le Samedi 3 Décembre 2022
le Lundi 29 août 2022 10:00 Actualités provinciales

Se frayer un chemin en tant qu’écrivain

  PHOTO - Français à Londres (Unsplash)
PHOTO - Français à Londres (Unsplash)
Il peut être difficile de mettre la main sur des œuvres littéraires en français en Nouvelle-Écosse en l'absence d’une maison d’édition ou d’une revue littéraire dans la langue de Molière.

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

La province ne possède pas non plus une librairie francophone où y découvrir des écrivains d’expression française. 

Bien que la relève littéraire n’a pas accès à un réseau local, il existe d’autres moyens de se tailler une place à titre d’écrivain. 

Pour le virtuel, les auteurs ont accès à Ancrages, une revue de création littéraire qui publie des textes de différents types. 

Il y a également des maisons d’édition professionnelles au Nouveau-Brunswick, dont les Éditions Perce-Neige, qui permettent aux auteurs de faire connaître leurs œuvres en français. 

« Les deux organisations s’intéressent aux autrices et auteurs de chaque région acadienne et francophone depuis des années et continuent de publier malgré les crises en édition – j’en suis la preuve », raconte Georgette LeBlanc, poétesse originaire de la baie Sainte-Marie. 

Elle est de l’avis qu’une personne dévouée à se lancer en littérature « serait déjà en contact, sinon aurait déjà publié » quelque chose avec l’un des organismes. 

On compte 15 maisons d’édition professionnelles faisant partie du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC), y compris les Éditions Perce-Neige et les Éditions Boutons d’Or Acadie, situées à Moncton. 

Francis Sonier, éditeur-directeur général de l’Acadie Nouvelle

PHOTO - Courtoisie

Un réseau sans frontières

Les Éditions de la Francophonie ont été fondées en 2001 et l’Acadie Nouvelle en est le propriétaire depuis 2017. 

Au départ, la mission première de la maison d’édition était de publier des biographies et des mémoires pour que monsieur-madame tout le monde puisse laisser un legs et contribuer au patrimoine. 

Au fil des cinq dernières années, elle a élargi sa mission afin d’inclure des romans, de la poésie, des récits, des livres pour enfant, etc. 

« De 90 à 95 pour cent de nos auteurs sont de nouveaux auteurs », précise Francis Sonier, éditeur-directeur général de l’Acadie Nouvelle. 

« Ils arrivent avec beaucoup de questions. Dans certains cas, il faut les rassurer et les sécuriser un peu. » 

La maison d’édition travaille à distance avec quelques auteurs néo-écossais, dont Barbara LeBlanc, afin de publier leurs ouvrages. 

« On peut être présent, rassure-t-il. La distance n’a pas d’importance. On a des auteurs de partout [au Canada]. »

Son modèle d’affaires est particulier: les auteurs contribuent financièrement à la réalisation de leur œuvre et doivent s’appuyer sur leur propre réseau. 

De son côté, la maison d’édition aide à orienter l’auteur à travers les étapes du projet suivant la rédaction, dont la distribution et la promotion. 

M. Sonier insiste sur le fait que les Éditions de la Francophonie sont « là pour servir » les écrivains avec qui le contact a été établi. 

« Si le contact n’est pas établi, c’est plus difficile de se connaître et de réaliser le potentiel », affirme-t-il. 

Les éditeurs franco-canadiens ont constaté une augmentation moyenne de 5 à 10 % des ventes de livres entre 2020 et 2021, d’après un sondage mené auprès des membres du REFC.