le Lundi 26 septembre 2022
le Vendredi 16 septembre 2022 9:30 Actualités provinciales

Sécurité des enfants : le Canada prend du retard

  PHOTO - Taylor Flowe (Unsplash)
PHOTO - Taylor Flowe (Unsplash)
Les menaces à la santé et au bien-être des enfants seraient en hausse pour une troisième année consécutive depuis le début de la pandémie, d’après un organisme de bienfaisance national.

L’organisme Les enfants d’abord Canada énumère dans le rapport Raising Canada 2022 les principales menaces pour l’enfance au Canada, dont les problèmes de santé mentale, la maltraitance et l’intimidation. 

Parmi les 38 pays les plus riches du monde, le Canada est au 30e rang en matière de la qualité de vie des enfants, au dire du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Le pays était au 12e rang en 2007. 

La pandémie a eu une influence majeure sur ce déclin, fait remarquer l’une des recherchistes du rapport.

Sydney Campbell, étudiante au doctorat à l’Université de Toronto et membre de l’équipe de recherche du rapport Raising Canada 2022 de l’organisme de bienfaisance Les enfants d’abord Canada.

PHOTO - Courtoisie

« Ces menaces ne sont pas nouvelles, mais avec la covid, le déclin s’est accentué », explique Sydney Campbell, étudiante au doctorat à l’Université de Toronto. 

L’isolement en période de confinement serait à l’origine de plusieurs des facteurs au cœur de cette chute au cours de la dernière année. 

Les communautés les plus touchées par les contrecoups de la pandémie seraient les personnes issues de groupes marginalisés, dont les autochtones et les individus racialisés. 

« Le degré auquel ils sont affectés diffère en fonction de la menace dont on parle », précise-t-elle. 

Les autres menaces sont les blessures non intentionnelles et évitables, le racisme systémique et la discimination, les maladies évitables par la vaccination, l’insécurité alimentaire, la mortalité infantile, le manque d’activité physique et les conséquences liées aux changements climatiques. 

« Les dix menaces les plus importantes se sont accrues et c’est une indication que le gouvernement ne s’intéresse pas assez à la vie des jeunes », affirme Mme Campbell. 

Elle souhaite que ce rapport fasse sonner l’alarme auprès des gens au pouvoir, et ce, en considérant les appels à l’action présentés dans le rapport.

La réalité néo-écossaise

Le centre de ressources et de services de la famille La Pirouette, géré par le Centre d’appui de la petite-enfance de la Nouvelle-Écosse, compte cinq sites régionaux, soit à Halifax, Ile Madame, Chéticamp, Clare et Argyle. 

Il offre des programmes d’alimentation, d’activité physique et d’aide en matière de santé mentale pour les enfants et les familles acadiennes et francophones. 

Ces dernières font face à des défis similaires à ceux illustrés dans le rapport, affirme Lisa Thimot, coordonnatrice provinciale de la Pirouette.  

Par contre, elle met au haut de la liste la mauvaise santé mentale, l’insécurité alimentaire et la pauvreté. 

Elle constate également que les jeunes sont moins actifs depuis le début de la pandémie. 

Chacun des centres est géré par un employé. « On voudrait avoir plus d’appui, mais on fait ce qu’on peut pour aider les familles », lance la coordinatrice. 

Travailler avec les enfants 

L’organisme a mis l’accent sur la contribution des enfants à la réalisation du rapport, car elle « reconnaît les enfants comme experts dans leur propre vie ». 

Bien que le travail de recherche met en évidence le témoignage de parents, soignants, amis et membres de la famille, l’accent est mis sur la voix des enfants. 

« Les jeunes ont été absents [de la recherche] et il y a eu un manque de participation », fait remarquer Mme Campbell, qui croit que les recherchistes doivent écouter davantage les jeunes. 

Elle mentionne que le rapport a été rédigé avec l’intention de rejoindre des organismes gouvernementaux, mais aussi monsieur et madame tout-le-monde qui souhaite réaliser des changements à l’échelle locale.