le Mardi 7 février 2023
le Mercredi 7 Décembre 2022 7:30 Nouvelles

Transformer les problèmes en solutions ; les médias de proximité se repensent, encore

Logo de Médiarama Canada 2022 — PHOTO - Reseau.Presse
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COLLABORATION SPÉCIALE – «C’est l’heure du grand réveil. C’est l’heure de la grande mobilisation», a lancé le ministre québécois de la Langue française Jean-François Roberge devant des représentants des médias de langue française en provenance de partout au pays, vendredi à Ottawa. Il faisait allusion au recul du fait français au Canada. «Il faut compter sur les médias», notamment, a avancé le ministre.

Devant une soixantaine de personnes réunies à l’occasion de l’évènement Médiarama Canada, Jean-François Roberge a réitéré son engagement à ce que les médias communautaires et locaux francophones puissent se prévaloir du régime proposé par le projet de loi C-18 concernant les plateformes de communication en ligne rendant disponible du contenu de nouvelles aux personnes se trouvant au Canada. «Il y a des répercussions en matière de diversité culturelle», a-t-il déclaré.

Quelques minutes plus tôt, le ministre québécois de la Langue française, qui occupe aussi le poste de ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, avait rappelé les grands défis que doivent relever les médias de langue française. «Il y a péril en la demeure», a-t-il affirmé après avoir rappelé la fuite des revenus publicitaires des médias communautaires vers les géants du Web et leur utilisation des contenus, sans compensation.

Les personnes présentes à Médiarama, conscientes de ces défis, sont justement rassemblées ce samedi à Ottawa dans l’objectif de trouver des solutions.

Le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, était présent vendredi soir à l’ouverture de l’événement Médiarama, à Ottawa.

PHOTO - Andréanne Joly

Un premier Médiarama

Médiarama Canada se décrit comme «une communauté de pairs de l’industrie qui partagent des projets et des idées, et qui s’attaquent ensemble à des problèmes difficiles pour les transformer en opportunités».

Ensemble, «les participants arrêtent, un moment, pour parler de l’avenir de tous les aspects de notre secteur», explique Linda Lauzon, directrice générale de Réseau.Presse, une association nationale qui regroupe 24 journaux de langue française en milieu minoritaire au Canada.

L’évènement réunit une quarantaine de représentants des journaux locaux et des radios communautaires ainsi que des gestionnaires régionaux de Radio-Canada auxquels s’ajoute une dizaine de représentants des milieux associatifs et institutionnels.

L’avenir des médias ne sera donc pas qu’abordé par les médias. «Le milieu associatif est d’une grande proximité avec nos médias locaux, rappelle Linda Lauzon. En raison du caractère minoritaire des francophones, nos médias locaux sont toujours au front quand il y a des revendications.»

Elle cite au passage une étude de Patrimoine canadien parue en 2011 selon laquelle les médias sont un indice de vitalité communautaire en situation minoritaire. «La communauté doit être là comme un acteur qui supporte ces médias.»

PHOTO - Andréanne Joly

Objectif : s’inspirer

L’évènement entend fait ressortir les bons coups des médias (et de leurs partenaires), mais surtout mettre en lumière des pistes de solutions et des façons de faire novatrices qui permettront aux médias de langue française en milieu minoritaire de s’adapter.

Pénurie de main-d’œuvre, utilisation des médias sociaux ou de méthodes de référencement (SEO ou Search Engine Optimization) pour assurer la découvrabilité des contenus, indépendance de la couverture journalistique… Beaucoup de défis à relever, mais aussi beaucoup de pratiques exemplaires à échanger.

À l’issue de Médiarama – qui comprend la tenue de 18 cercles de discussions auxquels participeront quelque 85 personnes –, Réseau.Presse doit publier un rapport «sur les mesures qui peuvent être mises en place et les collaborations et les innovations devraient être prioritaires pour faire avancer notre secteur et qui devraient être financées.»

«La peur fait partie de leur réalité. On veut identifier des solutions», conclut Linda Lauzon.