièces de théâtre pondues par des auteurs francophones et acadiens, dont deux sont originaires de la Nouvelle-Écosse.

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Du 3 au 5 février 2023, les organisateurs du Festival à haute voix feront des mises en lectures de textes soumis au comité de sélection il y a près d’un an. Sans décor, costumes, ni mise en scène, les œuvres théâtrales seront mises en bouche par des comédiens devant un public. 

Yvon Aucoin, auteur de la pièce de théâtre Pourtant, je l’aimais

PHOTO - Vickie MD Photographie

Il y aura aussi une table ronde pour discuter des raisons pour lesquelles les dramaturges écrivent en Acadie, en 2023. La discussion permettra de mieux comprendre les défis des auteurs acadiens. 

Yvon Aucoin, auteur originaire du Cap-Breton, croit que le Festival à haute voix est essentiel afin de faire connaître les auteurs et encourager la relève. 

L’auteur néo-écossais Thibault Jacquot-Paratte fait partie de la programmation du festival avec son texte intitulé Il y a des murmures dans le sol. Il s’agit d’un récit qui se déroule dans un marais salé qui est « maudit ». En creusant le sol pour cueillir de l’argile, les personnages principaux sont stupéfaits lorsqu’ils déterrent une personne vivante. 

M. Jacquot-Paratte, qui s’intéresse au théâtre depuis qu’il est très jeune, avoue qu’il peut être difficile de se faire connaître par les membres du réseau, d’où l’importance des festivals comme celui du théâtre l’Escaouette. 

« J’ai remarqué que, surtout en théâtre, quand on n’a pas étudié le théâtre, c’est vraiment difficile de rentrer là-dedans, parce que souvent les gens vont penser qu’on n’a pas de connaissances dans le domaine », lance-t-il, qui souhaite s’intégrer à la communauté théâtrale et de vivre de son art.

Thibault Jacquot-Paratte, auteur de la pièce de théâtre Il y a des murmures dans le sol

PHOTO - Gracieuseté (Thibault Jacquot-Paratte)

À la réécriture 

Une grande partie des œuvres font l’objet d’un processus de compagnonnage avec un auteur plus expérimenté afin de développer une nouvelle version du texte, et ce, en se fiant aux commentaires du comité de sélection. 

Yvon Aucoin a déposé son texte pour sa pièce de théâtre Pourtant, je l’aimais au comité en février dernier. Elle relate l’histoire de deux frères, l’un étant auteur-compositeur-interprète, l’autre artiste visuel autodidacte qui gagne son pain en tant que coordinateur d’un festival culturel. Après 10 ans sans se voir, les retrouvailles font resurgir des tensions entre les frères. 

Il y a quelques mois, il a appris que sa pièce a été sélectionnée pour la première étape. Il a ensuite retravaillé son texte à distance avec le coach dramaturgique, Louis-Dominique Lavigne, pour présenter une version finale au comité. 

L’entrée du théâtre l’Escaouette, à Moncton. 

PHOTO - Crédit - Facebook (théâtre l'Escaouette)

Le travail du metteur en scène

Avant la tenue du festival, les auteurs peuvent assister aux répétitions afin de voir comment le metteur en scène fait « passer le texte de la feuille à l’espace scénique ». 

« [Le metteur en scène] lit le texte de façon approfondie, discute parfois avec son auteur, et anime les répétitions avec les acteurs », explique Alain Jean, responsable du développement au théâtre l’Escaouette. 

C’est aussi une occasion pour les auteurs de recevoir des rétroactions du public et d’apprendre des autres artistes. « Je pourrai recevoir des commentaires de toutes parts, dit Yvon Aucoin, et je pourrai également assister aux autres lectures. » 

M. Aucoin mentionne qu’il est à l’étape des pourparlers avec la coordinatrice du festival pour savoir qui sera embauché pour effectuer la mise en lecture de sa pièce. 

L’espace des dramaturges

La province compte une troupe de théâtre, le Théâtre DesAssimilés, qui présente des œuvres en français et en anglais. 

Or, la Nouvelle-Écosse ne possède pas un théâtre francophone, ce qui oblige les auteurs à se tourner vers les organismes du Nouveau-Brunswick. 

Selon Thibault Jacquot-Paratte, pour aider les dramaturges néo-écossais à s’épanouir, il serait bien d’avoir un organisme acadien situé en province pour développer un réseau de théâtre local.