le Samedi 3 Décembre 2022
le Jeudi 27 octobre 2022 10:00 | mis à jour le 8 novembre 2022 14:05 Actualités provinciales

Comment créer une école du CSAP ?

Les autobus scolaires du CSAP à l’extérieur d’une école — PHOTO - Gracieuseté - CSAP
Les autobus scolaires du CSAP à l’extérieur d’une école
PHOTO - Gracieuseté - CSAP
Depuis sa création en 1996, le Conseil scolaire acadien provincial ne semble pas arrêter de grandir. Sachant que Torbé se mobilise pour obtenir sa propre école française, Le Courrier s’est posé la question : que faut-il pour créer une école acadienne ?

Michel Collette, directeur général du CSAP

PHOTO - Jean-Philippe Giroux

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Michel Collette, directeur général du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), mentionne qu’il est difficile de définir des critères préétablis pour obtenir une école, car chaque cas est différent. 

Il faut cependant une masse critique d’élèves à quelques niveaux scolaires pour bâtir de manière viable une communauté scolaire. 

« Habituellement, on commence au primaire et on cherche à construire une école au fur et à mesure », explique-t-il. 

Le directeur général fait remarquer qu’il est difficile de définir quelle demande sera acceptée en se fiant exclusivement sur un exercice mathématique, puisqu’il n’y a pas nécessairement un chiffre exact. 

Dans l’absence d’une masse critique, le CSAP est en mesure de faire des accommodements, entre autres en transportant des élèves le plus efficacement possible à l’école la plus proche. 

C’est le cas pour quelques enfants de la région de Torbé qui font le long trajet jusqu’à l’École acadienne de Pomquet. 

Le conseil scolaire travaille de près avec la communauté de Torbé, plus précisément Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay, qui souhaite mettre l’accent sur l’accès à l’éducation en français dans sa communauté. 

Le directeur général précise que, pour le moment, cette communauté n’a pas la masse critique nécessaire. 

Or, il insiste sur le fait que les chiffres sont en évolution et que « la réponse peut être très différente dans un an ». 

M. Collette ajoute que le travail doit se faire autant en collaboration avec le ministère de l’Éducation qu’avec la communauté. 

D’autres communautés comme exemples 

Avant d’entamer les premières étapes de création d’une école, le CSAP a l’habitude de s’approcher du groupe communautaire, souvent composé de parents et militants, qui a un intérêt pour une école française dans leur région. 

Ce fut le cas lorsque la communauté de Pomquet a atteint sa masse critique il y a plus de deux décennies. Une année à la fois, l’école s’est construite et offre maintenant une éducation de la maternelle à la 12e année. 

Autre exemple, l’École des Beaux-Marais de Chezzetcook a ouvert ses portes en 2011 avec 20 élèves et compte maintenant une population étudiante de plus de 300. 

« J’ai l’impression que lorsqu’il y aura une école à Torbé, et je dis bien lorsque, pas si, on va voir le même phénomène », affirme M. Collette. 

Il y a 22 écoles au sein du réseau du CSAP qui accueillent plus de 6 500 jeunes. 

Le siège social du CSAP, à La Butte

PHOTO - Jean-Philippe Giroux

Rectifier le tir 

Le CSAP a modifié ses critères d’admission pour y inclure une clause permettant à des enfants dont l’arrière-grand-parent est ayant droit de suivre leurs études en français. 

Cette initiative a pour but de « réparer les erreurs du passé » et de donner l’occasion à des générations qui n’ont pas eu accès à une éducation en français de reprendre le flambeau. 

« À cause des choix des gouvernements de l’époque [ces gens] ont perdu leur langue et leur culture, souligne-t-il. Donc, l’idée de la clause grand-père et arrière-grand-père est de corriger ce tort-là pour donner le droit aux familles qui, pour des raisons complexes, n’ont peut-être pas été capables de vivre en français. » 

Même si cette clause existe, il reste que certaines familles font le choix de ne pas inscrire leur enfant dans une école acadienne. 

« C’est une décision très, très personnelle pour une famille et il faut accepter ça et il faut même célébrer que, pour une famille, cette décision-là est complexe », avance le directeur général. 

Il affirme que le rôle du CSAP est d’éduquer et sensibiliser les familles sur l’option des écoles acadiennes et la raison pour laquelle elles existent : outiller la prochaine génération. 

« Je vois une école francophone en milieu minoritaire indissociable au futur d’une langue et d’une culture », soutient-il.