le Mardi 7 février 2023
le Lundi 12 Décembre 2022 7:00 | mis à jour le 14 Décembre 2022 9:56 Actualités provinciales

Un Noël canadien pour des réfugiés ukrainiens

  PHOTO - Annie Spratt
PHOTO - Annie Spratt
Pour certains, c’est le retour à la routine du mois de décembre. Pour d’autres, c’est une période de changement et de découverte. Le Courrier est allé à la rencontre de deux familles d'accueil pour voir comment les réfugiés ukrainiens et leurs hôtes se préparent à célébrer le temps des Fêtes.

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Renee Meuse Bishara et Joe Bishara de Tusket ont accueilli Nataliia Koval, une cuisinière de métier de Kiev, et ses enfants, Vladyslav (Vlad), 13 ans, et Alisa, 5 ans. Son époux, qui travaille pour l’armée ukrainienne, est encore dans son pays.  

La famille est arrivée le 1er octobre après avoir passé six mois en Allemagne, du début de la guerre jusqu’à la fin du mois de septembre, lorsque tous leurs documents étaient prêts pour pouvoir voyager.

Dans le nord-est de Yarmouth, Christine Comeau et sa chienne Ava Comeau ont accueilli deux nouveaux membres dans leur famille : Katerina (Katya) Halashko et sa fille Anya. Les deux ont atterri au Canada au début novembre. 

« Katerina a une formation en médecine avec une spécialisation en soins de maternité, explique Mme Comeau. Malheureusement, le chemin pour travailler en Nouvelle-Écosse s’annonce assez difficile. »

De gauche à droite : Yousef Bishara, Nataliia Koval, Joe Bishara, Nassim Bishara, Renee Meuse Bishara et Vlad Koval. Devant : Alisa Koval.

PHOTO - De courtoisie (Renee Meuse)

Parrainer une famille

En voyant ce qui se passait en Ukraine, Renee Meuse Bishara voulait absolument aider une famille de manière concrète. Elle a alors contacté Southwest Nova Scotia – Hosts Ukrainians, un groupe sur Facebook qui aide à mettre en relation des personnes de la région avec des Ukrainiens qui cherchent à s’installer en Nouvelle-Écosse. 

« Ils ont recueilli quelques informations sur notre foyer et nous ont envoyé des profils de personnes cherchant à s’installer, mentionne Mme Bishara. Nous avons examiné ce qui correspondait le mieux à notre famille. Nous avons ensuite eu des conversations vidéo pour discuter de la situation et voir si cet arrangement pouvait convenir aux deux familles. »

Christine Comeau a toujours eu un intérêt pour l’histoire et l’actualité. Lorsqu’elle a commencé à entendre parler de la guerre en Ukraine, elle ne pouvait s’empêcher de penser à la chance qu’elle avait d’avoir un foyer et de se sentir en sécurité. 

 « J’espérais également que, dans une situation similaire, quelqu’un m’ouvrirait sa maison et son cœur », lance Mme Comeau, qui a été mise en contact avec Katerina et Anya Halashko grâce à la page Facebook de Atlantic Canada Hosts for Ukrainians

Mme Bishara souhaite que ses enfants puissent comprendre « qu’il y a toujours une manière d’aider les autres ».

La petite fille Anya avec sa nouvelle amie Ava.

PHOTO - De gracieuseté (Christine Comeau)

C’est Noël 

Chez Christine Comeau, il y a eu beaucoup de discussions autour de la fête de Noël. Elle et les nouveaux membres de sa famille ont décoré le sapin à la maison, participé à des activités communautaires ainsi que confectionné des biscuits en guise de remerciement pour les jouets et les cadeaux de familles qu’ils ont reçus des gens dans la communauté. 

Mais Mme Comeau précise que ce n’est que le début des célébrations. « En Ukraine, la fête est célébrée le 6 janvier, le jour de l’ancien Noël, informe-t-elle. Nous prévoyons donc de continuer à célébrer bien après la fin de notre Noël traditionnel. »

À Tusket, les traditions du temps des Fêtes tournent autour de la parenté. « Notre nouvelle famille ukrainienne a été accueillie par nos grandes familles et elle se joindra à nous pour les réunions de famille et la messe de la veille de Noël », explique Renee Meuse Bishara. 

Elle mentionne aussi qu’elle célèbrera le jour de l’ancien Noël avec les nouveaux membres de leur famille. 

Vivre dans le sud-ouest 

Renee Meuse Bishara affirme que Nataliia Koval et ses enfants se sentent bien dans leur nouvelle région. 

« Ils aiment être entourés par la nature et avoir la possibilité d’explorer notre belle région, raconte-t-elle. L’école des enfants a été très accueillante. »

Mme Bishara dit qu’il y a quatre langues parlées la plupart du temps à la maison, soit le français, l’anglais, l’ukrainien et le russe. Elle mentionne avoir appris quelques mots de base en ukrainien.

Dans la maison de Christine Comeau, on peut aussi entendre plusieurs langues. Katya et son enfant ont la chance de parler davantage l’anglais. Anya a appris tous les mots les plus importants pour promener Ava, l’animal de compagnie de Mme Comeau. 

L’hôtesse est également en train d’apprendre de nouveaux mots en ukrainien et en russe. « Je sais maintenant que nous avons 64 rakushki (coquillages) dans la maison et que je dois dire stoy quand je veux que mon chien se fige », dit-elle. 

 Venir en aide 

Renee Meuse Bishara précise qu’il y a d’autres moyens d’aider les familles ukrainiennes, dont le fonds de réinstallation des Ukrainiens de la Nouvelle-Écosse, qui aide directement les Ukrainiens ainsi que les familles d’accueil en leur fournissant des cartes-cadeaux d’épicerie. 

Elle insiste sur le fait qu’il faut des familles d’accueil supplémentaires. « Nombreux sont ceux qui tentent encore d’arriver au Canada et, avec ces dernières vagues d’attaques russes et l’absence d’électricité et d’eau en Ukraine, davantage de familles chercheront à partir », déclare Mme Bishara. 

Elle encourage fortement les gens à envisager l’accueil de réfugiés, notamment s’il y a de la place dans sa demeure. 

« Vous pouvez décider de la durée et du niveau de soutien que vous offrirez, mentionne-t-elle. La famille Koval a des amis proches qui cherchent à s’installer dans la région et qui sont également à la recherche d’une famille d’accueil. Il serait tellement utile pour tous les Ukrainiens qui s’installent ici d’avoir un réseau solide entre eux. »