le Samedi 3 Décembre 2022
le Mercredi 17 août 2022 7:00 Actualités provinciales

Comment peut-on apprendre le mi’kmaq ?

  PHOTO - lilzidesigns (Unsplash)
PHOTO - lilzidesigns (Unsplash)
Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a officiellement reconnu le mi’kmaq comme langue originale de la province, grâce à la proclamation d’une loi destinée à la protéger.

Jean-Philippe – Giroux IJL – Réseau Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Karla MacFarlane, ministre des Affaires L’nu, a mentionné qu’il y a approximativement 5 000 personnes qui parlent la langue et que cette dernière pourrait arrêter de se transmettre d’ici 2030, sans effort de revitalisation.  

La Loi sur la langue mi’kmaq, qui entrera en vigueur le 1er octobre, permettra de l’apprendre plus facilement en dehors des communautés mi’kmaq et de la promouvoir davantage à l’échelle provinciale.  

Au Canada, il y a 8 870 autochtones qui peuvent parler le mi’kmaq, selon les données du recensement de 2016. En tout, 61,9 % viennent de la Nouvelle-Écosse. 

Comment s’y prendre ? 

Le Conseil autochtone de la Nouvelle-Écosse (NCNS) offre divers services pour les autochtones et allochtones qui souhaitent « préserver, protéger et encourager l’utilisation de la langue mi’kmaq ». 

Il a notamment réalisé la Série sur l’apprentissage de la langue mi’kmaq, incluant une carte et quelques petits livrets pédagogiques. 

Malheureusement, le programme est au point mort depuis un certain nombre d’années, en grande partie à cause d’un manque de ressources. 

« Notre chef, Lorraine Augustine, travaille avec des contacts à l’échelle provinciale et fédérale afin de mettre en place des mesures pour faire revivre ou pour publier de nouveau notre série d’apprentissages », explique Lee Paul, gestionnaire au NCNS. 

La série a été réalisée dans les années 80 et 90 en collaboration avec les artistes mi’kmaq, Gerald Gloade III, Michael J. Martin et Vernon Gloade. 

L’équipe au cœur de cette production à produit un total de sept cahiers avec cassettes audio. 

« J’ai discuté avec de nombreuses personnes travaillant dans le domaine des médias numériques afin de trouver un moyen d’utiliser le contenu de ces cahiers et cassettes et de développer une nouvelle version, explique la gestionnaire. Pour l’instant, il ne s’agit que de conversations pour trouver une idée. » 

Ce sont des bénévoles qui permettent au programme du NCNS de se poursuivre, en préparant les commandes à partir des fournitures disponibles. 

Mme Paul mentionne que peu de produits ont été vendus au cours des sept dernières années puisque personne n’avait l’équipement pour lire les cassettes.  

L’organisme n’a pas pris en note des informations précises sur les personnes qui ont acheté les cahiers d’exercices ou la série, mais précise que la plupart sont allées à des allochtones et des autochtones à l’extérieur de la Nouvelle-Écosse ainsi que des bibliothèques et des conseils scolaires. 

Le NCNS espère que les conversations liées à la promulgation de la Loi sur la langue mi’kmaq puissent mener à un rétablissement de son programme. 

D’autres moyens 

Sur son territoire, la Nouvelle-Écosse compte 13 Premières Nations mi’kmaq. 

La Première Nation d’Acadia, située dans cinq comtés entre Halifax et Yarmouth, offre des cours pour apprendre à parler le mi’kmaq. 

Le Courrier a essayé de joindre la personne responsable du programme de la Première Nation d’Acadia afin de connaître davantage sur son programme d’apprentissage, mais n’a pas eu de retour. 

Les communautés mi’kmaq contemporaines habitent principalement en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, mais aussi au Québec, à Terre-Neuve et aux États-Unis (Maine et Boston).