le Lundi 26 septembre 2022
le Vendredi 23 septembre 2022 8:00 Nos communautés - Clare

Des résidents de Clare se mobilisent pour arrêter la pulvérisation de pesticides

Au Centre des anciens combattants, plusieurs citoyens se sont rassemblés pour exprimer leur mécontentement au sujet de la pulvérisation de pesticides dans les forêts de la région. — PHOTO - Jean-Philippe Giroux
Au Centre des anciens combattants, plusieurs citoyens se sont rassemblés pour exprimer leur mécontentement au sujet de la pulvérisation de pesticides dans les forêts de la région.
PHOTO - Jean-Philippe Giroux
Une quarantaine de citoyens se sont rencontrés, le 20 septembre, au Centre des anciens combattants pour mettre fin à la pulvérisation de pesticides dans le secteur de Concessions.

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Des produits à base de glyphosate se répandront par pulvérisation aérienne dans divers comtés de la province, dont Annapolis, Digby et Kings, d’ici fin septembre. 

Le produit serait utilisé « à des fins forestiers » pour se débarrasser de la flore sur le terrain afin d’y pousser des résineux. 

La superficie de l’épandage comprend un total de 2 306 hectares, dont 60 sur le territoire de la Municipalité de Clare. 

L’exposition aux herbicides à base de glyphosate peut augmenter le risque de cancer, au dire du Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé. 

Or, ils sont approuvés par Santé Canada qui conclut que ces produits ne posent « aucun risque préoccupant pour la santé humaine ou pour l’environnement » lorsque le mode d’emploi est respecté. 

Passer à l’action 

Le 29 août, un groupe de gens a installé un camp temporaire de l’autre côté du site appartenu par la compagnie Depapack Forestry Practices. 

L’intention était de s’y rendre avant le 1er septembre, soit la première journée prévue pour la pulvérisation, pour freiner le processus. 

Depuis, des membres de la communauté apportent des fournitures, soit de l’eau, de la nourriture et du bois, aux manifestants sur place. 

« Parfois, c’est juste moi là-bas, raconte Keith Joyce, l’un des activistes du mouvement de contestation local. Parfois, il y en a une quinzaine qui viennent. »

M. Joyce mentionne qu’il y a  huit camps à travers la province avec des gens qui militent pour la même cause. 

« Jusqu’à maintenant, partout où il y a un campement, il n’y a pas eu de pulvérisation, soutient-il. C’est ça notre objectif : être présent. »

M. Joyce craint que l’air, les eaux et les écosystèmes soient gravement menacés par la pulvérisation. 

Plusieurs autres personnes ont partagé la même inquiétude lors du rassemblement. À la fin de la soirée, une file de gens s’est formée pour signer une pétition afin de faire pression sur le gouvernement. 

Du côté de la Municipalité

La Municipalité de Clare souhaite avoir plus d’informations avant de passer à l’action, déclare le conseiller Carl Deveau. 

Entre-temps, la Ville envisage d’envoyer une lettre au gouvernement provincial afin de dénoncer le manque de transparence par rapport à la vaporisation des pesticides.  

« Nous autres, on ne le savait point, affirme M. Deveau. Comme conseil, on n’en savait de rien. Le public n’en savait de rien et puis, de tout à coup, ils ont décidé qu’ils allaient vaporiser le terrain. » 

Il dit que la signalisation sur les parcelles de terre n’est pas assez visible et que les avis de pulvérisation publiés dans les médias auraient pu être plus clairs. 

En mi-août, la province a déclaré que ​​le ministère de l’Environnement et du Changement climatique ira de l’avant avec son processus de pulvérisation. 

Les trois autorisations ont été accordées à ARF Enterprises Inc., JD Irving Ltd. et Wagner Forest NS Ltd. Elles expirent à la fin de l’année 2022.