le Samedi 3 Décembre 2022
le Vendredi 30 septembre 2022 7:00 | mis à jour le 3 octobre 2022 9:31 Éditorial

Un moment pour réfléchir à la réconciliation

  PHOTO - Jean Middelkoop (Unsplash)
PHOTO - Jean Middelkoop (Unsplash)
Les derniers jours ont été marqués par une tempête qui a sévi dans bon nombre de régions de la province. Nous prêtons une attention particulière aux communautés dans la région de Sydney qui ont subi certains des contrecoups les plus sérieux. Nous avons mis une ligne d'info continue à ce sujet dans la version Web de notre article « Tempête Fiona : les contrecoups se font ressentir dans l’Est et le Nord ».

Mais j’aimerais dévouer ma tribune hebdomadaire à une cause très importante qui ne doit pas passer inaperçue. Le journal de cette semaine sort le 30 septembre, soit la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Le but de ce jour, qui est devenu officiellement « légal » l’année dernière, est de mettre l’accent sur les efforts de réconciliation avec les peuples autochtones du pays. 

L’une des initiatives les plus connues est le port du chandail orange afin de « sensibiliser aux conséquences intergénérationnelles des pensionnats sur les individus, les familles et les communautés ». 

L’ancien pensionnat autochtonede Shubenacadie, ouvert de 1930 à 1967, a été fréquenté par des enfants mi’kmaq et wolastoqiyik de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick et même du Québec. L’édifice n’existe plus depuis 1986. Il a été démoli et remplacé par une usine la même année.

PHOTO - Aedrian (Unsplash)

Administré et financé par le gouvernement du Canada, le pensionnat autochtone de Shubenacadie faisait partie d’un mouvement national pour assimiler et « tuer l’Indien dans le cœur de l’enfant », comme l’a dit John A. Macdonald, ancien premier ministre et ministre des Affaires indiennes du Canada. Il était responsable du développement et de l’application de ce système qui a été qualifié par plusieurs de génocide culturel ou de génocide tout court. 

On peut lire ceci sur la page consacrée à l’ancien pensionnat : « Les élèves ont été soumis à une routine quotidienne enrégimentée qui impliquait un travail acharné pour entretenir l’école tout en faisant face à des punitions sévères, à la malnutrition, à des soins de santé médiocres, à des expérimentations nutritionnelles, à la négligence, à la suppression délibérée de leurs cultures et de leurs langues et à des abus physiques, émotionnels et sexuels. Certains enfants sont morts à l’école. »

L’année dernière, le site de cette ancienne école résidentielle a reçu une démarcation historique de la part du gouvernement fédéral, en collaboration avec le Forum tripartite Mi’kmaq-Nouvelle-Écosse-Canada. Cette commémoration coïncide avec l’appel à l’action 79 du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation, soit « l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan national du patrimoine et d’une stratégie pour la commémoration des sites des pensionnats, de l’histoire et des séquelles de ces pensionnats et de la contribution des peuples autochtones à l’histoire du Canada ». 

Le document contient un total de 94 appels à l’action qui touchent divers secteurs, notamment les médias comme CBC et Radio-Canada. 

Je pense que les journaux communautaires comme Le Courrier doivent également répondre à l’appel. Depuis quelques mois, nous avons essayé de contacter de multiples organismes et individus autochtones, et ce, pour amplifier les voix autochtones et mettre en lumière les enjeux des communautés autochtones. 

J’avoue que nous n’avons pas eu autant de retours qu’on aurait voulus, mais je comprends que ce n’est pas quelque chose qui va se réaliser du jour au lendemain. Il faut établir des liens de confiance, aller vers l’autre, se familiariser davantage avec les communautés autochtones, etc. 

J’ai confiance en mon équipe que nous arriverons à atteindre notre objectif, soit celui de mieux représenter les cultures et enjeux autochtones au cours des prochains mois à venir. 

Entre-temps, on invite le lectorat à faire comme nous, en cette journée nationale : prendre le temps de songer aux efforts passés et continus pour améliorer la relation entre les peuples autochtones et allochtones du pays. Est-ce assez ? Peut-on faire plus ? 

 

Jean-Philippe Giroux 

Rédacteur en chef